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	<title>Timbres magazine - Mensuel de la presse philatélique française &#187; Turquie</title>
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		<title>Kemal invente la Turquie moderne</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2015/06/29/kemal-invente-la-turquie-moderne/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2015/06/29/kemal-invente-la-turquie-moderne/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2015 12:31:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Pays P-Z]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[ Deuxième partie : le réveil d&#8217;un peuple Suite de notre récit consacré au père des Turcs. Nous l&#8217;avions laissé dans un empire en ruine. Il va arracher son pays à la fatalité du déclin et mettre au monde la Turquie du XXe siècle. De nombreux commémoratifs, et un ensemble de &#171;&#160;provisoires&#160;&#187;, racontent cette métamorphose de<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2015/06/29/kemal-invente-la-turquie-moderne/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #800000;"> Deuxième partie : le réveil d&rsquo;un peuple</span></h2>
<h3>Suite de notre récit consacré au père des Turcs. Nous l&rsquo;avions laissé dans un empire en ruine. Il va arracher son pays à la fatalité du déclin et mettre au monde la Turquie du XXe siècle.<br />
De nombreux commémoratifs, et un ensemble de &laquo;&nbsp;provisoires&nbsp;&raquo;, racontent cette métamorphose de tout un peuple.</h3>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Ouv01.jpg"><img class="size-medium wp-image-4807 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Ouv01-300x266.jpg" alt="Ouv01" width="300" height="266" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><span style="color: #800000;">Sur le premier timbre d&rsquo;u·sage courant consacré à Ataturk, apparaît la mutation imposée à la Turquie par son nouveau chef. A peine au pouvoir, Kemal lançaitla grande réforme linguistique qui conduisit, en quelques mois, à l&rsquo;abandon des caractères arabes (à gauche) pour l&rsquo;écriture latine.</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Ouv02.jpg"><img class="size-medium wp-image-4808 alignright" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Ouv02-300x215.jpg" alt="Ouv02" width="300" height="215" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800000;">Le &laquo;&nbsp;Loup gris&nbsp;&raquo;. Mustapha  Kemal tenait ce surnom de son enfance, </span></em><br />
<em><span style="color: #800000;">choisi par sa mère à cause de ses yeux gris. L&rsquo;animal devint plus tard le symbole du chef solitaire et opiniâtre, </span></em><br />
<em><span style="color: #800000;">au point d&rsquo;apparaître sur la première série de timbres officiels du gouvernement kemaliste.</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le sultan vient de commettre l&rsquo;erreur qui va précipiter la fin de son règne : Mohammed VI a dépêché Mustapha Kemal en Australie, dans la seule région turque qui, en 1919, échappe encore au contrôle des Alliés.</p>
<p>La première guerre mondiale et la défaite des Empires centraux ont laissé la Turquie exsangue. Dépossédée de tous ses anciens territoires des Balkans, du Proche-Orient et d&rsquo;Afrique. Occupée en partie par les Français (en Cilicie) et les Anglais, qui contrôlent les ports, les détroits et la capitale, Istanbul. Occupée même par les ennemis de toujours, les Grecs, qui viennent de débarquer à Smyrne, sur la côte turque de la mer Egée, pour y relever les troupes d&rsquo;occupation alliées.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/0110.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4809" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/0110-300x196.jpg" alt="01" width="300" height="196" /></a>C&rsquo;est dans ce contexte d&rsquo;humiliation nationale que Kemal, le guerrier qui enraye un temps le déclin de son pays en tenant héroïquement les Dardanelles, débarque à Samsun, un port de la mer Noire, le 19 mai 1919. Date symbolique que les timbres ont commémoré cinquante ans plus tard, en montrant le bateau de Kemal, le Bandirma (<strong><span style="color: #800000;">1</span></strong>).</p>
<p>Symbolique car l&rsquo;arrivée de l&rsquo;envoyé du sultan en Australie, à l&rsquo;image de &laquo;&nbsp;notre&nbsp;&raquo; prise de la Bastille, représente dans l&rsquo;histoire turque le point de départ de la révolution nationale.</p>
<p>En débarquant à Samsun, en effet, Kemal a déjà pris le parti de développer la résistance intérieure, contre les Alliés qui préparent à Paris le traité de Sèvres, acte officiel du démembrement de l&rsquo;empire et contre le sultan, résigné à sa propre déchéance, qui l&rsquo;envoie rétablir l&rsquo;ordre sur le terrain.</p>
