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	<title>Timbres magazine - Mensuel de la presse philatélique française &#187; Pays G-N</title>
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		<title>Le Dodécanèse</title>
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		<comments>https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Jun 2016 15:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous l’évoquions dans un éditorial, ce nom ne vous est pas forcément familier, il désigne un ensemble d’îles de la mer Egée disputées entre Turquie, Grèce et Italie dont la philatélie retrace les péripéties. &#160; Le Dodécanèse est l’ensemble des îles occupant le sud-est de la mer Egée. La traduction littérale de “Δωδεκανησοζ” (= Dodécanèse)<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/06/03/le-dodecanese/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Nous l’évoquions dans un éditorial, ce nom ne vous est pas forcément familier, il désigne un ensemble d’îles de la mer Egée disputées entre Turquie, Grèce et Italie dont la philatélie retrace les péripéties.</h4>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Dodécanèse est l’ensemble des îles occupant le sud-est de la mer Egée. La traduction littérale de “Δωδεκανησοζ” (= Dodécanèse) est : douze îles, mais ce nom prête un peu à confusion, car l’ensemble est constitué de 14 îles plus ou moins grandes. Ces îles sont Patmos, Lipsos, Leros, Kalymnos, Kos, Nisyros, Tilos (Piscopi pour les Italiens), Khalki, Rhodos, Symi, Karpathos (Scarpanto pour les Italiens), Kassos, Astypalia (Stampalia pour les Italiens) et Kastellorizo. Vers 1900, le nombre d’habitants s’élevait à environ 100 000, la plupart d’origine hellénique.</p>
<p>Depuis 1309, ces îles étaient entre les mains de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, qui, grâce surtout à l’aide vénitienne, put résister aux attaques ottomanes jusqu’en 1522. A cette date, Philippe Villiers de l’Isle-Adam, grand-maître de l’Ordre, doit capituler devant l’armée de Soliman le Magnifique.</p>
<p>La domination ottomane va durer jusqu’en 1912. Cette domination est relativement douce, sauf après la guerre d’indépendance grecque, où la population a pris parti pour la Grèce : il y a alors de sévères représailles.</p>
<p>La prise de pouvoir par les Jeunes-Turcs à Constantinople en 1908 va tout changer : la population locale est contrainte de livrer des contingents pour l’armée ottomane. Cela engendre une émigration massive des jeunes, avec une crise économique comme conséquence.</p>
<p>Mais en 1911, l’Italie a déclaré la guerre à la Turquie, pour la possession des territoires nord-africains de Tripolitaine et de Cyrénaïque. Le 23 avril 1912, l’amiral italien Presbitero débarque à Astypalia, et de là, s’empare de toutes les îles. La conquête italienne du Dodécanèse est achevée le 20 mai 1912.</p>
<p>Le traité d’Ouchy du 18 octobre 1912 accorde les territoires d’Afrique du Nord à l’Italie, mais celle-ci doit rendre le Dodécanèse à la Sublime Porte.</p>
<p>Cependant, les deux guerres balkaniques (1912-1913) et la Première Guerre mondiale (1914-1918), qui sont une succession de défaites pour les Turcs, empêchent cette restitution, et les Italiens restent sur place. Après la guerre, le Dodécanèse est définitivement attribué aux Italiens par le traité de Sèvres du 10 août 1920. Ils vont rester sur place jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Les timbres de la “Communauté des insulaires”</span></strong></p>
<p>Les Italiens ont été bien reçus dans les îles, surtout grâce à la promesse de pouvoir jouir d’une très large autonomie. Dans ce sens, l’amiral Presbitero promet même, le 12 mai 1912, à l’île de Kalymnos un statut qui équivaut à une quasi-indépendance, avec une souveraineté italienne purement nominale.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/013.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8692" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/013-300x105.jpg" alt="01" width="300" height="105" /></a><span style="color: #800000;">1 Mai 1912: les timbres avec la mention “ΚΟΙΝΟΝ ΝΗΣΙΩΤΩΝ”</span></p>
<p>Enchantés, les habitants de l’île projetent l’émission d’une série de timbres : Ils commandent le 21 mai 1912 trois timbres à l’effigie du dieu-soleil Apollon, avec la mention “ΚΟΙΝΟΝ ΝΗΣΙΩΤΩΝ” (= communauté des insulaires) <strong><span style="color: #800000;">1</span></strong>. Mais dès l’arrivée des timbres, le général Ameglio, nommé gouverneur militaire du Dodécanèse, désavoue la proclamation de Presbitero, et il confisque l’ensemble des timbres, afin de les détruire. Cet événement, annihilant tous les espoirs des insulaires, signifie dès le début la fin des bonnes relations entre les habitants et l’occupant italien.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">L’occupation italienne</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/023.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8693" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/023.jpg" alt="02" width="270" height="168" /></a><span style="color: #800000;">2 22 septembre 1912, n°s 1/2 &#8211; Surcharges “EGEO” sur timbres italiens,<br />
pour pouvoir concurrencer les services postaux étrangers.</span></p>
<p>Dès le début de l’occupation, le service postal turc est supprimé et remplacé par la poste italienne, mais les offices postaux russe, français et autrichien continuent à fonctionner. Les timbres italiens de 25 centesimi (tarif d’une lettre pour l’étranger) et de 50 centesimi (tarif pour un envoi recommandé) ont cependant peu de succès : aux bureaux étrangers, ces tarifs sont de 1 et 2 piastres, ce qui revient moins cher au taux de change. C’est pourquoi dès le 22 septembre 1912, les timbres à 25 et 50 centesimi sont surchargés “EGEO” <strong><span style="color: #800000;">2</span> </strong>et vendus eux aussi à 1 et 2 piastres.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/033.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8694" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/033-300x132.jpg" alt="03" width="300" height="132" /></a><span style="color: #800000;">3 1er décembre 1912, nos 1/4 &amp; 6/8 pour chaque île,<br />
nos 1/4 &amp; 7/9 pour Rhodes &#8211; 13 x 7 valeurs surchargées pour chaque île.</span></p>
<p>Dès le 1<sup>er</sup> décembre 1912, sept timbres italiens <strong><span style="color: #800000;">3</span> </strong>sont émis avec une surcharge spécifique pour 13 îles (Kastellorizo n’est pas encore italienne). Les trois plus grosses valeurs sont vendues en dessous de la valeur nominale (le 25c à 20c, le 40c à 35c et le 50c à 40c). Cela favorise la poste italienne par rapport aux bureaux étrangers, où le taux de change moyen est de 1 piastre = 22 centesimi.</p>
<p>Malgré la mention spécifique pour chaque île, chaque timbre surchargé peut être employé dans l’ensemble du Dodécanèse.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/043.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8695" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/043.jpg" alt="04" width="282" height="186" /></a><span style="color: #800000;">4. Début 1916, n° 5 pour chaque île, et 1917, n° 6 pour Rhodes 13 x le timbre de 15 centesimi<br />
surchargé “cent. 20”, et le 20c spécial pour Rhodes.</span></p>
<p>Début 1916, suite à un changement de tarif, un ensemble de timbres de 15 centesimi avec la surcharge “cent. 20” est envoyé dans les îles. Mais à Rhodes, la quantité est insuffisante, et un 20c au type «<em>Floreale</em>» y est spécialement prévu pour pallier ce manque de figurines <strong><span style="color: #800000;">4</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/053.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8696" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/053.jpg" alt="05" width="164" height="180" /></a><span style="color: #800000;">5 1917, n° 9 pour chaque île, n° 10 pour Rhodes 13 x<br />
le nouveau type de 20 centesimi</span></p>
<p>En juin 1917, un nouveau type de 20 centesimi au type «<em>Michetti</em>» est expédié dans les îles <strong><span style="color: #800000;">5</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/063.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8697" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/063.jpg" alt="06" width="265" height="167" /></a><span style="color: #800000;">6 1921-1922, nos 10/11 pour chaque île, </span><br />
<span style="color: #800000;">n° 11/12 pour Rhodes 13 x les nouveaux 20c et 15c.</span></p>
<p>Un nouveau 20 centesimi, cette fois-ci avec filigrane, est envoyé de Rome aux îles, d’abord en 1919 pour Rhodes, et en 1921 pour toutes les autres îles. En avril 1922, il y a eu encore un nouveau 15c pour toutes les îles <strong><span style="color: #800000;">6</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/073.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8698" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/073.jpg" alt="07" width="272" height="164" /></a><span style="color: #800000;">7 1922, nos 13 &amp; 14 de Rhodes Le 85c. spécial pour Rhodes,<br />
et le 1 lire non-émis.</span></p>
<p>Finalement, on trouve encore en septembre 1922 un 85c avec la seule surcharge de Rhodes. Un timbre à 1 lire, avec la surcharge “Rodi”, a été préparé en 1922, mais jamais envoyé au Dodécanèse : il n’a été vendu (pour les collectionneurs&#8230;) qu’à Rome <strong><span style="color: #800000;">7</span></strong>.</p>
