<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Timbres magazine - Mensuel de la presse philatélique française &#187; Grèce</title>
	<atom:link href="https://timbresmag.fr/timbres-magazine/europe/pays-g-n/grece/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://timbresmag.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Thu, 30 Apr 2026 15:32:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.0.38</generator>
	<item>
		<title>Le Dodécanèse</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Jun 2016 15:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://timbresmag.fr/?p=8690</guid>
		<description><![CDATA[Nous l’évoquions dans un éditorial, ce nom ne vous est pas forcément familier, il désigne un ensemble d’îles de la mer Egée disputées entre Turquie, Grèce et Italie dont la philatélie retrace les péripéties. &#160; Le Dodécanèse est l’ensemble des îles occupant le sud-est de la mer Egée. La traduction littérale de “Δωδεκανησοζ” (= Dodécanèse)<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Nous l’évoquions dans un éditorial, ce nom ne vous est pas forcément familier, il désigne un ensemble d’îles de la mer Egée disputées entre Turquie, Grèce et Italie dont la philatélie retrace les péripéties.</h4>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Dodécanèse est l’ensemble des îles occupant le sud-est de la mer Egée. La traduction littérale de “Δωδεκανησοζ” (= Dodécanèse) est : douze îles, mais ce nom prête un peu à confusion, car l’ensemble est constitué de 14 îles plus ou moins grandes. Ces îles sont Patmos, Lipsos, Leros, Kalymnos, Kos, Nisyros, Tilos (Piscopi pour les Italiens), Khalki, Rhodos, Symi, Karpathos (Scarpanto pour les Italiens), Kassos, Astypalia (Stampalia pour les Italiens) et Kastellorizo. Vers 1900, le nombre d’habitants s’élevait à environ 100 000, la plupart d’origine hellénique.</p>
<p>Depuis 1309, ces îles étaient entre les mains de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, qui, grâce surtout à l’aide vénitienne, put résister aux attaques ottomanes jusqu’en 1522. A cette date, Philippe Villiers de l’Isle-Adam, grand-maître de l’Ordre, doit capituler devant l’armée de Soliman le Magnifique.</p>
<p>La domination ottomane va durer jusqu’en 1912. Cette domination est relativement douce, sauf après la guerre d’indépendance grecque, où la population a pris parti pour la Grèce : il y a alors de sévères représailles.</p>
<p>La prise de pouvoir par les Jeunes-Turcs à Constantinople en 1908 va tout changer : la population locale est contrainte de livrer des contingents pour l’armée ottomane. Cela engendre une émigration massive des jeunes, avec une crise économique comme conséquence.</p>
<p>Mais en 1911, l’Italie a déclaré la guerre à la Turquie, pour la possession des territoires nord-africains de Tripolitaine et de Cyrénaïque. Le 23 avril 1912, l’amiral italien Presbitero débarque à Astypalia, et de là, s’empare de toutes les îles. La conquête italienne du Dodécanèse est achevée le 20 mai 1912.</p>
<p>Le traité d’Ouchy du 18 octobre 1912 accorde les territoires d’Afrique du Nord à l’Italie, mais celle-ci doit rendre le Dodécanèse à la Sublime Porte.</p>
<p>Cependant, les deux guerres balkaniques (1912-1913) et la Première Guerre mondiale (1914-1918), qui sont une succession de défaites pour les Turcs, empêchent cette restitution, et les Italiens restent sur place. Après la guerre, le Dodécanèse est définitivement attribué aux Italiens par le traité de Sèvres du 10 août 1920. Ils vont rester sur place jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Les timbres de la “Communauté des insulaires”</span></strong></p>
<p>Les Italiens ont été bien reçus dans les îles, surtout grâce à la promesse de pouvoir jouir d’une très large autonomie. Dans ce sens, l’amiral Presbitero promet même, le 12 mai 1912, à l’île de Kalymnos un statut qui équivaut à une quasi-indépendance, avec une souveraineté italienne purement nominale.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/013.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8692" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/013-300x105.jpg" alt="01" width="300" height="105" /></a><span style="color: #800000;">1 Mai 1912: les timbres avec la mention “ΚΟΙΝΟΝ ΝΗΣΙΩΤΩΝ”</span></p>
<p>Enchantés, les habitants de l’île projetent l’émission d’une série de timbres : Ils commandent le 21 mai 1912 trois timbres à l’effigie du dieu-soleil Apollon, avec la mention “ΚΟΙΝΟΝ ΝΗΣΙΩΤΩΝ” (= communauté des insulaires) <strong><span style="color: #800000;">1</span></strong>. Mais dès l’arrivée des timbres, le général Ameglio, nommé gouverneur militaire du Dodécanèse, désavoue la proclamation de Presbitero, et il confisque l’ensemble des timbres, afin de les détruire. Cet événement, annihilant tous les espoirs des insulaires, signifie dès le début la fin des bonnes relations entre les habitants et l’occupant italien.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">L’occupation italienne</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/023.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8693" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/023.jpg" alt="02" width="270" height="168" /></a><span style="color: #800000;">2 22 septembre 1912, n°s 1/2 &#8211; Surcharges “EGEO” sur timbres italiens,<br />
pour pouvoir concurrencer les services postaux étrangers.</span></p>
<p>Dès le début de l’occupation, le service postal turc est supprimé et remplacé par la poste italienne, mais les offices postaux russe, français et autrichien continuent à fonctionner. Les timbres italiens de 25 centesimi (tarif d’une lettre pour l’étranger) et de 50 centesimi (tarif pour un envoi recommandé) ont cependant peu de succès : aux bureaux étrangers, ces tarifs sont de 1 et 2 piastres, ce qui revient moins cher au taux de change. C’est pourquoi dès le 22 septembre 1912, les timbres à 25 et 50 centesimi sont surchargés “EGEO” <strong><span style="color: #800000;">2</span> </strong>et vendus eux aussi à 1 et 2 piastres.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/033.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8694" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/033-300x132.jpg" alt="03" width="300" height="132" /></a><span style="color: #800000;">3 1er décembre 1912, nos 1/4 &amp; 6/8 pour chaque île,<br />