<p>Kemal installe son quartier général à l&rsquo;intérieur des terres, à l&rsquo;écart des Anglais qui occupent les ports. Il prend le pouls de ce qu&rsquo;il reste de l&rsquo;armée turque : les troupes ne supportent pas l&rsquo;occupation de Smyrne par les Grecs, ni la perspective d&rsquo;être désarmées à la demande des Alliés, alors même que les Arméniens de Turquie réclament leur indépendance et sont prêts à entrer en guerre avec les populations turques&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est précisément cette question arménienne qui va déclencher le sursaut national turc. Car les Anglais, qui ont créé peu avant une République arménienne sur l&rsquo;ancien territoire des tsars, annoncent leur intention d&rsquo;y annexer la province turque d&rsquo;Erzeroum.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/02-03.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4810" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/02-03-229x300.jpg" alt="02-03" width="229" height="300" /></a>Mustapha Kemal, dès lors, entre officiellement en résistance, organise des réseaux de partisans, fait la tournée des populations (<strong><span style="color: #800000;">2</span></strong>). Quand le sultan l&rsquo;apprend et lui ordonne de retourner sur le champ à Istanbul, Kemal invite le souverain à le rejoindre en Anatolie pour prendre la tête du mouvement. MohammedVI refuse. Kemal se démet alors de toutes ses fonctions militaires, convainc les cadres de l&rsquo;armée d&rsquo;entrer avec lui en dissidence. Et il réunit immédiatement un congrès à Sivas (on voit ici la salle, <strong><span style="color: #800000;">3</span></strong>) , qui élit un comité dont il prend la présidence : c&rsquo;est l&rsquo;acte de naissance de la nouvelle nation turque, qui va reconquérir peu à peu son indépendance sur les ruines de l&rsquo;ancien Empire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Sultan contre nouveau pouvoir : deux ans de confusion</span></strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/045.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4811" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/045-300x203.jpg" alt="04" width="300" height="203" /></a>Sur le plan philatélique, les mois qui suivent voient se multiplier, comme toujours en période de troubles politiques, les émissions provisoires. Car la Turquie vit dès lors sous le double régime du sultanat et du gouvernement kemaliste. Pendant qu&rsquo;Istanbul continue à mettre en circulation les timbres de l&rsquo;Empire, et fête à coup de surcharges ( <strong><span style="color: #800000;">4</span></strong>) l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;avènement du sultan, le nouveau contre-pouvoir d&rsquo;Anatolie surcharge lui aussi les émissions impériales trouvées dans les bureaux, puis convertit les &laquo;&nbsp;fiscaux&nbsp;&raquo; en &laquo;&nbsp;postaux&nbsp;&raquo;, sans parler des timbres de tribunaux religieux ou de ceux du chemin de fer du Hedjaz.</p>
<p>Cette situation confuse va durer deux ans. Deux années de guerre civile, de guerre entre &laquo;&nbsp;l&rsquo;Armée du Calife&nbsp;&raquo; et les troupes kemalistes, puis entre celles-ci et les Arméniens, les Kurschs, les Français et les Grecs.</p>
<p>Avec les Français, les combats en Cilicie durent jusqu&rsquo;en en juillet 1920, date à laquelle les deux parties signent une trêve. Les Français abandonnent alors Adana. Une série de surcharges turques marque le retour de la ville dans son ancien territoire.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/05-07.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4812" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/05-07-149x300.jpg" alt="05-07" width="149" height="300" /></a>Avec les Grecs, l&rsquo;engagement fut bien plus important et plus long. lsmet, le fidèle compagnon de guerre de Kemal, repoussa en 1920 et 1921 deux attaques à lnönù, en Anatolie occidentale. Le chef turc sera à ce point identifié à ces deux victoires historiques qu&rsquo;il en portera plus tard le nom (lsmet lnönù <strong><span style="color: #800000;">5</span></strong>, deviendra président de la République à la mort de Kemal). Mais il faudra que Kemal conduise lui même les ultimes batailles sur le fleuve Sakharya (<span style="color: #800000;"><strong>6</strong></span>) pour réduire à néant les prétentions grecques sur la Turquie et aboutir à l&rsquo;armistice de Mundanya, en octobre 1922. On voit ici l&rsquo;entrée du vainqueur dans Smyrne, appelée aujourd&rsquo;hui Ezmir (<strong><span style="color: #800000;">7</span></strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/08-091.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4813" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/08-091-216x300.jpg" alt="08-09" width="216" height="300" /></a>Entre-temps, Kemal avait fait adopter par la nouvelle assemblée nationale ( <strong><span style="color: #800000;">8</span></strong>, 50e anniversaire de sa fondation) la première loi constitutionnelle, dont ce timbre de 1987 rappelle les termes sur fond de carte nationale (&laquo;&nbsp;la souveraineté appartient sans condition à la nation&nbsp;&raquo;, <strong><span style="color: #800000;">9</span></strong>). La même assemblée lui avait décerné en grande pompe le titre de &laquo;&nbsp;Ghazi&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;destructeur des chrétiens&nbsp;&raquo;, distinction la plus haute que l&rsquo;on puisse accorder à un musulman.