<p>Après le traité de Sèvres de 1920, qui accorde définitivement les îles à l’Italie, ce sont les timbres normaux d’Italie qui ont cours dans le Dodécanèse, mais les timbres surchargés peuvent être employés jusqu’à l’épuisement des stocks. Entre 1920 et 1923 il existe donc de nombreux affranchissements mixtes Italie-Dodécanèse.</p>
<p>Les timbres du Dodécanèse restent même pendant longtemps encore disponibles au bureau philatélique de la poste centrale de Rome : c’est pourquoi la plupart des timbres neufs ne sont pas très difficiles à trouver.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Le Dodécanèse territoire italien</span></strong></p>
<p>Le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, confirmant celui de Sèvres de 1920, accorde définitivement le Dodécanèse à l’Italie. L’Italie n’est donc maintenant plus un pays occupant, mais le Dodécanèse devient une partie intégrante du territoire italien.</p>
<p>Il est donc normal qu’à partir de 1923, les timbres italiens normaux soient employés. Les timbres émis par l’Italie à partir de 1929 spécialement pour le Dodécanèse sont donc complètement inutiles et superflus. Ils ne servent qu’à souligner l’importance de l’Italie fasciste comme puissance européenne et coloniale (Afrique du Nord et Afrique orientale).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/08a1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8699" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/08a1-300x205.jpg" alt="08a" width="300" height="205" /></a><span style="color: #800000;">8 1929, n°s 15/23 Timbres avec la mention “Rodi”.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/092.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8700" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/092-300x159.jpg" alt="09" width="300" height="159" /></a><span style="color: #800000;">9 1933, n°s P.A. 28/29 Timbres italiens avec la surcharge “Isole Italiane dell’Egeo”</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/103.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8701" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/103.jpg" alt="10" width="262" height="169" /></a><span style="color: #800000;">10 1933, Timbres avec la mention “Isole Italiane dell’Egeo”</span></p>
<p>Il y a d’abord des timbres avec la mention “Rodi” <strong><span style="color: #800000;">8</span></strong>, ensuite plusieurs séries italiennes avec la surcharge “Isole Italiane dell’Egeo” <strong><span style="color: #800000;">9</span></strong>, plus tard avec ce même texte comme mention normale sur les timbres <strong><span style="color: #800000;">10</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/113.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8702" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/113-300x135.jpg" alt="11" width="300" height="135" /></a><span style="color: #800000;">11 1930, n°s 12/16 pour chaque île, n°s 24/28 pour Rhodes 14 x la série italienne “Ferrucci” surchargée.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/123.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8703" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/123-300x211.jpg" alt="12" width="300" height="211" /></a><span style="color: #800000;">12 1932, nos 17/26 pour chaque île, nos 29/38 pour Rhodes 14 x la série italienne “Garibaldi” surchargée.</span></p>
<p>On émet finalement encore deux séries (“<em>Ferrucci</em>” en 1930 <strong><span style="color: #800000;">11</span> </strong>et “<em>Garibaldi</em>” en 1932 <strong><span style="color: #800000;">12</span></strong>), surchargées avec les noms des 14 îles séparément !</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Les années 1943-1947</span></strong></p>
<p>Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’Italie continue à occuper le Dodécanèse, jusqu’en septembre 1943. Après la chute de Mussolini le 25 juillet 1943, l’entrée en vigueur le 8 septembre 1943 de l’armistice, signé par l’Italie de Badoglio, signifie la fin de l’alliance entre l’Italie et l’Allemagne.</p>
<p>Dès le 11 septembre, l’armée allemande commence à occuper toutes les îles du Dodécanèse, y remplaçant l’Italie, leur ex-allié. Les îles ayant une importance stratégique majeure, les troupes allemandes parviennent à y rester jusqu’à la fin de la guerre, et ce n’est que le 8 mai 1945 qu’elles acceptent de remettre leur capitulation aux forces britanniques, françaises et grecques.</p>
<p>L’autorité militaire britannique va exercer son administration sur les îles jusqu’à la signature du traité de Paris entre l’Italie et les Alliés, le 10 février 1947. Par ce traité, toutes les îles du Dodécanèse sont accordées à la Grèce, qui en prend possession le 31 mars 1947. Un an plus tard, le 7 mars 1948, le Dodécanèse devient officiellement une partie du territoire grec.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/133.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8704" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/133-300x106.jpg" alt="13" width="300" height="106" /></a><span style="color: #800000;">13 1943-1945 : exemples de timbres avec une surcharge à surtaxe émis par les autorités allemandes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/142.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8705" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/142-300x79.jpg" alt="14" width="300" height="79" /></a><span style="color: #800000;">14 octobre 1944 : la seule série de nouveaux timbres, émise par les autorités allemandes.</span></p>
<p>De novembre 1943 à février 1945, les nouvelles autorités allemandes émettent des timbres, toujours à surtaxe, officiellement en faveur de la population locale, en fait surtout destinée à alimenter les caisses de l’armée allemande. Ce sont des surcharges sur des timbres italiens du Dodécanèse. Une seule série de nouveaux timbres est émise, en octobre 1944, pour les sinistrés de la guerre <strong><span style="color: #800000;">13, 14</span></strong>.</p>
<p>A partir de l’hiver 1944-1945, les communications entre les troupes allemandes, en garnison en Crète et dans le Dodécanèse, et l’Allemagne deviennent de plus en plus difficiles. C’est pourquoi les autorités militaires allemandes du Dodécanèse décident de limiter les envois : des timbres de franchise allemands sont surchargés “INSELPOST” (= poste des îles), et chaque militaire reçoit huit vignettes par mois. L’envoi de et vers les îles ne s’effectue pas si la lettre ou le colis ne porte pas la vignette “INSELPOST”, ce qui signifie que, pour recevoir une réponse, il faut envoyer une deuxième vignette au destinataire de la lettre ou du colis.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/151.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8706" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/151-300x58.jpg" alt="15" width="300" height="58" /></a><span style="color: #800000;">15 Fin 1944 : exemples de timbres allemands<br />
de franchise militaire surchargés “INSELPOST”</span></p>
<p>Il y a des surcharges effectuées à Vukovar, à Rhodes, à Zagreb et à l’île de Leros <strong><span style="color: #800000;">15</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/161.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8707" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/161-300x71.jpg" alt="16" width="300" height="71" /></a><span style="color: #800000;">16 1945-1947 : exemples de timbres britanniques surchargés «M.E.F.»</span></p>
<p>Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, c’est l’administration britannique qui dirige le service postal, employant les timbres anglais avec la surcharge “M.E.F.” (= Middle East Forces), qui sont envoyés au Dodécanèse en provenance d’Egypte <strong><span style="color: #800000;">16</span></strong>.</p>
<p>Le 31 mars 1947, l’ensemble du Dodécanèse est restitué à la Grèce, et immédiatement, les timbres préparés en Grèce entrèrent en vigueur : ce sont des timbres d’usage courant de Grèce, avec une surcharge en nouvelles drachmes.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/171.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8708" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/171-300x101.jpg" alt="17" width="300" height="101" /></a><span style="color: #800000;">17 1 &amp; 2 avril 1947, nos 1 &amp; 1a Surcharge “Σ.Δ.Δ” argentée<br />
et rouge sur les timbres surchargés à 10 drachmes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/181.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8709" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/181-300x141.jpg" alt="18" width="300" height="141" /></a><span style="color: #800000;">18 1947, nos 2/7. Autres timbres surchargés “Σ.Δ.Δ”, avec nouvelle valeur.</span></p>
<p>A l’arrivée des premiers timbres, surchargés à 10 drachmes, les milieux militaires grecs, dans un but purement spéculatif, font imprimer une surcharge “Σ.Δ.Δ” (= abréviation grecque de “administration grecque du Dodécanèse”) sur une petite quantité de ces timbres, d’abord en argent (1/4/1947), ensuite en rouge (2/4/1947), et les proposent à la vente à des prix élevés. Pour mettre fin à cette spéculation, Athènes décide d’apposer cette surcharge “Σ.Δ.Δ” sur l’ensemble du tirage. Les six autres valeurs, surchargées en nouvelles drachmes et portant donc l’abréviation “Σ.Δ.Δ”, arrivent dans le Dodécanèse en septembre 1947 <strong><span style="color: #800000;">17, 18</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/191.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8710" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/191.jpg" alt="19" width="168" height="201" /></a><span style="color: #800000;">19 30 avril 1947, nos 8/9. Timbres de deuil du roi Georges II, avec la surcharge “Σ.Δ.Δ”.</span></p>