nos 1/4 &amp; 7/9 pour Rhodes &#8211; 13 x 7 valeurs surchargées pour chaque île.</span></p>
<p>Dès le 1<sup>er</sup> décembre 1912, sept timbres italiens <strong><span style="color: #800000;">3</span> </strong>sont émis avec une surcharge spécifique pour 13 îles (Kastellorizo n’est pas encore italienne). Les trois plus grosses valeurs sont vendues en dessous de la valeur nominale (le 25c à 20c, le 40c à 35c et le 50c à 40c). Cela favorise la poste italienne par rapport aux bureaux étrangers, où le taux de change moyen est de 1 piastre = 22 centesimi.</p>
<p>Malgré la mention spécifique pour chaque île, chaque timbre surchargé peut être employé dans l’ensemble du Dodécanèse.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/043.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8695" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/043.jpg" alt="04" width="282" height="186" /></a><span style="color: #800000;">4. Début 1916, n° 5 pour chaque île, et 1917, n° 6 pour Rhodes 13 x le timbre de 15 centesimi<br />
surchargé “cent. 20”, et le 20c spécial pour Rhodes.</span></p>
<p>Début 1916, suite à un changement de tarif, un ensemble de timbres de 15 centesimi avec la surcharge “cent. 20” est envoyé dans les îles. Mais à Rhodes, la quantité est insuffisante, et un 20c au type «<em>Floreale</em>» y est spécialement prévu pour pallier ce manque de figurines <strong><span style="color: #800000;">4</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/053.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8696" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/053.jpg" alt="05" width="164" height="180" /></a><span style="color: #800000;">5 1917, n° 9 pour chaque île, n° 10 pour Rhodes 13 x<br />
le nouveau type de 20 centesimi</span></p>
<p>En juin 1917, un nouveau type de 20 centesimi au type «<em>Michetti</em>» est expédié dans les îles <strong><span style="color: #800000;">5</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/063.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8697" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/063.jpg" alt="06" width="265" height="167" /></a><span style="color: #800000;">6 1921-1922, nos 10/11 pour chaque île, </span><br />
<span style="color: #800000;">n° 11/12 pour Rhodes 13 x les nouveaux 20c et 15c.</span></p>
<p>Un nouveau 20 centesimi, cette fois-ci avec filigrane, est envoyé de Rome aux îles, d’abord en 1919 pour Rhodes, et en 1921 pour toutes les autres îles. En avril 1922, il y a eu encore un nouveau 15c pour toutes les îles <strong><span style="color: #800000;">6</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/073.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8698" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/073.jpg" alt="07" width="272" height="164" /></a><span style="color: #800000;">7 1922, nos 13 &amp; 14 de Rhodes Le 85c. spécial pour Rhodes,<br />
et le 1 lire non-émis.</span></p>
<p>Finalement, on trouve encore en septembre 1922 un 85c avec la seule surcharge de Rhodes. Un timbre à 1 lire, avec la surcharge “Rodi”, a été préparé en 1922, mais jamais envoyé au Dodécanèse : il n’a été vendu (pour les collectionneurs&#8230;) qu’à Rome <strong><span style="color: #800000;">7</span></strong>.</p>
<p>Après le traité de Sèvres de 1920, qui accorde définitivement les îles à l’Italie, ce sont les timbres normaux d’Italie qui ont cours dans le Dodécanèse, mais les timbres surchargés peuvent être employés jusqu’à l’épuisement des stocks. Entre 1920 et 1923 il existe donc de nombreux affranchissements mixtes Italie-Dodécanèse.</p>
<p>Les timbres du Dodécanèse restent même pendant longtemps encore disponibles au bureau philatélique de la poste centrale de Rome : c’est pourquoi la plupart des timbres neufs ne sont pas très difficiles à trouver.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Le Dodécanèse territoire italien</span></strong></p>
<p>Le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, confirmant celui de Sèvres de 1920, accorde définitivement le Dodécanèse à l’Italie. L’Italie n’est donc maintenant plus un pays occupant, mais le Dodécanèse devient une partie intégrante du territoire italien.</p>
<p>Il est donc normal qu’à partir de 1923, les timbres italiens normaux soient employés. Les timbres émis par l’Italie à partir de 1929 spécialement pour le Dodécanèse sont donc complètement inutiles et superflus. Ils ne servent qu’à souligner l’importance de l’Italie fasciste comme puissance européenne et coloniale (Afrique du Nord et Afrique orientale).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/08a1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8699" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/08a1-300x205.jpg" alt="08a" width="300" height="205" /></a><span style="color: #800000;">8 1929, n°s 15/23 Timbres avec la mention “Rodi”.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/092.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8700" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/092-300x159.jpg" alt="09" width="300" height="159" /></a><span style="color: #800000;">9 1933, n°s P.A. 28/29 Timbres italiens avec la surcharge “Isole Italiane dell’Egeo”</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/103.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8701" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/103.jpg" alt="10" width="262" height="169" /></a><span style="color: #800000;">10 1933, Timbres avec la mention “Isole Italiane dell’Egeo”</span></p>