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">L&rsquo;un des chefs d&rsquo;Etat les plus timbrifiés du monde</span></strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/10-121.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4814" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/10-121-111x300.jpg" alt="10-12" width="111" height="300" /></a>Les timbres, à nouveau, nous aident à retrouver le fil de l&rsquo;histoire. Car, après les provisoires d&rsquo;Anatolie, relégués en fin de chapitre dans les catalogues, les émissions kemalistes s&rsquo;intègrent dans le cours de la collection turque. Avec d&rsquo;abord une série &laquo;&nbsp;Unité de la nation&nbsp;&raquo;, où apparaissent, entre autres, deux Turcs qui fraternisent et la citadelle reconquise d&rsquo;Adana (<strong><span style="color: #800000;">10 et 11</span></strong>). Avec ensuite le premier timbre de la République turque, proclamée le 29 octobre 1923 après l&rsquo;abolition du sultanat et l&rsquo;exil de Mohammed VI, réfugié à San Reno. On y voit le parlement (<strong><span style="color: #800000;">12</span></strong>), installé dans la nouvelle capitale, Ankara, ville neuve et symbole de la renaissance nationale par opposition avec Istanbul, alias Constantinople, alias Byzance, l&rsquo;immémoriale cité déchue.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/133.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4815" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/133.jpg" alt="13" width="281" height="206" /></a>Avec la première apparition, sur un timbre de 1924, de celui que l&rsquo;on appelle maintenant &laquo;&nbsp;Ataturk&nbsp;&raquo; (le père des Turcs). Son effigie est associée à une vue du pont de la Sakharya (<strong><span style="color: #800000;">13</span></strong>), car l&rsquo;émission marque le succès de la Turquie à la conférence de Lausanne, où la question grecque est définitivement réglée, où le nouveau régime kémaliste reçoit enfin la reconnaissance internationale et où la Turquie réintègre officiellement les territoires que lui retirait le précédent traité de Sèvres : la Thrace (avec Andrinople), toute l&rsquo;Anatolie, la Cilicie et les provinces orientales de la Turquie d&rsquo;Asie. C&rsquo;est bien peu, certes, si l&rsquo;on se souvient de l&rsquo;immense Empire déployé un demi siècle plus tôt sur trois continents. C&rsquo;est beaucoup par rapport au minuscule Etat indépendant que les vainqueurs de la guerre se proposaient de laisser au vaincu, avant que ce peuple humilié ne confie sa destinée à son nouveau père. La première effigie d&rsquo;Ataturk ouvre la voie à des dizaines, des centaines d&rsquo;autres. Peu de chefs d&rsquo;Etat, dans l&rsquo;histoire des timbres, ont réuni sous leur seul nom une telle collection.</p>
<p>C&rsquo;est que le nouveau père des Turcs, une fois solidement installé au pouvoir, apparaît sur la plupart des timbres d&rsquo;usage courant, sans son légendaire Fez, coiffure musulmane dont, en 1926, il interdit le port assimilé à un attentat contre la sûreté de l&rsquo;Etat ! Secondaire en apparence, cette décision (associée à l&rsquo;interdiction du &laquo;&nbsp;salam&nbsp;&raquo;, remplacé par décret par la poignée de main) symbolise le début de la rupture avec six siècles de traditions islamiques. Pour le premier président de la République turque, il s&rsquo;agit de laïciser l&rsquo;Etat ; de supprimer dans les institutions comme dans la vie courante toute trace de la religion exécrée, tenue pour responsable de la torpeur passée. La Turquie nouvelle doit se détourner des mirages de l&rsquo;Orient pour rejoindre les grandes puissances occidentales.</p>
<p>Enorme tâche dont Ataturk s&rsquo;acquitte en multipliant les réformes comme il multipliait autrefois les assauts militaires. Les timbres de l&rsquo;époque ou les commémoratifs ultérieurs en racontent quelques étapes.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/143.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4816" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/143-300x203.jpg" alt="14" width="300" height="203" /></a>Ainsi voit-on ici Kemal expliquant lui-même sur un tableau noir le fonctionnement de l&rsquo;alphabet latin qu&rsquo;il imposa en 1928, en remplacement des caractères arabes (<strong><span style="color: #800000;">14</span></strong>). Jusqu&rsquo;alors, l&rsquo;apprentissage de l&rsquo;écriture absorbait l&rsquo;essentiel de l&rsquo;enseignement et restait le privilège de peu de lettrés formés par le clergé. Kemal n&rsquo;hésite pas à révolutionner tout le système de communication écrite &#8211; et partout la littérature, le système de pensée, la vie quotidienne &#8211; de son pays. Et il renvoie tous les compatriotes à l&rsquo;école, pendant que lui-même sillonne la Turquie avec son tableau et ses craies.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/15-162.