<p>Le 30 avril 1947, deux timbres de Grèce de 1946 (roi Georges II), sont surchargés localement “Σ.Δ.Δ”, pour commémorer la mort du souverain, survenue le 1<sup>er</sup> avril 1947 <strong><span style="color: #800000;">19</span></strong>.</p>
<p>Dès lors, ce sont évidemment les timbres grecs qui ont cours dans le Dodécanèse. La Grèce commémore le retour de ces îles lointaines avec plusieurs séries.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20a.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8711" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20a.jpg" alt="20a" width="250" height="187" /></a><span style="color: #800000;">20 Kastellorizo</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8712" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20b.jpg" alt="20b" width="236" height="180" /></a><span style="color: #800000;">20 Patmos</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8713" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20c.jpg" alt="20c" width="169" height="245" /></a><span style="color: #800000;">20 Vase égéen</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20d.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8714" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20d.jpg" alt="20d" width="185" height="245" /></a><span style="color: #800000;">20 Costume féminin du Dodécanèse</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8715" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20e.jpg" alt="20e" width="180" height="243" /></a><span style="color: #800000;">20 Emmanuil Xanthos</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20f.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8716" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20f.jpg" alt="20f" width="173" height="242" /></a><span style="color: #800000;">20 Projet des timbres de Kalymnos de 1912</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20g.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8717" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20g.jpg" alt="20g" width="171" height="242" /></a><span style="color: #800000;">20 Voilier et carte de Kassos.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20h.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8718" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20h.jpg" alt="20h" width="174" height="247" /></a><span style="color: #800000;">20  Le colosse de Rhodes.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20i.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8719" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/20i.jpg" alt="20i" width="179" height="244" /></a><span style="color: #800000;">20 Hippocrate. </span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #800000;">1947-1951. Commémoration du retour du Dodécanèse à la Grèce</span></strong></p>
<p>La première, représentant des thèmes du Dodécanèse, est émise à partir du 20 novembre 1947 <strong><span style="color: #800000;">20</span></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/211.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8720" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/211-300x183.jpg" alt="21" width="300" height="183" /></a><span style="color: #800000;">21 Symbole de la perte des îles depuis 1309. Carte et drapeau. 1968, nos 962/963.<br />
20e anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/22.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8721" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/06/22-300x85.jpg" alt="22" width="300" height="85" /></a><span style="color: #800000;">22 1998, nos 1952/1955. 50e anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce</span></p>
<p>Deux séries sont émises en 1968 et en 1998, pour le 20<sup>e </sup>et le 50<sup>e</sup> anniversaire de l’incorporation du Dodécanèse à la Grèce<strong><span style="color: #800000;"> 21, 22</span></strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Guy Coutant</p>

<div class="ratings " data-post="8690">  
  <ul   style="width:60px" title="4.00 / 5">    <li class="rating" style="width:48px">      <span class="average">        4.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
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		<title>Timbres de pénurie en Lettonie</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/05/31/timbres-de-penurie-en-lettonie/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2016/05/31/timbres-de-penurie-en-lettonie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 May 2016 15:12:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Lettonie]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Lors de l’écroulement de l’Empire allemand fin 1918, les Lettons se rendent parfaitement compte qu’il y a une occasion à ne pas manquer, et l’indépendance de la Lettonie est proclamée le 18 novembre 1918. Un gouvernement provisoire, présidé par Karlis Ulmanis, est instauré. La pénurie allait bientôt déboucher sur une émission très insolite&#8230; 1 Proclamation de<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/05/31/timbres-de-penurie-en-lettonie/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Lors de l’écroulement de l’Empire allemand fin 1918, les Lettons se rendent parfaitement compte qu’il y a une occasion à ne pas manquer, et l’indépendance de la Lettonie est proclamée le 18 novembre 1918.<br />
Un gouvernement provisoire, présidé par Karlis Ulmanis, est instauré.<br />
La pénurie allait bientôt déboucher sur une émission très insolite&#8230;</h4>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0116.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8580" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0116.jpg" alt="Pay baltes" width="178" height="227" /></a><span style="color: #800000;">1 Proclamation de l’indépendance, le 18 novembre 1918.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0215.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8581" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0215.jpg" alt="Pay baltes" width="175" height="281" /></a><span style="color: #800000;">2  75e anniversaire de l’indépendance.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0314.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8582" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0314-300x138.jpg" alt="Pay baltes" width="300" height="138" /></a><span style="color: #800000;">3  80e anniversaire de l’indépendance.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0415.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8583" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0415.jpg" alt="Pay baltes" width="298" height="195" /></a><span style="color: #800000;">4  90e anniversaire de l’indépendance</span></p>
<p>La Lettonie allait souvent commémorer par des émissions de timbres-poste la proclamation de son indépendance, le 18 novembre 1918<strong><span style="color: #800000;"> 1 à 4</span></strong>. Les débuts de la jeune république lettonne furent particulièrement pénibles :</p>
<p>Il y eut d’abord une invasion des bolchéviques russes, qui s’emparèrent à la fin de 1918 de Latgale et de la Livonie, et qui occupèrent Riga le 3 janvier 1919. Le nouveau gouvernement letton d’Ulmanis dut se retrancher dans la ville côtière de Liepãja (Libau).</p>
<p>Ulmanis décida de demander le soutien des Allemands, et des unités de l’armée allemande, commandées par le général Rüdiger von der Goltz, parvinrent à chasser les bolchéviques. Riga fut libéré le 23 avril 1919.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0514.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8584" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0514.jpg" alt="Pay baltes" width="223" height="269" /></a><span style="color: #800000;">5 Oskar Kalpaks, l’organisateur de l’armée lettonne (1882-1919).</span></p>
<p>L’organisateur de la jeune armée lettonne fut Oskar Kalpaks  qui s’illustra surtout dans la lutte contre les bolchéviques, aux côtés des Allemands. Il fut tué au combat le 6 mars 1919. <span style="color: #800000;"><strong>5</strong></span></p>
<p>Mais les Allemands de von der Goltz tentèrent ensuite d’éliminer le gouvernement letton et de faire de la Lettonie un territoire allemand. Ils furent battus à la bataille de Wenden, le 23 juin 1919, par les jeunes troupes estoniennes et lettonnes.</p>
<p>Von der Goltz, refusant de renoncer malgré sa défaite, reconstitua un ensemble de corps-francs avec les débris de son armée, et se joignit aux troupes pro-allemandes du général russe anti-bolchévique Pavel Bermondt-Avalov. Ils reçurent l’aide de l’aristocratie lettonne, qui craignait à juste titre de perdre ses privilèges de grands propriétaires fonciers. Finalement, les corps-francs allemands et les troupes de Bermondt-Avalov furent battus fin 1919 par l’amée lettonne, aidée par les marines française et britannique.</p>