<p>Il y a d’abord des timbres avec la mention “Rodi” <strong><span style="color: #800000;">8</span></strong>, ensuite plusieurs séries italiennes avec la surcharge “Isole Italiane dell’Egeo” <strong><span style="color: #800000;">9</span></strong>, plus tard avec ce même texte comme mention normale sur les timbres <strong><span style="color: #800000;">10</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/113.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8702" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/113-300x135.jpg" alt="11" width="300" height="135" /></a><span style="color: #800000;">11 1930, n°s 12/16 pour chaque île, n°s 24/28 pour Rhodes 14 x la série italienne “Ferrucci” surchargée.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/123.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8703" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/123-300x211.jpg" alt="12" width="300" height="211" /></a><span style="color: #800000;">12 1932, nos 17/26 pour chaque île, nos 29/38 pour Rhodes 14 x la série italienne “Garibaldi” surchargée.</span></p>
<p>On émet finalement encore deux séries (“<em>Ferrucci</em>” en 1930 <strong><span style="color: #800000;">11</span> </strong>et “<em>Garibaldi</em>” en 1932 <strong><span style="color: #800000;">12</span></strong>), surchargées avec les noms des 14 îles séparément !</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Les années 1943-1947</span></strong></p>
<p>Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’Italie continue à occuper le Dodécanèse, jusqu’en septembre 1943. Après la chute de Mussolini le 25 juillet 1943, l’entrée en vigueur le 8 septembre 1943 de l’armistice, signé par l’Italie de Badoglio, signifie la fin de l’alliance entre l’Italie et l’Allemagne.</p>
<p>Dès le 11 septembre, l’armée allemande commence à occuper toutes les îles du Dodécanèse, y remplaçant l’Italie, leur ex-allié. Les îles ayant une importance stratégique majeure, les troupes allemandes parviennent à y rester jusqu’à la fin de la guerre, et ce n’est que le 8 mai 1945 qu’elles acceptent de remettre leur capitulation aux forces britanniques, françaises et grecques.</p>
<p>L’autorité militaire britannique va exercer son administration sur les îles jusqu’à la signature du traité de Paris entre l’Italie et les Alliés, le 10 février 1947. Par ce traité, toutes les îles du Dodécanèse sont accordées à la Grèce, qui en prend possession le 31 mars 1947. Un an plus tard, le 7 mars 1948, le Dodécanèse devient officiellement une partie du territoire grec.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/133.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8704" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/133-300x106.jpg" alt="13" width="300" height="106" /></a><span style="color: #800000;">13 1943-1945 : exemples de timbres avec une surcharge à surtaxe émis par les autorités allemandes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/142.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8705" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/142-300x79.jpg" alt="14" width="300" height="79" /></a><span style="color: #800000;">14 octobre 1944 : la seule série de nouveaux timbres, émise par les autorités allemandes.</span></p>
<p>De novembre 1943 à février 1945, les nouvelles autorités allemandes émettent des timbres, toujours à surtaxe, officiellement en faveur de la population locale, en fait surtout destinée à alimenter les caisses de l’armée allemande. Ce sont des surcharges sur des timbres italiens du Dodécanèse. Une seule série de nouveaux timbres est émise, en octobre 1944, pour les sinistrés de la guerre <strong><span style="color: #800000;">13, 14</span></strong>.</p>
<p>A partir de l’hiver 1944-1945, les communications entre les troupes allemandes, en garnison en Crète et dans le Dodécanèse, et l’Allemagne deviennent de plus en plus difficiles. C’est pourquoi les autorités militaires allemandes du Dodécanèse décident de limiter les envois : des timbres de franchise allemands sont surchargés “INSELPOST” (= poste des îles), et chaque militaire reçoit huit vignettes par mois. L’envoi de et vers les îles ne s’effectue pas si la lettre ou le colis ne porte pas la vignette “INSELPOST”, ce qui signifie que, pour recevoir une réponse, il faut envoyer une deuxième vignette au destinataire de la lettre ou du colis.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/151.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8706" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/151-300x58.jpg" alt="15" width="300" height="58" /></a><span style="color: #800000;">15 Fin 1944 : exemples de timbres allemands<br />
de franchise militaire surchargés “INSELPOST”</span></p>
<p>Il y a des surcharges effectuées à Vukovar, à Rhodes, à Zagreb et à l’île de Leros <strong><span style="color: #800000;">15</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/161.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8707" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/161-300x71.jpg" alt="16" width="300" height="71" /></a><span style="color: #800000;">16 1945-1947 : exemples de timbres britanniques surchargés «M.E.F.»</span></p>
<p>Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, c’est l’administration britannique qui dirige le service postal, employant les timbres anglais avec la surcharge “M.E.F.” (= Middle East Forces), qui sont envoyés au Dodécanèse en provenance d’Egypte <strong><span style="color: #800000;">16</span></strong>.</p>
<p>Le 31 mars 1947, l’ensemble du Dodécanèse est restitué à la Grèce, et immédiatement, les timbres préparés en Grèce entrèrent en vigueur : ce sont des timbres d’usage courant de Grèce, avec une surcharge en nouvelles drachmes.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/171.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8708" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/171-300x101.jpg" alt="17" width="300" height="101" /></a><span style="color: #800000;">17 1 &amp; 2 avril 1947, nos 1 &amp; 1a Surcharge “Σ.Δ.Δ” argentée<br />