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4817" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/15-162-126x300.jpg" alt="15-16" width="126" height="300" /></a>Ainsi l&rsquo;abondante série du &laquo;&nbsp;Congrès suffragiste&nbsp;&raquo; de 1935 (MarieCurie et Kemal, <strong><span style="color: #800000;">15 et 16</span></strong>) évoque t-elle l&rsquo;émancipation des femmes, dans un pays où celles-ci étaient jusqu&rsquo;alors en complet retrait par rapport aux hommes. Kemal, par une seule loi, ôte leur voile, les fait sortir de leur harem, les accueille dans les rangs du Parti populaire, leur donne le droit de vote (les Françaises ne l&rsquo;auront que vingt ans plus tard), les invite à exercer les mêmes professions que les hommes&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Reflets des conquêtes de la modernité</span></strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/171.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4818" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/171-235x300.jpg" alt="17" width="235" height="300" /></a>Ainsi ce portrait sur un tracteur (<strong><span style="color: #800000;">17</span></strong>), rappelle qu&rsquo;Ataturk créa dans sa propriété une ferme modèle, transformée en institut d&rsquo;agronomie où il expérimentait lui-même les nouvelles techniques agricoles dont profitait tout le pays.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/18-19.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4819" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/18-19-300x229.jpg" alt="18-19" width="300" height="229" /></a>Ainsi cette locomotive (<strong><span style="color: #800000;">18</span></strong>), symbolise t-elle la première voie ferrée transanatolienne, reliant entre-elles les provinces de l&rsquo;Asie mineure et remplaçant les lignes installées précédemment par les Anglais, les Allemands et les Français pour leurs propres besoins commerciaux, sans souci des nécessités locales. Ainsi jusqu&rsquo;à cette série barrée de noir et d&rsquo;une date en gros caractères (<strong><span style="color: #800000;">19</span></strong>).</p>
<p>Le 21 novembre 1938, à cinquante ­huit ans, mourait Mustapha Kemal, épuisé par une vie de combat et de labeur, emporté par une cirrhose du foie qu&rsquo;il avait négligé de soigner. &laquo;&nbsp;Je lègue à la jeunesse l&rsquo;avenir de la nation&nbsp;&raquo;, dit-il sur son lit de mort.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/201.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4820" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/201-300x225.jpg" alt="20" width="300" height="225" /></a>Ses cendres reposent aujourd&rsquo;hui dans un immense mausolée à Ankara. Cinquante ans après sa mort, les nouveaux timbres de Turquie, jusque sur les valeurs d&rsquo;usage courant (<strong><span style="color: #800000;">20</span></strong>),continuent à rendre un massif hommage au Loup gris d&rsquo;Ankara.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #ff0000;">Anatolie : les premiers timbres kemalistes</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Si l&rsquo;on excepte les surcharges de Féké, en Cilicie,sur les timbres de l&rsquo;occupation française, ce sont les provisoires d&rsquo;Anatolie qui ouvrent la collection des timbres kemalistes, à partir d&rsquo;octobre 1920. Le catalogue Yvert les classe en fin de chapitre Turquie. Le Michel allemand les intègre dans la chronologie des émissions nationales. De fait, si la révolution kemaliste représentait à l&rsquo;époque un mouvement de résistance intérieure, sans reconnaissance internationale, l&rsquo;officialisation ultérieure du régime a fait de ces précurseurs des timbres à part entière.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">D&rsquo;autant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;émissions de complaisance mais de surcharges rendues indispensables par le complet isolement des forces kemalistes dans les années 1920-21.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Confiné dans la région d&rsquo;Ankara, en plein milieu du plateau anatolien, en guerre contre les armées du calife et celles des occupants alliés, le gouvernement d&rsquo;Ataturk ne disposait pas des moyens nécessaires pour créer de nouveaux timbres. Dans ce contexte de guerre civile, du reste, la question passait à l&rsquo;arrière plan.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Comme il fallait bien, tout de même, créer un embryon de Poste kemalienne, la nouvelle administration provisoire passa à la planche à surcharger tous les stocks d&rsquo;anciens timbres du sultanat qu&rsquo;elle put trouver dans les bureaux d&rsquo;Anatolie.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Stocks plutôt maigres, car les timbres­poste furent rapidement épuisés et remplacés par des fiscaux, taxes, chemins de fer&#8230; de tout poil. Le tout recouvert de surcharges aux types multiples, affectées d&rsquo;innombrables variétés, erreurs, tirages limités. Voici quelques­ unes de ces perles rares.</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/A1.jpg"><img class="size-full wp-image-4822 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/A1.jpg" alt="A" width="180" height="289" /></a></p>
<p><em><span style="color: #ff0000;">N° 1 Yvert. Timbre-poste de 1917<br />
avec surcharge rouge au lieu de noire.<br />