<p>Début 1920, l’armée lettonne parvint à refouler définitivement les restants des troupes bolchéviques de son territoire.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0616.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8585" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0616-300x97.jpg" alt="Pay baltes" width="300" height="97" /></a><span style="color: #800000;">6 1919 : timbres russes surchargés pour l’armée de Bermondt-Avalov.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0716.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8586" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0716.jpg" alt="Pay baltes" width="146" height="182" /></a><span style="color: #800000;">7 1919 : timbres lettons surchargés pour l’armée de Bermondt-Avalov.</span></p>
<p>En octobre et en novembre 1919, l’armée de Bermondt-Avalov employa ses propres timbres : c’était des timbres de Lettonie ou de Russie, surchargés d’une croix orthodoxe. <strong><span style="color: #800000;">6 et 7</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0816.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8587" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0816-251x300.jpg" alt="Pay baltes" width="251" height="300" /></a><span style="color: #800000;">8 18 décembre 1919 Recto et verso du premier timbre letton, émis dentelé et non dentelé.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0915.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8588" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0915-215x300.jpg" alt="Pay baltes" width="215" height="300" /></a><span style="color: #800000;">9 Recto d’un fragment de feuille entière du n° 1, imprimé sur carte d’état-major allemande</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1016.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8589" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1016-209x300.jpg" alt="Pay baltes" width="209" height="300" /></a><span style="color: #800000;">10 Verso de ce même fragment de feuille entière du n° 1</span></p>
<p>Pendant ce temps, la jeune république lettonne avait également émis ses premiers timbres, dès le 18 décembre 1918. Comme le papier manquait, les timbres furent imprimés au verso de vieilles cartes d’état-major allemandes. <strong><span style="color: #800000;">8, 9 et 10</span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Imprimés au dos de vieilles cartes</span></strong></p>
<p>Les timbres allaient suivre fidèlement les événements qui se succédaient à un rythme rapide :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1116.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8590" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1116.jpg" alt="Pay baltes" width="162" height="191" /></a><span style="color: #800000;">11 1919, Libération de Riga.</span></p>
<p>Le 15 juin 1919, la libération de Riga fut fêtée par trois timbres. <strong><span style="color: #800000;">11</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1213.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8591" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1213-239x300.jpg" alt="Pay baltes" width="239" height="300" /></a><span style="color: #800000;">12 1919-1920, Premier anniversaire de la proclamation<br />
de l’indépendance de la Lettonie.</span></p>
<p>Entre le 18 novembre 1919 et le 22 janvier 1920, quatre timbres furent émis pour commémorer le premier anniversaire de la déclaration d’indépendance. <strong><span style="color: #800000;">12</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1315.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8592" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1315.jpg" alt="Pay baltes" width="207" height="285" /></a><span style="color: #800000;">13 1919-1920,Libération de Courlande et de Zemgale.</span></p>
<p>Entre le 16 décembre 1919 et le 5 janvier 1920, quatre timbres furent émis pour célébrer la libération de la Courlande et de la Zemgale, après la défaite des troupes de Bermondt-Avalov. <strong><span style="color: #800000;">13</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1415.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8593" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1415-300x77.jpg" alt="Pay baltes" width="300" height="77" /></a><span style="color: #800000;">14 1920, recto et verso &#8211; Réunion des provinces lettonnes.</span></p>
<p>En mars 1920, la Lettonie fêtait la réunion de ses quatre provinces, après la libération de la Latgale. Toujours par manque de papier, ces timbres furent imprimés au verso de planches de billets de banque périmés. <strong><span style="color: #800000;">14</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1516.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8594" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1516-300x290.jpg" alt="Pay baltes" width="300" height="290" /></a><span style="color: #800000;">15 1920, recto et verso &#8211; Timbres pour la Croix-Rouge.</span></p>
<p>Toujours suite à la pénurie de papier, les timbres pour la Croix-Rouge de 1920 furent également imprimés au verso de planches de billets de banque périmés. <strong><span style="color: #800000;">15</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1615.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8595" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1615.jpg" alt="Pay baltes" width="298" height="215" /></a><span style="color: #800000;">16 1919: timbres locaux de Smiltene.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1712.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8596" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1712-300x187.jpg" alt="Pay baltes" width="300" height="187" /></a><span style="color: #800000;">17 1919: timbres locaux d’Eleja.</span></p>
<p>Des timbres locaux eurent cours pendant cette période de troubles et d’incertitudes : d’abord à Smiltene fin mai 1919, ensuite à Eleja en octobre 1919. Il y a cependant des doutes en ce qui concerne le véritable emploi postal de ces derniers (une surcharge sur des timbres fiscaux). On souçonne un accord entre le maître des postes local et un marchand de timbres… <strong><span style="color: #800000;">16 et 17</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/189.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8597" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/189.jpg" alt="Pay baltes" width="177" height="214" /></a><span style="color: #800000;">18 1920, Réouverture du parlement à Riga, en mai 1920.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/198.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8598" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/198.jpg" alt="Pay baltes" width="186" height="233" /></a><span style="color: #800000;">19 2009, Réouverture du parlement à Riga, en mai 1920.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après avoir refoulé les occupants russes et allemands et avoir réuni les provinces lettonnes, le pays pouvait enfin commencer à s’organiser<strong><span style="color: #800000;"> 18 et 19</span></strong>. La paix fut conclue avec l’Allemagne (15 juillet 1920) et avec la Russie (11 août 1920), et les grandes puissances reconnurent le 26 janvier 1921 l’existence de la Lettonie comme république indépendante.</p>
<p>Le 22 septembre 1921, la Lettonie entrait dans la Société des Nations.</p>
<p>Le 15 février 1922, une constitution démocratique fut votée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Guy Coutant</p>
<p>&nbsp;</p>

<div class="ratings " data-post="8579">  
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		<item>
		<title>La Hongrie royaume sans roi la régence de l’amiral Horthy (1920-1944)</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/05/30/la-hongrie-royaume-sans-roi-la-regence-de-lamiral-horthy-1920-1944/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2016/05/30/la-hongrie-royaume-sans-roi-la-regence-de-lamiral-horthy-1920-1944/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 May 2016 13:58:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Hongrie]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Par un traité injuste –le Traité de Trianon de juin 1920– la Hongrie passe de 283 000 km2 à 93 000 km2 et de plus de 18 millions d’habitants à 8 millions. C’est l’amiral Miklós Horthy (1868-1957) qui sera régent de ce royaume sans souverain jusqu’en 1944, tout d’abord partisan de la neutralité puis poussé à l’alliance avec l’Allemagne<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/05/30/la-hongrie-royaume-sans-roi-la-regence-de-lamiral-horthy-1920-1944/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Par un traité injuste –le Traité de Trianon de juin 1920– la Hongrie passe de 283 000 km<sup>2</sup> à 93 000 km<sup>2</sup> et de plus de 18 millions d’habitants à 8 millions. C’est l’amiral Miklós Horthy (1868-1957) qui sera régent de ce royaume sans souverain jusqu’en 1944, tout d’abord partisan de la neutralité puis poussé à l’alliance avec l’Allemagne pour ensuite revenir vers les Alliés.</h4>
<p>Après le départ des Roumains et l’entrée de Horthy à Budapest en novembre 1919, une coalition gouverna la Hongrie, qui était encore toujours une république. Les Alliés étaient farouchement opposés à une restauration du roi Charles IV, et ce point de vue était partagé par la grande majorité du peuple hongrois. Charles IV essaya pourtant à deux reprises de rentrer au pays pour remonter sur le trône, en mars-avril 1921 et en octobre 1921, mais il fut chaque fois refoulé, et il finit ses jours en exil à Funchal en 1922.</p>