et rouge sur les timbres surchargés à 10 drachmes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/181.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8709" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/181-300x141.jpg" alt="18" width="300" height="141" /></a><span style="color: #800000;">18 1947, nos 2/7. Autres timbres surchargés “Σ.Δ.Δ”, avec nouvelle valeur.</span></p>
<p>A l’arrivée des premiers timbres, surchargés à 10 drachmes, les milieux militaires grecs, dans un but purement spéculatif, font imprimer une surcharge “Σ.Δ.Δ” (= abréviation grecque de “administration grecque du Dodécanèse”) sur une petite quantité de ces timbres, d’abord en argent (1/4/1947), ensuite en rouge (2/4/1947), et les proposent à la vente à des prix élevés. Pour mettre fin à cette spéculation, Athènes décide d’apposer cette surcharge “Σ.Δ.Δ” sur l’ensemble du tirage. Les six autres valeurs, surchargées en nouvelles drachmes et portant donc l’abréviation “Σ.Δ.Δ”, arrivent dans le Dodécanèse en septembre 1947 <strong><span style="color: #800000;">17, 18</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/191.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8710" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/191.jpg" alt="19" width="168" height="201" /></a><span style="color: #800000;">19 30 avril 1947, nos 8/9. Timbres de deuil du roi Georges II, avec la surcharge “Σ.Δ.Δ”.</span></p>
<p>Le 30 avril 1947, deux timbres de Grèce de 1946 (roi Georges II), sont surchargés localement “Σ.Δ.Δ”, pour commémorer la mort du souverain, survenue le 1<sup>er</sup> avril 1947 <strong><span style="color: #800000;">19</span></strong>.</p>
<p>Dès lors, ce sont évidemment les timbres grecs qui ont cours dans le Dodécanèse. La Grèce commémore le retour de ces îles lointaines avec plusieurs séries.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20a.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8711" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20a.jpg" alt="20a" width="250" height="187" /></a><span style="color: #800000;">20 Kastellorizo</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8712" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20b.jpg" alt="20b" width="236" height="180" /></a><span style="color: #800000;">20 Patmos</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8713" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20c.jpg" alt="20c" width="169" height="245" /></a><span style="color: #800000;">20 Vase égéen</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20d.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8714" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20d.jpg" alt="20d" width="185" height="245" /></a><span style="color: #800000;">20 Costume féminin du Dodécanèse</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8715" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20e.jpg" alt="20e" width="180" height="243" /></a><span style="color: #800000;">20 Emmanuil Xanthos</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20f.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8716" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20f.jpg" alt="20f" width="173" height="242" /></a><span style="color: #800000;">20 Projet des timbres de Kalymnos de 1912</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20g.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8717" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20g.jpg" alt="20g" width="171" height="242" /></a><span style="color: #800000;">20 Voilier et carte de Kassos.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20h.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8718" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20h.jpg" alt="20h" width="174" height="247" /></a><span style="color: #800000;">20  Le colosse de Rhodes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20i.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8719" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20i.jpg" alt="20i" width="179" height="244" /></a><span style="color: #800000;">20 Hippocrate. </span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #800000;">1947-1951. Commémoration du retour du Dodécanèse à la Grèce</span></strong></p>
<p>La première, représentant des thèmes du Dodécanèse, est émise à partir du 20 novembre 1947 <strong><span style="color: #800000;">20</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/211.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8720" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/211-300x183.jpg" alt="21" width="300" height="183" /></a><span style="color: #800000;">21 Symbole de la perte des îles depuis 1309. Carte et drapeau. 1968, nos 962/963.<br />
20e anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/22.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8721" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/22-300x85.jpg" alt="22" width="300" height="85" /></a><span style="color: #800000;">22 1998, nos 1952/1955. 50e anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce</span></p>
<p>Deux séries sont émises en 1968 et en 1998, pour le 20<sup>e </sup>et le 50<sup>e</sup> anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce<strong><span style="color: #800000;"> 21, 22</span></strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Guy Coutant</p>

<div class="ratings " data-post="8690">  
  <ul   style="width:60px" title="4.00 / 5">    <li class="rating" style="width:48px">      <span class="average">        4.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