75 exemplaires.</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/B1.jpg"><img class="size-medium wp-image-4823 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/B1-220x300.jpg" alt="B" width="220" height="300" /></a></p>
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<p><em><span style="color: #ff0000;">Un fiscal de 5 piastres destiné à l&rsquo;origine aux taxes des musées.<br />
Sans surcharges: 1750 exemplaires. Avec, comme ici: 200.</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/C1.jpg"><img class="size-full wp-image-4824 alignright" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/C1.jpg" alt="C" width="198" height="265" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #ff0000;">Mille piastres de faciale, c&rsquo;est-à-dire une fortune,<br />
pour ce timbre des tribunaux religieux.<br />
Tirage:500 ex.</span></em></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/D.jpg"><img class="size-medium wp-image-4825 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/D-116x300.jpg" alt="D" width="116" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><em><span style="color: #ff0000;">Deux surcharges différentes (petits et gros caractères)<br />
sur une paire se-tenant. La surcharge indique l&rsquo;année 1337<br />
du calendrier musulman (1921 dans notre calendrier).</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/E.jpg"><img class="size-full wp-image-4826 alignright" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/E.jpg" alt="E" width="281" height="191" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #ff0000;">Timbre de la Ligue arabe.<br />
Plus forte valeur (40 paras) d&rsquo;une série de cinq.<br />
Tirage: 1000 exemplaires.</span></em></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/F.jpg"><img class="size-full wp-image-4827 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/F.jpg" alt="F" width="247" height="185" /></a></p>
<p><em><span style="color: #ff0000;">Classé par erreur au chapitre Syrie (n° 81) dans I&rsquo;Yvert<br />
expression française : un timbre de Killis, à la frontière entre la Cilicie<br />
et la Syrie. C&rsquo;est une émission kemaliste (sur papier pelure),<br />
réalisée après le retour de la Cilicie à la Turquie. Comparé à ses congénères,<br />
le plus souvent en piteux état, cet exemplaire peut être qualifié de &laquo;&nbsp;superbe&nbsp;&raquo;&#8230;</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/G.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4828" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/G-300x233.jpg" alt="G" width="300" height="233" /></a><em><span style="color: #ff0000;">En règle générale, les lettres de cette période sont rares. Ici un ex-timbre du ministère de la Justice (n°18)<br />
sur courrier expédié le 14 septembre 1921 de Trébizonde, sur la mer Noire, en Arménie turque.</span></em></p>
<p><span style="color: #ff0000;"> </span></p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Timbroscopie</em> n° 58 &#8211; Mai 1989</span></p>

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		<title>Mustapha Kemal, père des Turcs</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2015 09:18:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Pays P-Z]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[Première partie : l&#8217;agonie d&#8217;un Empire  Cinquante ans après sa mort, il apparaît encore sur la plupart des timbres courants de son pays. C&#8217;est dire les traces laissées dans l&#8217;histoire par &#171;&#160;le père des Turcs&#160;&#187; qui, sur les ruines de l&#8217;Empire ottoman, construisit la Turquie moderne. Mustapha Kemal en jeune officier au tout début de<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2015/06/29/mustapha-kemal-pere-des-turcs/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #800000;">Première partie : l&rsquo;agonie d&rsquo;un Empire</span></h2>
<h3> Cinquante ans après sa mort, il apparaît encore sur la plupart des timbres courants de son pays. C&rsquo;est dire les traces laissées dans l&rsquo;histoire par &laquo;&nbsp;le père des Turcs&nbsp;&raquo; qui, sur les ruines de l&rsquo;Empire ottoman, construisit la Turquie moderne.</h3>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/019.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4792" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/019-188x300.jpg" alt="01" width="188" height="300" /></a>Mustapha Kemal en jeune officier au tout début de ce siècle (<strong><span style="color: #800000;">1</span></strong>) : parmi les centaines de timbres consacrés par son pays au père des Turcs, voici sa plus juvénile représentation. Le visage sévère, le regard dur du &laquo;&nbsp;Loup gris d&rsquo;Angora&nbsp;&raquo; sont déjà là. Déjà forgé aussi le caractère entier, obstiné, brutal même de ce petit paysan de Salonique entré comme cadet dans la carrière militaire, sans prévenir sa famille, et surnommé &laquo;&nbsp;perfection&nbsp;&raquo; (Kemal) par un maître de mathématiques qui portait le même nom que lui &#8211; Mustapha Efendi &#8211; et voulait ainsi distinguer son protégé.</p>
<p>A l&rsquo;époque de ce portrait, Kemal découvre les idées révolutionnaires qui agitent la jeunesse de son pays. L&rsquo;Empire Ottoman se lézarde lentement mais inexorablement. L&rsquo;agitation couve dans les Balkans. La pauvreté est extrême. Même l&rsquo;armée est démunie.</p>