<p>Pendant ce temps, les Alliés s’étaient penchés sur le sort de la Hongrie à la conférence de la paix de Paris. Le résultat en était le traité de Trianon, signé le 4 juin 1920. Ce traité était catastrophique pour le pays : la Hongrie passa de 283.000 km<sup>2</sup> à 93.000 km<sup>2</sup> et de plus de 18 millions d’habitants à 8 millions.</p>
<p>Les trois pays grands bénéficiaires du traité étaient :<br />
&#8211; la Tchécoslovaquie, qui recevait au nord la Slovaquie et la Ruthénie.<br />
&#8211; la Roumanie, qui recevait à l’est la plus grande partie de la Transylvanie.<br />
&#8211; l’Etat des Slovènes, des Croates et des Serbes, la future Yougoslavie, qui recevait au sud la Croatie et une grande partie du Bánát.</p>
<p>Ce traité, d’une injustice flagrante, a fortement traumatisé la Hongrie. Il a pendant vingt ans déterminé la politique révisionniste du régime Horthy et entraîné l’opinion publique au nationalisme.</p>
<p>Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, l’irrédentisme sera le dénominateur commun de la société hongroise, et la politique aura comme souci majeur l’obtention de la révision du traité.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0111.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8382" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0111-198x300.jpg" alt="01" width="198" height="300" /></a><span style="color: #800000;">1 Carte maximum de 1930 représentant Miklós Horthy,<br />
régent de Hongrie</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0211.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8383" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0211.jpg" alt="02" width="161" height="143" /></a><span style="color: #800000;">2 1930, n° 426 &#8211; Miklós Horthy.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0311.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8384" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0311.jpg" alt="03" width="171" height="236" /></a><span style="color: #800000;">3 1938, n° 506.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0411.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8385" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0411.jpg" alt="04" width="249" height="183" /></a><span style="color: #800000;">4 1941, n° 570.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/059.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8386" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/059.jpg" alt="05" width="256" height="185" /></a><span style="color: #800000;">5 1943, n° 636 (nouveau filigrane).<br />
Miklós Horthy, régent de Hongrie.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0611.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8387" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0611-300x70.jpg" alt="06" width="300" height="70" /></a><span style="color: #800000;">6 1940, nos 547/549. 20ème anniversaire de la régence de Horthy</span></p>
<p>Le premier souci du nouveau gouvernement était de donner une base solide aux nouvelles institutions. Dès le 1<sup>er</sup> mars 1920, l’assemblée nationale hongroise confirmait le rétablissement de la monarchie, mais, ne voulant en aucun cas le retour des Habsbourg, elle nomma l’amiral Miklós Horthy (1868-1957)<strong><span style="color: #800000;"> 1, 2, 3, 4, 5 et 6</span></strong> régent d’un “royaume sans roi”. Le 6 novembre 1921, une loi fut votée excluant définitivement les Habsbourg du trône, et Horthy allait rester régent de Hongrie jusqu’à la fin de 1944.</p>
<p>Horthy eut la chance de pouvoir compter pendant dix ans sur un excellent premier ministre, István Bethlen (1874-1946), chef du gouvernement hongrois d’unité nationale de 1921 à 1931. Bethlen parvint à donner une grande stabilité à la Hongrie après les années mouvementées de 1914 à 1920, et il redressa l’économie et les finances. Pour rendre le redressement monétaire efficace, il remplaça la couronne hongroise fortement dévaluée par une nouvelle monnaie, le pengö.</p>
<p>Il est étonnant que ce grand serviteur de l’Etat, qui fut finalement exécuté à Moscou en 1946, n’ait pas encore reçu l’honneur d’un timbre-poste en Hongrie!</p>
<p>La crise économique qui frappa le monde entier à partir de 1929 provoqua la chute de Bethlen. Son successeur le plus important fut Gyula Gömbös, premier ministre de 1932 à 1936.</p>
<p>Celui-ci, malgré la neutralité officielle de la Hongrie, effectua progressivement un virage à droite, cherchant auprès de Mussolini et de Hitler le soutien qu’il ne trouvait pas ailleurs, pour obtenir la révision du traité de Trianon.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Tout le drame de la Hongrie</span></strong></p>
<p>Ici se situe tout le drame de la Hongrie de Horthy : alors que Hitler essayait de se concilier la Hongrie dans le cadre de sa politique expansionniste, Horthy restait partisan de la neutralité et voulait seulement le soutien du fascisme et du nazisme pour obtenir les rectifications de frontières après le draconien traité de Trianon.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0712.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8388" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0712-300x273.jpg" alt="07" width="300" height="273" /></a><span style="color: #800000;">7a 1947, n° 867</span><br />
<span style="color: #800000;">7b 1955, n° 1181</span><br />
<span style="color: #800000;">7c 1980, n° 2725</span><br />
<span style="color: #800000;">7d 2005, n° 4059 Attila József</span></p>
<p>Pendant la régence de Horthy, la « pensée unique nationale-chrétienne » avait la faveur de l’Etat et de l’Eglise. Mais une fois de plus, de nombreux intellectuels, écrivains et poètes ruèrent dans les brancards et formèrent un courant appelé populiste, qui était animé par le souci d’attirer l’attention sur le problème social de la déplorable condition paysanne. Un des chefs de file de cette littérature d’opposition était le poète révolutionnaire et anarchiste Attila József (1905-1937).<strong><span style="color: #800000;"> 7a à 7d</span></strong></p>
<p>Après le décès de Gömbös en 1936, ses successeurs (Kálmán Darányi de 1936 à 1938 et Béla Imrédy de 1938 à 1939) continuèrent le glissement vers l’Allemagne, et l’on assista à l’adoption des premières lois antisémites. Les mouvements fascistes prenaient de l’ampleur, comme le mouvement des Croix Fléchées de Ferenc Szálasi.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0811.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8389" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0811-300x176.jpg" alt="08" width="300" height="176" /></a><span style="color: #800000;">8a et 8b 1938, nos 504/505. Retour des territoires du Nord.<br />
La surcharge “Hazatérés” signifie “retour au bercail”</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0911.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8390" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/0911-300x260.jpg" alt="09" width="300" height="260" /></a><span style="color: #800000;">9 a à 9e 1939, nos 519/523. Premier anniversaire<br />
du retour des territoires du Nord.</span></p>
<p>Après les accords de Munich de fin septembre 1938, l’arbitrage germano-italien redonna le 2 novembre 1938 une partie des territoires du Nord à la Hongrie, au détriment de la Tchécoslovaquie, et au moment de la décomposition de la Tchécoslovaquie en mars 1939, la Hongrie put récupérer la Ruthénie. <strong><span style="color: #800000;">8a, 8b et 9a 9e</span></strong></p>
<p>Le 30 août 1940, l’arbitrage germano-italien permit à la Hongrie de récupérer une grande partie de la Transylvanie au détriment de la Roumanie, qui reçut d’autres compensations.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1011.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8391" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1011.jpg" alt="10" width="251" height="190" /></a><span style="color: #800000;">10 1940, n° 558. Retour de la Transylvanie.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1112.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8392" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1112-300x125.jpg" alt="11" width="300" height="125" /></a><span style="color: #800000;">11a à 11c 1940, nos 559/561. Retour de la Transylvanie</span></p>
<p>Cela n’était évidemment pas gratuit : Hitler demandait en contrepartie à la Hongrie une participation toujours plus active dans l’effort de guerre aux côtés de l’Allemagne. <strong><span style="color: #800000;">10 et 11a à 11c</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/129.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8393" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/129.jpg" alt="12" width="208" height="266" /></a><span style="color: #800000;">12 1991, n° 3322. Pál Teleki.</span></p>
<p>Hitler ayant en avril 1941 attaqué la Yougoslavie, il demanda un soutien militaire beaucoup plus efficace à la Hongrie. L’intègre et lucide Pál Teleki (1879-1941) <strong><span style="color: #800000;">12</span></strong>, premier ministre depuis 1939, préféra se suicider le 3 avril 1941 plutôt que d’entériner la violation du pacte d’amitié qui existait entre la Hongrie et la Yougoslavie.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1310.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8394" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1310-300x185.jpg" alt="13" width="300" height="185" /></a><span style="color: #800000;">13a et 13b 1941, nos 568/569. Retour des territoires </span><br />