        <li class="s1">          <a title="Give 1 out of 5 stars">1 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s2">          <a title="Give 2 out of 5 stars">2 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s3">          <a title="Give 3 out of 5 stars">3 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s4">          <a title="Give 4 out of 5 stars">4 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s5">          <a title="Give 5 out of 5 stars">5 / 5</a>        </li>      
      </ul>  
</div>

      ]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La démocratie athénienne</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/02/04/la-democratie-athenienne/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2016/02/04/la-democratie-athenienne/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2016 10:18:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://timbresmag.fr/?p=6741</guid>
		<description><![CDATA[En septembre 1991, les postes grecques ont rappelé à notre mémoire que la démocratie faisait partie des plus anciennes formes de gouvernement.  1 2 Le timbre émis à cette occasion (1) reprend un sujet qui avait déjà fait l&#8217;objet d&#8217;une figurine en 1985, dans une série consacrée à la proclamation d&#8217;Athènes comme capitale culturelle de<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/02/04/la-democratie-athenienne/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>En septembre 1991, les postes grecques ont rappelé à notre mémoire que la démocratie faisait partie des plus anciennes formes de gouvernement.</h4>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/015.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6742" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/015-200x300.jpg" alt="01" width="200" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>1</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/025.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6743" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/025-205x300.jpg" alt="02" width="205" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>2</strong></span></p>
<p>Le timbre émis à cette occasion (<strong>1</strong>) reprend un sujet qui avait déjà fait l&rsquo;objet d&rsquo;une figurine en 1985, dans une série consacrée à la proclamation d&rsquo;Athènes comme capitale culturelle de l&rsquo;Europe (<strong>2</strong>). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un bas-relief, conservé au musée de l&rsquo;Agora (Athènes), illustrant un décret de 336 av. J.-C. contre la tyrannie. On connaît d&rsquo;autres bas-reliefs athéniens dont l&rsquo;en-tête sculpté ornait &#8211; divers textes officiels. Ceux-ci montrent un personnage, debout s&rsquo;appuyant sur un bâton ou assis comme c&rsquo;est le cas ici , symbolisant le <em>dêmos</em>, c&rsquo;est-à-dire le peuple. Il est toujours représenté comme un homme dans la force de l&rsquo;âge, barbu, vêtu d&rsquo;un manteau laissant une partie du corps à découvert : c&rsquo;est l&rsquo;image traditionnelle du citoyen. A côté de lui figure souvent la déesse Athéna, patronne de la cité, qui sert ainsi de garante à l&rsquo;acte célébré. Sur les deux timbres, un autre personnage se tient debout, s&rsquo;apprêtant à déposer une couronne sur la tête de Démos : c&rsquo;est une jeune femme qui peut symboliser ici la démocratie.</p>
<p>Il y a 2 500 ans, Athènes mettait un terme à la tyrannie des Pisistratides (51 0 av. J.-C.) et les réformes de l&rsquo;Athénien Clisthène (508) ouvraient la voie à la démocratie.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>L&rsquo;aristocratie et la tyrannie</strong></span></p>
<p>Au début du septième siècle, Athènes, comme l&rsquo;ensemble de la Grèce, est dominée par une aristocratie guerrière qui seule détient la richesse foncière. Tous les pouvoirs, religieux, judiciaire, politique, sont entre ses mains. La masse de la population est constituée d&rsquo;une paysannerie dépendante, économiquement et socialement, de ces grandes familles. Entre ces deux groupes, des paysans libres sont assez aisés pour acheter l&rsquo;équipement lourd nécessaire aux milliers de fantassins (hoplites) qui, à partir du milieu du siècle, constituent la force militaire de la cité. Les artisans sont encore peu nombreux.</p>
<p>Mais l&rsquo;essor de la colonisation, commencée au siècle précédent avec les fondations de Syracuse, de Tarente et d&rsquo;autres colonies grecques d&rsquo;Italie méridionale et de Sicile, allait provoquer des crises violentes dans toutes les cités. Le développement du commerce, consécutif aux implantations grecques dans tout le bassin méditerranéen, fait naître une classe moyenne d&rsquo;artisans et de marchands. La concurrence des produits étrangers aggrave la condition paysanne. L&rsquo;apparition de la monnaie autour de 680 favorise les échanges et permet à ces classes moyennes d&rsquo;acquérir une certaine richesse. Or ces couches nouvelles de la population, qui voient ainsi s&rsquo;accroître leur rôle économique et social, n&rsquo;ont aucun droit politique. Des guerres civiles éclatent alors dans de nombreuses cités.</p>
<p>C&rsquo;est à la fin du septième siècle qu&rsquo;Athènes, qui jusqu&rsquo;alors était restée à l&rsquo;écart du grand mouvement de colonisation, entre à proprement parler dans l&rsquo;Histoire. Le premier épisode connu est la tentative d &lsquo;un certain Cylon pour s&rsquo;emparer de la tyrannie, vers 630. Celle-ci échoua et Cylon fut exécuté. En 621 est rédigé le code de Dracon &#8211; dont le nom est aujourd&rsquo;hui associé à des mesures particulièrement sévères &#8211; qui instituait un droit commun pour tous dans les affaires de meurtres afin de mettre un terme aux pratiques de vendetta des familles aristocratiques. Cette publication d&rsquo;une loi écrite, qui pouvait donc être connue de tous, tranchait radicalement avec les méthodes de l&rsquo;aristocratie, qui tenait ses lois secrètes. Ce fut une des premières étapes vers la démocratie.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/035.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6744" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/035-300x204.jpg" alt="03" width="300" height="204" /></a><span style="color: #800000;"><strong>3</strong></span></p>