<p>Le jeune officier découvre la politique en adhérant à une société secrète déguisée en club d&rsquo;études. La police du sultan Abdul Hamid l&rsquo;arrête, et il doit à l&rsquo;excellente appréciation de ses supérieurs d&rsquo;échapper au peloton d&rsquo;exécution et d&rsquo;être affecté dans un régiment de cavalerie à Damas, aux confins de l&rsquo;Empire, en Syrie encore ottomane.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/028.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4793" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/028-176x300.jpg" alt="02" width="176" height="300" /></a>1908 : la révolution arrache au vieux souverain une constitution, dont les timbres de l&rsquo;époque marquent, par une inscription sur bandelette, la promulgation (<strong><span style="color: #800000;">2</span></strong>). Kemal est aux côtés des &laquo;&nbsp;Jeunes Turcs&nbsp;&raquo; qui ont ébranlé le sultan. Mais au second plan. Il lui manque le brillant, la parole facile, le pouvoir de séduction qui fait l&rsquo;immense popularité du chef des révolutionnaires, Enver Pacha, qu&rsquo;un soulèvement militaire porte au gouvernement en 1909, tandis que le sultan est déposé et remplacé par son frère, Mehmet V, dont les nouveaux timbres porteront, dès lors, l&rsquo;effigie (<strong><span style="color: #800000;">3</span></strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/037.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4794" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/037-300x204.jpg" alt="03" width="300" height="204" /></a>Kemal n&rsquo;approuve pas la politique d&rsquo;Enver. Trop perméables aux influences étrangères, les Jeunes Turcs ont favorisé un rapprochement avec l&rsquo;Allemagne, lancé un projet de chemin de fer Berlin­Byzance, confié au gouvernement du Kayser le soin de réorganiser l&rsquo;armée ottomane.</p>
<p>&nbsp;&raquo; Les grandes puissances prennent la Turquie à la gorge&nbsp;&raquo;, tonne Kemal. Et sa haine des Allemands se double de celle des Anglais lorsque ceux-ci proclament unilatéralement la neutralité de I&rsquo;Egypte, pourtant rattachée à l&rsquo;Empire ottoman.</p>
<p>C&rsquo;est dans le désert égyptien que le soldat au regard gris, promu quelques mois auparavant chef d&rsquo;état-major de la Ille armée impériale, donne la mesure de son inépuisable vitalité de guerrier. Pendant un an, Kemal défend ses positions dans le désert, vivant au milieu de ses troupes, tenant tête aux Anglais puis aux Italiens, qui ont débarqué en Tripolitaine et menacent ce qui reste des possessions ottomanes sur les rives sud de la Méditerranée.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;"> Le Loup gris d&rsquo;Angora est promu général</span></strong></p>
<p>Kemal tient bon. Mais l&rsquo;Empire est attaqué sur tos les fronts. En 1912, le Monténégro déclare la guerre à la Turquie. La Serbie, la Bulgarie et, l&rsquo;ennemi de toujours, la Grèce, s&rsquo;allient à la petite principauté. Ainsi, après les possessions africaines, celles d&rsquo;Europe se soulèvent à leur tour et menacent le cœur historique de l&rsquo;Empire : l&rsquo;Anatolie. Visés en particulier par les attaques des pays balkaniques : les détroits &#8211; Dardanelles et Bosphore -, uniques voies d&rsquo;accès à la Méditerranée depuis la mer Noire, point de jonction stratégique entre Europe et Asie, point névralgique aussi de la &laquo;&nbsp;Sublime Porte&nbsp;&raquo;, puisque la capitale de l&rsquo;Empire, Istanbul, est installée sur les rives du Bosphore.</p>
<p>Kemaldoit abandonner le front égyptien pour aller défendre Gallipoli, la presqu&rsquo;île qui commande l&rsquo;accès aux Dardanelles. Là encore, sa redoutable ardeur au combat s&rsquo;avère vaine : alors qu&rsquo;il vient de repousser la huitième attaque Bulgare, il apprend que son haut-commandement a entre-temps signé un armistice désastreux avec les forces balkaniques.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/04-051.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4795" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/04-051-300x126.jpg" alt="04-05" width="300" height="126" /></a>C&rsquo;est la Grande Guerre qui va révéler au peuple Turc la véritable dimension de son futur chef. Pendant que le leader des Jeunes Turcs, Enver, poursuit le rêve fou de construire un Empire panturc et part faire la guerre à la Russie, Kemal retourne à Gallipoli, pour y affronter non plus les Bulgares mais les Alliés franco-anglais. Promu pacha, c&rsquo;est-à­dire général, il commande l&rsquo;ensemble du front, toujours en première ligne, et réussit à clouer l&rsquo;ennemi sur ses positions de départ, au prix de pertes considérables. Les Anglais finissent par se lasser et quittent la presqu&rsquo;île. Kemal entre dans l&rsquo;Histoire comme &laquo;&nbsp;le sauveur des Dardanelles&nbsp;&raquo;. Mais sur les timbres de l&rsquo;époque, c&rsquo;est le visage souriant du sultan qui apparaît à côté de la carte du détroit (<strong><span style="color: #800000;">4</span></strong>).Et ce sont d&rsquo;anonymes soldats qui illustrent cette émission de guerre, représentant l&rsquo;artillerie turque (<strong><span style="color: #800000;">5</span></strong>).