<span style="color: #800000;">du Sud (“Visszatér” signifie “le retour”).</span></p>
<p>Le successeur de Teleki, László Bárdossy, eut moins de scrupules : Il aligna sa politique sur celle de l’Allemagne nazie, et le 26 juin 1941, la Hongrie déclara la guerre aux Alliés. En contrepartie la Hongrie récupéra en avril 1941 un nouveau morceau de territoire au Sud, au détriment de la Yougoslavie.<strong><span style="color: #800000;"> 13a et 13b</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1410.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8395" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1410-300x126.jpg" alt="14" width="300" height="126" /></a><span style="color: #800000;">14a et 14b 1942, P.A. n° 57 1943, P.A. n° 57.<br />
Timbres de deuil pour István Horthy.</span></p>
<p>Les réticences de Horthy et de Miklós Kállay, le nouveau premier ministre de 1942 à 1944, étaient cependant grandes envers Hitler, mais la Hongrie était prise dans un engrenage fatal qui allait la conduire au désastre. Les réticences augmentèrent encore après les premiers échecs militaires de Hitler. Déjà en 1942, Horthy laissa son fils, le vice-régent István Horthy, prendre contact avec les Alliés, mais les Allemands eurent vent du double jeu hongrois. István Horthy périt le 20 août 1942 dans un accident d’avion, que l’on suppose avoir été un attentat organisé par les nazis. <strong><span style="color: #800000;">14a et 14b</span></strong></p>
<p>A partir de 1943, Horthy et Kállay cherchèrent de plus en plus l’ouverture vers les Alliés. Hitler, voulant mettre fin à cette attitude équivoque, laissa l’armée allemande occuper la Hongrie le 19 mars 1944.</p>
<p>Depuis lors, Horthy se tourna résolument contre Hitler, et demanda un armistice avec les Russes en octobre 1944. Hitler le destitua de toutes ses fonctions, et le fit arrêter le 15 octobre 1944.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1511.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8396" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1511.jpg" alt="15" width="235" height="178" /></a><span style="color: #800000;">15 1945, n° 676. Endre Kálmán Bajcsy-Zsilinszky.</span></p>
<p>Le fasciste Ferenc Szálasi, leader des “Croix Fléchées” prit – ou plutôt reçut – le pouvoir. Ce furent quelques mois d’une période extrêmement sombre pour la Hongrie : déportation massive des juifs hongrois, représailles, et terreur. Une des victimes les plus marquantes de cette terreur fut Endre Kálmán Bajcsy-Zsilinszky (1866-1944), un des principaux leaders anti-nazis. <strong><span style="color: #800000;">15</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1610.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8397" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/1610-300x216.jpg" alt="16" width="300" height="216" /></a><span style="color: #800000;"> 2003, n° 3876. A la mémoire des soldats<br />
hongrois pendant l’hiver 1942-1943</span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;"><span style="color: #003366;"><strong>Une très forte inflation</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01a.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8401" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01a.jpg" alt="Enca01a" width="136" height="161" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8400" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01.jpg" alt="Enca01" width="139" height="164" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8402" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca01b.jpg" alt="Enca01b" width="207" height="138" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8403" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca02.jpg" alt="Enca02" width="203" height="141" /></a><strong><span style="color: #003366;">1920-1923 : l’amiral Horthy ayant été nommé régent du royaume<br />
(une royauté officielle, mais qui resta toujours sans souverain), une nouvelle série fut émise portant<br />
la légende MAGYAR KIR. POSTA (poste royale hongroise)<br />
puisque la république avait été abolie et la royauté rétablie !</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8404" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03.jpg" alt="Enca03" width="138" height="164" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03a.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8405" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03a.jpg" alt="Enca03a" width="138" height="164" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03b.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8406" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca03b-300x208.jpg" alt="Enca03b" width="300" height="208" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca04.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8407" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca04.jpg" alt="Enca04" width="204" height="144" /></a><strong><span style="color: #003366;">1923-1924 : l’inflation étant galopante, il fallut se résoudre à émettre<br />
une nouvelle série avec des valeurs faciales plus élevées.</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca06a.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8410" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca06a.jpg" alt="Enca06a" width="136" height="161" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca05.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8408" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca05.jpg" alt="Enca05" width="141" height="164" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca06.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8409" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/05/Enca06.jpg" alt="Enca06" width="202" height="139" /></a><strong><span style="color: #003366;">1924: la très forte inflation nécessita une ultime série, avec des valeurs faciales<br />
encore plus élevées. En même temps, un nouveau filigrane fut introduit.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Guy Coutant</p>

<div class="ratings " data-post="8381">  
  <ul   style="width:60px" title="5.00 / 5">    <li class="rating" style="width:60px">      <span class="average">        5.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
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		<title>La Macédoine antique</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/03/31/la-macedoine-antique/</link>
		<comments>https://timbresmag.fr/2016/03/31/la-macedoine-antique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2016 12:58:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Macédoine]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Seul des quinze pays de l&#8217;Union européenne, la Grèce refuse de reconnaître la République de Macédoine ex-yougoslave. Car elle s&#8217;estime unique dépositaire historique du nom de Macédoine et entend le faire savoir. Jusqu&#8217;à utiliser la philatélie comme messager. A la fin de l &#8216;année 1993, une flamme à impression continue &#8211; longtemps en service &#8211;<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/03/31/la-macedoine-antique/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Seul des quinze pays de l&rsquo;Union européenne, la Grèce refuse de reconnaître la République de Macédoine ex-yougoslave. Car elle s&rsquo;estime unique dépositaire historique du nom de Macédoine et entend le faire savoir. Jusqu&rsquo;à utiliser la philatélie comme messager.</h4>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/0111.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7272" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/0111-300x87.jpg" alt="01" width="300" height="87" /></a>A la fin de l &lsquo;année 1993, une flamme à impression continue &#8211; longtemps en service &#8211; oblitère le courrier au départ de Thessalonique, capitale de la province grecque de Macédoine, proclamant en anglais : « Macedoni Greece 4000 years/of hellenic civilisation» (La Macédoine, Grèce, 4 000 ans de civilisation grecque) (<strong>1</strong>).</p>
<p>La Macédoine moderne est, depuis les guerres balkaniques de 1912-1913, répartie politiquement entre trois pays : la Grèce en détient 50 %, l&rsquo;ex-République yougoslave 30 % et la Bulgarie 20 %. Dans l&rsquo;Antiquité, la Macédoine, avant le IVe siècle av. J.-C., forme un territoire mal délimité au nord de la Thessalie. Ses habitants sont alors considérés comme des barbares, c&rsquo;est-à-dire des peuples qui ne parlent pas grec. Au VIIe siècle, la Macédoine est unifiée autour de sa capitale Aigai. Ce qui n&rsquo;empêche pas les Grecs de fonder des colonies sur les côtes. Des colons de Chalcis (île d&rsquo;Eubée) s&rsquo;installent dans la triple péninsule à laquelle ils donneront le nom de leur métropole : la Chalcidique. Citons aussi Abdère, patrie du philosophe Démocrite auquel on doit la conception atomiste de l&rsquo;univers. Un timbre grec de 1959 montre une monnaie de cette cité grecque, datée du Ve siècle av. J.-C.</p>