<p>Cependant, ces lois ne modifiaient en rien les privilèges de l&rsquo;aristocratie dans les domaines politique et social. La crise agraire notamment était aiguë : les paysans étaient fortement endettés et risquaient d&rsquo;être réduits en esclavage. Le législateur Solon a laissé son nom à un ensemble de lois (594-593) destinées à résoudre cette crise. Le timbre émis en 1974 à Chypre pour le 2e Congrès international d&rsquo;études chypriotes (<strong>3</strong>) reproduit un médaillon d&rsquo;une mosaïque romaine de la fin du troisième siècle de notre ère trouvée à Baalbek (Liban) où sont réunis les Sept Sages de la Grèce antique &#8211; parmi eux, Solon, &#8211; personnages qui ont réellement vécu mais qui, dans l&rsquo;imagination des Anciens, prenaient un caractère semi-fabuleux.</p>
<p>Agréé par les nobles comme par les petites gens, Solon donna à Athènes sa première Constitution démocratique, qui s&rsquo;efforçait, selon précisément le principe du « rien de trop », de trouver un juste milieu entre les pauvres et les riches. Il abolit la contrainte par corps, empêchant ainsi les paysans endettés d&rsquo;être asservis par les nantis. Il répartit les citoyens en quatre classes, non plus d&rsquo;après la naissance mais d&rsquo;après la fortune. Il aurait aussi créé un Conseil de quatre cents membres pour contrebalancer celui de l&rsquo;Aréopage où seules siégeaient les grandes familles. Il aurait enfin institué un tribunal populaire dont les membres étaient choisis dans les quatre classes, ce qui permettait aux pauvres comme aux riches d&rsquo;être représentés. Quelque temps plus tard, les querelles reprirent car, par sa Constitution modérée, Solon n&rsquo;avait satisfait aucun des extrêmes. C&rsquo;est avec lui néanmoins qu&rsquo;Aristote fait commencer la démocratie. Après Solon, l&rsquo;anarchie régna épisodiquement à Athènes jusqu&rsquo;à ce Pisistrate que prenne le pouvoir en s&rsquo;appuyant sur les petits propriétaires de l&rsquo;Attique et les mécontents. Comme dans d&rsquo;autres cités grecques, bien avant Athènes, ce gouvernement dirigé par un seul homme, dont l&rsquo;autorité, au contraire de celle d&rsquo;un roi, ne présente aucun caractère divin, a reçu le nom de tyrannie. Ce terme pourrait provenir d &lsquo;Asie Mineure et n&rsquo;a pas tout de suite revêtu le sens défavorable que nous lui donnons aujourd&rsquo;hui. Bien au contraire, c&rsquo;est sous Pisistratt (561-528) qu&rsquo;Athènes connut son premier essor architectural : un nouveau temple fut construit sur l&rsquo;Acropole pour la déesse Athéna. A la mort de Pisistrate, ses fils Hippias et Hipparque lui succédèrent (528-510). Mais ils n&rsquo;avaient pas l&rsquo;envergure de leur père et les opposants à la tyrannie gagnaient chaque jour des partisans. Hipparque fut assassiné en 51 4 et Hippias dut capituler pour s&rsquo;exiler à la suite de l&rsquo;intervention du roi de Sparte appelé par les aristocrates athéniens (510). L&rsquo;épisode de la tyrannie était clos.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>Le triomphe de la démocratie</strong></span></p>
<p>Le régime aristocratique rétabli par les Spartiates après la chute d&rsquo;Hippias ne put tenir devant la pression des démocrates, qui trouvèrent en Clisthène un chef de grande classe. Ses réformes, menées en 508-507, étaient particulièrement hardies, ce qui justifie pleinement son titre de «père de la démocratie athénienne», dont le souvenir se lit en filigrane dans l&rsquo;émission grecque de 1991. C&rsquo;est lui en effet qui établit un Etat nouveau, laïc, où les privilèges de la naissance ne jouent plus aucun rôle dans la vie politique.</p>
<p>L&rsquo;Attique est divisée en une centaine de circonscriptions appelées dèmes, terme dérivé de <em>dêmos</em>. Cette nouvelle répartition des citoyens ne doit plus rien à la fortune, comme du temps de Solon, mais repose sur une division géographique de l&rsquo;Attique : la ville, la côte et l&rsquo;intérieur, qui fournissent chacune un tiers des membres du nouveau Conseil mis en place par Clisthène. Ce dernier crée également un collège de dix stratèges, à l&rsquo;origine officiers supérieurs, mais qui au cinquième siècle devinrent les magistrats suprêmes de la cité avec les fonctions de ministres des affaires étrangères, responsables du budget de la guerre.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/044.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6745" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/044.jpg" alt="04" width="240" height="154" /></a><span style="color: #800000;"><strong>4</strong></span></p>
<p>La démocratie athénienne au cinquième siècle était une démocratie directe où les citoyens déterminaient, sans l&rsquo;intermédiaire de députés, la politique et le gouvernement de la cité. Elle reposait sur quelques principes fondamentaux : l&rsquo;égalité de tous devant la loi; l&rsquo;accès de tous aux honneurs et aux fonctions publiques par élection ou tirage au sort ; le droit de tous à la parole devant les tribunaux et l&rsquo;assemblée du peuple (ecclésia ). Celle-ci, après s&rsquo;être réunie sur l&rsquo;agora, prit l&rsquo;habitude de se réunir sur la colline de la Pnyx en face de l&rsquo;Acropole. Les marches apparaissent à l&rsquo;angle inférieur droit des timbres grecs de 1927 commémorant le centenaire de la défense de l&rsquo;Acropole par le général français Fabvier (<strong>4</strong>). Pour permettre aux plus pauvres d&rsquo;exercer le pouvoir politique au sein de l&rsquo;ecclésia, Périclès fit accorder à tous des indemnités parlementaires.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/054.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6746" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/054.jpg" alt="05" width="268" height="203" /></a><span style="color: #800000;"><strong>5</strong></span></p>