</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong> Kemal, Fayçal et Lawrence d&rsquo;Arabie</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/06-071.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4796" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/06-071-300x176.jpg" alt="06-07" width="300" height="176" /></a>Du front du Caucase, où il sauve Enver de la débâcle et enlève les villes de Bitlis et Monsh, au Levant, où il commande la VIIe armée de Palestine Kemal incarne l&rsquo;acharnement du peuple turc à lutter contre son inexorable déclin. Mais l&rsquo;heure du renouveau n&rsquo;a pas encore sonné. En Syrie, les Anglais balayent les armées turques et leurs alliés allemands. La Royal Air Force fait de redoutables dégâts. La retraite de Kemal tourne à la débâcle, aggravée encore par les cavaliers arabes du prince Fayçal et de Lawrence d&rsquo;Arabie qui entrent dans Damas en 1918, aux côtés du général britannique Allenby. La capitale syrienne était ottomane depuis quatre siècles. Désormais, les timbres &laquo;&nbsp;arabisants&nbsp;&raquo; de Turquie émis pendant la guerre &#8211; une sentinelle et une fontaine dans le désert (<strong><span style="color: #800000;">6 et 7</span></strong>) &#8211; appartiennent à la collection du passé&#8230;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/086.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4797" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/086-300x234.jpg" alt="08" width="300" height="234" /></a>30 octobre 1918. La date apparaît en surcharge-anniversaire, un an plus tard (<strong><span style="color: #800000;">8</span></strong>) : c&rsquo;est celle de l&rsquo;armistice que le gouvernement du sultan (Mohamed VI) signe à Moudras avec les Alliés. C&rsquo;est aussi le début de la révolte pour Kemal, qui n&rsquo;accepte pas de voir son pays réduit à un lambeau de l&rsquo;ancien Empire, occupé qui plus est par les puissances étrangères. Les Anglais mouillent dans le Bosphore et contrôlent la capitale, Istanbul. Les Français occupent la Cilicie, où ils émettent, quelques mois plus tard, des timbres spéciaux dont quelques-uns sont aujourd&rsquo;hui fort rares. Et voilà que les Grecs débarquent à Smyrne pour y relever les troupes de l&rsquo;Entente.</p>
<p>Une seule région échappe au contrôle allié : l&rsquo;Anatolie, où se créent les premières organisations de résistance, alimentées en vivres et munitions par des associations secrètes qui pillent les dépôts des occupants dans les grandes villes et acheminent leur butin vers l&rsquo;intérieur du pays.</p>
<p>Les Anglais demandent au sultan d&rsquo;intervenir. L&rsquo;agitation doit être d&rsquo;autant plus matée que s&rsquo;ouvre à Paris la conférence de la Paix, dont les conclusions pourraient bien amplifier la révolte turque.</p>
<p>Sur les conseils de son grand vizir, le sultan décide, à contrecœur, d&rsquo;envoyer en Anatolie son meilleur officier : Kemal. La popularité du Loup gris est immense, et le souverain compte sur lui pour faire accepter aux Turcs humiliés par la guerre le démantèlement de l&rsquo;Empire exigé par les vainqueurs.</p>
<p>Mais si le sultan pusillanime, préoccupé avant tout de se maintenir au pouvoir, quelqu&rsquo;en soit le prix à payer, s&rsquo;est résigné à la quasi-disparition de son Empire, le vainqueur des Dardanelles, lui, s&rsquo;apprête à faire front. Et à déclencher le renouveau de son pays, reconstruit sur les ruines de l&rsquo;ancien Empire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Si la guerre avait bien tourné</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Guerre.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4798" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Guerre-300x196.jpg" alt="Guerre" width="300" height="196" /></a><span style="color: #ff0000;">1917 : les Allemands et les Turcs (dont Kemal) se battent au Proche-­Orient contre les Alliés, et cherchent à traverser le désert du Sinaï pour gagner l&rsquo;Egypte. la Turquie s&rsquo;apprête ainsi à rentrer en possession de son ancien territoire, sur lequel la Grande-Bretagne a imposé son protectorat.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Ce timbre, ainsi que sept autres au même type, devait célébrer l&rsquo;amitié retrouvée entre les peuples turc et égyptien d&rsquo;où les deux drapeaux. Il porte l&rsquo;inscription &laquo;&nbsp;Villes et territoires conquis, armée islamique pour la libération de l&rsquo;Egypte&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Imprimée en grand secret à l&rsquo;initiative des ministres de la Guerre et de l&rsquo;Intérieur de Turquie, l&rsquo;émission n&rsquo;a jamais servi, la guerre ayant tourné au profit des Anglais. Avant que ceux-ci ne pénètrent dans Ghaza, où étaient entreposés les timbres, l&rsquo;administration turque fit brûler tout le stock&#8230; sauf quelques survivants. Rarissimes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #003366;">Tirage : cent exemplaires</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Tirage.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4799" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/Tirage-300x205.jpg" alt="Tirage" width="300" height="205" /></a><span style="color: #003366;">Le buste de Mohammed V et la ville de El Arich, entre Ghaza et Port-Saïd : deux non-émis de 1918, connus à cent exemplaires. La mort du sultan et la perte par les Turcs de la ville du Sinaï expliquent qu&rsquo;ils n&rsquo;aient jamais vu le jour.</span></p>