<p>C&rsquo;est à cette époque que la Macédoine se constitue en Etat fort sous l&rsquo;autorité de rois énergiques. Archélaos (413-399) se montre grand organisateur. Il déplace la capitale du royaume d&rsquo;Aigai à Pella, à l&rsquo;ouest de Thessalonique, dont il fait un centre administratif et culturel de première importance. Afin de se faire reconnaître définitivement comme Grecs &#8211; les historiens modernes sont généralement d&rsquo;accord sur l&rsquo;idée que les Macédoniens étaient des Indo-Européens comme les Grecs auxquels ils étaient apparentés -, Archélaos et ses successeurs invitent à leur cour hommes de lettres et artistes renommés.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/029.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7273" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/029.jpg" alt="02" width="193" height="244" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/038.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7274" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/038-300x215.jpg" alt="03" width="300" height="215" /></a></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/049.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7275" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/049.jpg" alt="04" width="182" height="251" /></a>Si, aujourd&rsquo;hui, les ruines de cette nouvelle capitale ne sont guère impressionnantes, il en va tout autrement des pavements en mosaïque conservés au Musée archéologique. Un détail de l&rsquo;une de ces mosaïques a été reproduit sur un timbre grec de 1970 (<strong>2</strong>). On y voit un jeune homme s&rsquo;apprêtant à frapper un coup d&rsquo;épée. La scène complète montre une chasse au lion et pourrait représenter Cratéros (à droite) sauvant  son ami Alexandre le Grand (à gauche) (<strong>3</strong>). Cette mosaïque en galets polychromes date de la fin du IVe siècle, ce qui en fait l&rsquo;une des plus anciennes que nous connaissons. Une autre scène de chasse, au cerf cette fois, est l &lsquo;un des motifs d&rsquo;une série de sept timbres émise par la Grèce le 17 juillet 1992 (<strong>4</strong>). Signée par son auteur, Gnosis, cette mosaïque est datée d&rsquo;environ 300 av. J.-C.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Le soleil de la discorde</strong></span></p>
<p>Emise un an après l&rsquo;accession à l&rsquo;indépendance de la République de Macédoine (1991), la série illustre l&rsquo;apport culturel de la Macédoine antique considérée comme partie intégrante du territoire grec. Toutes les valeurs comportent le soleil de la dynastie macédonienne, dont les plus célèbres représentants seront Philippe II et son fils Alexandre le Grand. Ce symbole a été retrouvé sous diverses formes dans des tombes macédoniennes : sur des boucliers miniatures décorant des objets et sur un bouclier peint sur les murs de la tombe.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/05-07.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7276" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/05-07-300x144.jpg" alt="05-07" width="300" height="144" /></a>L&rsquo;exemple le plus éclatant provient des fouilles de la nécropole royale de Vergina. Jusqu&rsquo;au IIIe siècle av. J.-C., les rois de Macédoine étaient ensevelis dans la nécropole d&rsquo;Aigai, l&rsquo;ancienne capitale. Mais après le pillage des tombeaux par les Galates &#8211; une peuplade celtique d&rsquo;Asie mineure &#8211; en 274-273, il fut décidé de transférer à Vergina les tombeaux endommagés. En 1977-1978, Manolis Andronicos, professeur d&rsquo;archéologie classique à l&rsquo;Université de Thessalonique, entreprit de fouiller le site. Il y découvrit une tombe voûtée comme c&rsquo;était la coutume dans les sépultures macédoniennes. Passé une porte d&rsquo;entrée surmontée d&rsquo;une fresque ornée de scènes de chasse au sanglier et au lion, on pénétrait dans une première chambre funéraire. On y trouva un sarcophage en marbre contenant un coffret en or qui enfermait les ossements d&rsquo;une femme. A côté, une couronne en or de feuilles et de fleurs de myrte, un carquois recouvert d&rsquo;une plaque d&rsquo;or décorée de scènes en relief représentant sans doute la prise de Troie par les Grecs, une paire de jambières en bronze doré. Un des timbres de 1992 reproduit, d&rsquo;après photo, la partie de l&rsquo;antichambre qui vient d&rsquo;être décrite, à laquelle on a adjoint le portrait de M. Andronicos (<strong>5</strong>). Déjà en 1979, les découvertes archéologiques de Vergina avaient donné lieu à l&rsquo;émission de sept timbres parmi lesquels l&rsquo;un montre la couronne (<strong>6</strong>) et un autre un détail du décor du carquois (<strong>7</strong>).</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Une tombe d&rsquo;une incroyable richesse</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/08-10.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7277" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/08-10-300x116.jpg" alt="08-10" width="300" height="116" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/11-12.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7278" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/11-12-300x174.jpg" alt="11-12" width="300" height="174" /></a>De l&rsquo;antichambre, on passait par une porte de marbre dans la pièce principale, un carré de 4,46 mètres de côté. Dans un coin ont été découverts des vases et des armes en bronze, dans un autre des vases en argent dont un pichet orné d&rsquo;un Silène (compagnon de Dionysos) barbu et chevelu. Ce vase figure sur un timbre de 1979 (<strong>8</strong>), alors qu&rsquo;un autre montre une lanterne en bronze ajouré à l&rsquo;intérieur de laquelle on suspendait une lampe à huile (<strong>9</strong>). On peut encore mentionner une cuirasse constituée de plaques de fer revêtues de cuir et de tissu. Trois bandes d&rsquo;or et des têtes de lion du même métal la décoraient (<strong>10</strong>) : ce devait être la cuirasse du défunt dont les restes enveloppés dans une étoffe de pourpre étaient conservés dans une deuxième urne funéraire en or insérée dans un sarcophage de marbre. Ce coffret était fermé par un couvercle orné de l&rsquo;emblème dynastique, le soleil rayonnant, visible sur le timbre de 1979 (<strong>11</strong>). Devant le sarcophage ont été retrouvés des restes de figurines en ivoire et en or provenant d &lsquo;un mobilier. Une minuscule tête en ivoire, haute de 2 centimètres, représente une tête d&rsquo;homme barbu qui pourrait être celle du roi Philippe II (<strong>12</strong>). Une autre tête représenterait Alexandre et une troisième Olympias, sa mère, dont le premier sarcophage contenait vraisemblablement les restes. Car, pour M. Andronicos, la richesse des découvertes effectuées dans cette tombe conduit à conclure «<em> qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la tombe de Philippe II, car aucun autre roi n&rsquo;est mort en Macédoine entre 350 et 325 </em>», datation obtenue par l&rsquo;examen de la tombe.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/139.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7279" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/139-300x226.jpg" alt="13" width="300" height="226" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/148.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7280" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/148.jpg" alt="14" width="184" height="259" /></a>Aux yeux des Grecs, le soleil macédonien est donc bien la propriété de la Macédoine grecque. Or, et c&rsquo;est là l&rsquo;objet de la controverse, la toute récente République de Macédoine a émis en 1992 trois timbres montrant le drapeau du nouvel Etat, rouge frappé en son centre du soleil rayonnant (<strong>13</strong>). Dès 1990, la Grèce avait voulu faire sien ce symbole en le portant au revers de nou­velles pièces de 100 drachmes, auxquelles fait écho un des timbres de 1992 associant une monnaie macédonienne antique au soleil à dix-huit branches de la dynastie des Argéades (<strong>14</strong>). Sur ce point, il semblerait que Skopje ait fait un pas pour calmer la colère d&rsquo;Athènes en s&rsquo;engageant à abandonner ce symbole.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>L&rsquo;ambition du roi Philippe</strong></span></p>