<p>Périclès a laissé son nom à ce qui fut la période phare de la démocratie athénienne : le «siècle» de Périclès. Il entra dans la politique en 469. Aristocrate, Périclès avait compris que l&rsquo;avenir était entre les mains du parti démocratique. En 463, il brisa la puissance du tribunal aristocratique de l&rsquo;Aréopage. A partir de 461, il fut réélu stratège (<em>voir</em> supra) pendant près de trente ans, fait unique dans l&rsquo;histoire grecque. Les années Périclès feront d&rsquo;Athènes la capitale politique et culturelle d&rsquo;une partie du monde grec. C&rsquo;est la transformation de la ligue de Délos, du nom de cette île des Cyclades dont elle était le siège, en véritable empire colonial dirigé par et pour la cité d&rsquo;Athènes. En effet, les cités versaient un impôt annuel , d&rsquo;abord conservé dans le sanctuaire d&rsquo;Apollon à Délos, puis transporté à Athènes où il fut utilisé pour embellir la ville. C&rsquo;est de fait au milieu du cinquième siècle que furent construits les plus beaux édifices de l&rsquo;Acropole, des Propylées (entrée monumentale) au Parthénon en passant par l&rsquo;Erechthéion (<strong>5</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/065.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6747" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/065.jpg" alt="06" width="132" height="172" /></a><span style="color: #800000;"><strong>6</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/075.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6748" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/075-300x180.jpg" alt="07" width="300" height="180" /></a><span style="color: #800000;"><strong>7</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/085.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6749" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/085-300x216.jpg" alt="08" width="300" height="216" /></a><span style="color: #800000;"><strong>8</strong></span></p>
<p>Un célèbre buste de Périclès est aujourd&rsquo;hui conservé au Musée du Vatican. Ce buste est reproduit sur trois timbres grecs d&rsquo;une série «Art antique» : le premier à 100 drachmes (1954), le second et le dernier exprimés en nouvelle monnaie, à 30 lepta (1955) et 10 l epta (1958-60) (<strong>6</strong>). Sous un autre angle, ce même buste figure sur un timbre du Vatican de 1977 (<strong>7</strong>) et sans doute dans un cachet temporaire de Berlin-Est de 1983 (<strong>8</strong>).</p>
<p>La démocratie directe, à la mode athénienne, n&rsquo;était possible que dans des conditions particulières, celles de petites cités au territoire limité. Elle supposait l&rsquo;esclavage, qui déchargeait les hommes libres des activités prenantes. Autres exclus de la vie politique : les étrangers domiciliés à Athènes (métèques), qui exerçaient des activités artisanales ou commerciales, ainsi que les femmes. Quand l&rsquo;empire athénien, qui par l&rsquo;impôt fournissait les subsides nécessaires à l&rsquo;exercice de la démocratie, s&rsquo;écroula à la fin du cinquième siècle, les pauvres songeaient à assurer leur existence avant tout.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/094.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6750" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/094-300x173.jpg" alt="09" width="300" height="173" /></a><span style="color: #800000;"><strong>9</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/104.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6751" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/104.jpg" alt="10" width="166" height="224" /></a><span style="color: #800000;"><strong>10</strong></span></p>
<p>Le quatrième siècle sonna alors le glas de la démocratie. Paradoxalement, cette période vit naître les premiers ouvrages de réflexion sur le fait politique. Ce fut tout d&rsquo;abord Platon (<strong>9</strong>) qui donna dans la République sa conception de l&rsquo;État idéal, un État dont la Constitution est nettement aristocratique. Son disciple Aristote (<strong>10</strong>) publia en 336, l&rsquo;année même de l&rsquo;avènement de son ancien élève Alexandre le Grand, un traité connu sous le nom de Politique, élaboré à partir des renseignements réunis sur les constitutions de plus de cent cinquante Etats grecs ou barbares. Enfin, vers 329, il publia sa Constitution d&rsquo;Athènes.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/115.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6752" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/115.jpg" alt="11" width="155" height="246" /></a><span style="color: #800000;"><strong>11</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/124.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6753" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/124-194x300.jpg" alt="12" width="194" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>12</strong></span></p>
<p>Une autre grande figure de la vie politique et littéraire grecque domine les années 350-330 : Démosthène, dont le nom même signifie «la force du peuple». Il court sur sa période de formation à l&rsquo;art oratoire quantité d&rsquo;anecdotes plus ou moins sûres. L&rsquo;une d&rsquo;elles en tout cas est restée suffisamment célèbre pour justifier le choix de l&rsquo;illustre orateur par les postes mexicaines en 1974 (<strong>11</strong>). Cette anecdote raconte que, pour s&rsquo;entraîner à parler en public, Démosthène se rendait sur le rivage : il mettait des cailloux dans sa bouche et s&rsquo;efforçait de dominer de la voix le bruit des vagues. Ce récit n&rsquo;est sans doute pas absent du timbre du Mexique qui associe Démosthène et un congrès hispano-américain sur les difficultés d&rsquo;apprendre à lire et à écrire. L&rsquo;orateur athénien figure aussi sur un timbre d&rsquo;Albanie (1974) à travers une tête découverte à Apollonie, cité grecque de la côte illyrienne (<strong>12</strong>).</p>