<p><span style="color: #003366;">Ces deux timbres appartenaient à la même série que les types &laquo;&nbsp;g&nbsp;&raquo;,&nbsp;&raquo;h&nbsp;&raquo;,&nbsp;&raquo;i&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;h&nbsp;&raquo; du catalogue Yvert : quatre types qui ont tous été émis surchargés (n° 582 et suivants), à l&rsquo;exception de cent exemplaires restés vierges et non émis eux aussi.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;">Cilicie: les vestiges de l&rsquo;occupation française</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/A.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4800" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/A-300x204.jpg" alt="A" width="300" height="204" /></a><span style="color: #800080;">Pendant que Kemal combattait les Russes dans le Caucase, Anglais et Français négociaient déjà le partage du Proche-Orient. Dès la victoire des Alliés acquise, la France occupait, comme prévu, la Cilicie, une région d&rsquo;Anatolie à la frontière syrienne.</span></p>
<p><span style="color: #800080;">Les timbres turcs jusqu&rsquo;alors en usage recevaient une surcharge &laquo;&nbsp;Territoire Ennemi Occupé Cilicie&nbsp;&raquo; (<strong>A</strong>). Les Français surchargeaient ensuite des timbres de métropole, parmi lesquels les rarissimes n° 1 et 2 de Poste aérienne (<strong>B</strong>).</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/B.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4801" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/B-252x300.jpg" alt="B" width="252" height="300" /></a><span style="color: #800080;">Plus tard, c&rsquo;est en Cilicie qu&rsquo;allaient apparaître les premières traces philatéliques de la révolution kémalienne, avec cette surcharge en forme de cachet rectangulaire et &laquo;&nbsp;négatif&nbsp;&raquo; (<strong>C</strong>), utilisée à Féké, au nord d&rsquo;Adana. Aléas de l&rsquo;Histoire : les Turcs allaient surcharger leurs propres timbres, qui revenaient alors à leur propriétaire après la transition française.</span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/C.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4802" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/06/C-248x300.jpg" alt="C" width="248" height="300" /></a><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Timbroscopie</em> n° 57 &#8211; Avril 1989</span></p>
<p>&nbsp;</p>

<div class="ratings " data-post="4791">  
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		<title>Classiques de France à Trébizonde</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Feb 2015 10:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France, Monaco, Andorre]]></category>
		<category><![CDATA[Pays P-Z]]></category>
		<category><![CDATA[Période classique]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux français]]></category>

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		<description><![CDATA[Timbres magazine n° 36 &#8211; Juin 2003 Route du thé oblige &#8211; Trézibonde n&#8217;est guère loin des champs de culture &#8211; c&#8217;est donc par ce port que nous pénétrons la Sublime Porte. Terminus de la Compagnie des Messageries maritimes, cette ville riche ne manque pas de passionner les collectionneurs des bureaux français à l&#8217;étranger. Avant<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2015/02/05/classiques-de-france-a-trebizonde/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800000;"><em>Timbres magazine</em> n° 36 &#8211; Juin 2003</span></p>
<h3>Route du thé oblige &#8211; Trézibonde n&rsquo;est guère loin des champs de culture &#8211; c&rsquo;est donc par ce port que nous pénétrons la Sublime Porte. Terminus de la Compagnie des Messageries maritimes, cette ville riche ne manque pas de passionner les collectionneurs des bureaux français à l&rsquo;étranger. Avant eux, la passion pour ce port de la mer Noire avait habité Marco Polo, Napoléon et même Don Quichotte qui rêvait d&rsquo;en être l&rsquo;empereur ! Bienvenue à Trézibonde, ville natale de Soliman le Magnifique.</h3>
<p>Les relations entre l&rsquo;Empire ottoman et la France sont très anciennes et elles ont pris un tour très favorable à la faveur des liens entretenus par Soliman le Magnifique &#8211; célèbre natif de Trézibonde &#8211; et François 1er. Ces liens viennent avant tout d&rsquo;intérêts commun&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #800000;"><a style="color: #800000;" href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2015/02/Classiques-de-France-à-Trébizonde.pdf">Classiques de France à Trébizonde</a></span></strong></p>

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