<p>En 355, Démosthène aborde les affaires de l&rsquo;Etat en intervenant à l&rsquo;Assemblée dans les débats de finances ou de politique extérieure. Mais au nord de la Grèce, une nouvelle puissance grandit. En 351 commence le duel entre Démosthène et Philippe, roi de Macédoine. Par discours interposés, l&rsquo;orateur athénien chercha inlassablement à convaincre ses compatriotes de la menace que les ambitions de Philippe II faisaient peser, non seulement sur Athènes, mais sur la Grèce tout entière. A la tête du parti démocratique anti-macédonien, il lutta, dans un combat inégal, contre l&rsquo;inertie des Athéniens et les intrigues de ses adversaires favorables à Philippe. Ce dernier pourtant fut le plus fort et la défaite des Athéniens à Chéronée (338) devant l&rsquo;armée macédonienne soumettait l a Grèce au puissant royaume du Nord.</p>
<p>A la mort de Philippe, assassiné en 336, Démosthène essaie encore une fois de réveiller le patriotisme des Athéniens, en vain. Alexandre, fils de Philippe, mata rapidement ce sursaut d&rsquo;énergie. Quand Alexandre mourut, en 323, un dernier frisson d&rsquo;espoir souleva les patriotes athéniens mais Antipater, lieutenant d&rsquo;Alexandre, anéantit bientôt les espérances grecques et exigea l&rsquo;abrogation de la Constitution démocratique d&rsquo;Athènes. Une garnison macédonienne s&rsquo;établit au Pirée (322). Pour ne pas être livré au vainqueur, Démosthène s&rsquo;empoisonna.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>La république grecque</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/137.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6754" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/137-300x165.jpg" alt="13" width="300" height="165" /></a><span style="color: #800000;"><strong>13</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/144.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6755" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/144.jpg" alt="14" width="187" height="256" /></a><span style="color: #800000;"><strong>14</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/155.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6756" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/155.jpg" alt="15" width="158" height="184" /></a><span style="color: #800000;"><strong>15</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/162.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6757" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/162.jpg" alt="16" width="225" height="162" /></a><span style="color: #800000;"><strong>16</strong></span></p>
<p>Les Grecs de l&rsquo;Antiquité nommaient leur pays Hellade et eux-mêmes se désignaient par le mot Hellènes. Ce terme ancien a prévalu quand furent émis les premiers timbres-poste du nouveau royaume indépendant en 1861 (<strong>13</strong>). Jusqu&rsquo;en 1965, le mot «Hellas», en caractères grecs seuls, a figuré en légende des timbres grecs, aussi bien pendant la courte période (1924-1935) où la Grèce a vécu sous un régime républicain (<strong>14</strong>) que sous la monarchie restaurée en 1935 (<strong>15</strong>). En 1966 fut adjoint le nom en caractères latins (<strong>16</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/172.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6758" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/172.jpg" alt="17" width="209" height="165" /></a><span style="color: #800000;"><strong>17</strong></span></p>
<p>Depuis 1982, de même que les timbres français portent la légende « République française», les timbres grecs ont abandonné le terme « Hellas », maintenu seulement en caractères latins, pour le remplacer par « Hellenike Demokratia » qui se traduit par «République grecque » (<strong>17</strong>). Cette légende n&rsquo;avait servi qu&rsquo;à une seule reprise, en 1927, pour les trois timbres dédiés à Charles Nicolas Fabvier (voir <strong>4</strong>) qui s&rsquo;illustra dans la guerre d&rsquo;indépendance en défendant Athènes attaquée par les Turcs (1827).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/184.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6759" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/184.jpg" alt="18" width="164" height="226" /></a><span style="color: #800000;"><strong>18</strong></span></p>
<p>En grec moderne, le même mot signifie «démocratie» et « république», comme on le constate sur le timbre émis en 1 984 pour célébrer le retour à la démocratie après les sept années de la dictature des colonels (<strong>18</strong>). Un retour aux sources en somme, quelque 2 500 ans après les débuts de la démocratie athénienne.</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 468 &#8211; Novembre 1992</span></p>

<div class="ratings " data-post="6741">  
  <ul   style="width:60px" title="5.00 / 5">    <li class="rating" style="width:60px">      <span class="average">        5.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
        <li class="s1">          <a title="Give 1 out of 5 stars">1 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s2">          <a title="Give 2 out of 5 stars">2 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s3">          <a title="Give 3 out of 5 stars">3 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s4">          <a title="Give 4 out of 5 stars">4 / 5</a>        </li>      
        
        <li class="s5">          <a title="Give 5 out of 5 stars">5 / 5</a>        </li>      
      </ul>  
</div>

      ]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://timbresmag.fr/2016/02/04/la-democratie-athenienne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