<p>Avant le transfert de la capitale du royaume de Macédoine à Pella, les Macédoniens n&rsquo;ont joué qu&rsquo;un rôle secondaire dans l&rsquo;histoire hellénique. Une nouvelle période s&rsquo;ouvre ensuite qui verra la Macédoine supplanter une Grèce désunie à la fin du Ve siècle, quand Athènes sort vaincue de la guerre du Péloponnèse qui l&rsquo;a opposée à sa rivale de toujours, Sparte. Le IVe siècle débute dans le royaume du nord par une longue suite d&rsquo;assassinats et de défaites militaires. Mais en 359, Philippe, âgé seulement de vingt-trois ans, devient régent du royaume au nom de son neveu, trop jeune pour gouverner. Il impose si rapidement son autorité que trois ans plus tard, en 356, il se proclame roi. Commence alors un règne de vingt ans à l&rsquo;issue duquel l&rsquo;emprise de la Macédoine sur la Grèce sera consommée.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/155.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7281" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/155-300x229.jpg" alt="15" width="300" height="229" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/165.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7282" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/165.jpg" alt="16" width="181" height="256" /></a>Pour assouvir son ambition, Philippe doit tout d&rsquo;abord faire de son royaume un Etat puissant, bien organisé au plan intérieur et disposant d&rsquo;une armée solide, dont la phalange est le fer de lance. Il peut ainsi repousser ses voisins ou annexer leur territoire, comme le district aurifère du mont Pangée, en Thrace, qui sera la source essentielle de son revenu. Formé à la culture grecque pendant une captivité à Thèbes, Philippe n&rsquo;a de cesse de poursuivre l&rsquo;hellénisation de la Macédoine et des régions nouvellement conquises : il démentait en cela l&rsquo;orateur athénien Démosthène &#8211; le plus célèbre adversaire politique de Philippe &#8211; dont les discours enflammés, appelés« philippiques», dépeignaient le souverain macédonien comme un ennemi de la Grèce. Afin de surveiller les mines du Pangée, il conquiert en 356 une ancienne ville de la Macédoine thrace à laquelle il donne son nom, Philippes. Les postes grecques ont émis en 1987 un timbre associant le théâtre de cette cité et la comédienne Hélène Papadakis jouant Hécube dans la tragédie éponyme d&rsquo;Euripide (<strong>15</strong>). C&rsquo;est à Philippes que l&rsquo;apôtre saint Paul fonda une des premières communautés chrétiennes d&rsquo;Europe, à laquelle il adressa sa fameuse Epître aux Philippiens. D&rsquo;où sa présence sur un timbre de 1992 (<strong>16</strong>).</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Concurrencer les Perses et les Grecs</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/175.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7283" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/175.jpg" alt="17" width="200" height="235" /></a>Les bénéfices que Philippe tirait de l&rsquo;exploitation des mines lui permettaient de battre monnaie et de concurrencer sur ce terrain les Perses et les Grecs. Deux monnaies en argent de Philippe ont fait l&rsquo;objet de timbres, l&rsquo;un grec et l&rsquo;autre bulgare. Emis en 1956 au profit de l&rsquo;Association des études macédoniennes, le premier est un timbre de bienfaisance apposé en sus de l&rsquo;affranchissement sur le courrier interne à la Macédoine (<strong>17</strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/185.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7284" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/185.jpg" alt="18" width="193" height="211" /></a>On y voit Zeus de profil et la légende «Philippos». Le second date de 1967 et montre un cavalier macédonien, la main droite levée, avec dans le champ l&rsquo;inscription « Philippou » : (monnaie) de 27 Philippe (<strong>18</strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/194.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7285" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/194.jpg" alt="19" width="236" height="200" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/203.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7286" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/203.jpg" alt="20" width="217" height="272" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/212.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7287" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/212.jpg" alt="21" width="199" height="243" /></a>A l&rsquo;instar de ses prédécesseurs, le roi éclairé, et décidément philhellène, sait s&rsquo;entourer des meilleurs poètes, artistes ou philosophes grecs tels le peintre Apelle, portraitiste d&rsquo;Alexandre le Grand, ou le philosophe Aristote qu&rsquo;il a chargé de l&rsquo;éducation de son fils, âgé de treize ans. Ce que nous rappelle une autre valeur de 1992 rapprochant un portrait de l&rsquo;illustre philosophe et une carte de la province grecque de Macédoine (<strong>19</strong>). Il est vrai qu&rsquo;Aristote y était né, en 384, à Stagire dans la péninsule de Chalcidique, comme l&rsquo;avait indiqué un des timbres commémorant en 1978 les deux mille trois cents ans de la mort d&rsquo;Aristote (322). Un cercle rouge localise la patrie du fondateur à Athènes du Lycée, sorte d&rsquo;institut supérieur de philosophie et des sciences (<strong>20</strong>). Le timbre reproduit en outre une inscription épigraphique disant qu&rsquo;« Alexandre fit élever ce portrait du divin Aristote, fils de Nicomaque, fontaine de toute sagesse». Cette inscription, trouvée à Athènes fournit la preuve qu&rsquo;une statue d&rsquo;Aristote, aujourd&rsquo;hui perdue, fut dédiée à son maître par l&rsquo;élève reconnaissant. Un second timbre de bienfaisance de 1956 offre un profil du philosophe (<strong>21</strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/222.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7288" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/222.jpg" alt="22" width="278" height="158" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/232.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7289" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/232.jpg" alt="23" width="294" height="166" /></a>En 336, Philippe II est assassiné. Alexandre, son fils aîné, n&rsquo;a que vingt ans quand il monte sur le trône de Macédoine. Sa mère, Olympias, fille du roi d&rsquo;un peuple d&rsquo;Epire (au sud-ouest de la      Macédoine) n&rsquo;est peut-être pas étrangère à la mort de son époux qui lui a préféré Cléopâtre, fille d&rsquo;un des généraux de Philippe. Par sa mère, Alexandre se réclamait du bouillant Achille, héros de la guerre de Troie. Par son père, il se disait descendre d&rsquo;Héraclès, fils de Zeus. Des monnaies datant de son règne (336-323) montrent le jeune homme coiffé d&rsquo;une peau de lion, à la manière de son divin ancêtre. Voyez par exemple celles reproduites sur des timbres de Chypre de 1966 ou de Grèce de 1959 et 1963 (<strong>22 et 23</strong>) : l&rsquo;avers est orné de la tête d&rsquo;Alexandre tandis qu&rsquo;au revers siège zeus.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/242.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7290" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/242.jpg" alt="24" width="246" height="175" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/251.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7291" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/251-257x300.jpg" alt="25" width="257" height="300" /></a>Une pareille lignée engageait Alexandre III, qui sera bientôt surnommé le Grand, sur le projet grandiose de bâtir un empire universel, le plus vaste que l&rsquo;Antiquité ait connu avant les Romains. Décidé à attaquer les Perses, éternels ennemis de la Grèce depuis. Marathon et Salamine, sur leur propre, territoire, Alexandre quitte Pella en 334 pour une expédition qui durera douze ans et conduira l&rsquo;armée macédonienne jusqu&rsquo;aux rives de l&rsquo;Indus. Après avoir remporté une première victoire sur les Perses, dès l&rsquo;été 334, Alexandre bat l&rsquo;année suivante le roi perse Darios III à Issos, en Cilicie (sud de la Turquie). Une &#8211; célèbre mosaïque de sol, aujourd&rsquo;hui conservée au Musée archéologique de Naples, évoque cette bataille. Réalisée dans la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C., elle décorait la maison du Faune à Pompéi et reproduisait un tableau peint par Philoxénos d&rsquo;Erétrie à la fin du IVe siècle. Un détail a été repris sur un timbre de la série « Macédoine » : Alexandre, tête nue, chevauche Bucéphale (<strong>24</strong>). C&rsquo;est le roi Darios sur son char qui a été choisi pour illustrer un timbre du Mali émis en 1974 (<strong>25</strong>).</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Alexandre sur le chemin de l&rsquo;Egypte</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/261.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7292" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/261.jpg" alt="26" width="184" height="271" /></a></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/271.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7293" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/271.jpg" alt="27" width="265" height="175" /></a>Le Musée archéologique d&rsquo;Istanbul conserve un sarcophage en marbre sculpté par un Grec d&rsquo;Ionie, sur la côte occidentale de la Turquie, peu après 333. Trouvé en 1855 dans la nécropole royale de Sidon (aujourd&rsquo;hui Sayda au Liban), ce sarcophage, dit d&rsquo;Alexandre, représente également des scènes de la bataille d&rsquo;Issos qui libéra la cité phénicienne du joug perse. Les postes helléniques ont reproduit des détails de la décoration de ce sarcophage sur un timbre de la série Histoire de 1937-1938 (<strong>26</strong>), dont un gros plan apparaît en 1968 (<strong>27</strong>). Le conquérant macédonien, coiffé d&rsquo;une tête de lion, écrase avec son cheval un soldat perse.</p>
<p>En 332, Alexandre conquiert la Palestine en enlevant Tyr après un siège de sept mois. Il s&rsquo;empare de Gaza et pousse jusqu&rsquo;en Egypte où il est accueilli en libérateur. Il rend visite à l&rsquo;oracle du dieu Amon qui le proclame son fils, légitimant ainsi l&rsquo;ambition du jeune souverain. A la fin de l&rsquo;année, il fonde Alexandrie d&rsquo;Egypte, première d&rsquo;une longue série de villes qui jalonneront la conquête asiatique d&rsquo;Alexandre. Selon l&rsquo;historien grec Plutarque, Alexandre a fondé plus de soixante-dix villes qui sont autant de relais pour la diffusion de l&rsquo;hellénisme dans ces contrées «barbares». La moitié d&rsquo;entre elles sont identifiées à ce jour, dont vingt ont pour nom Alexandrie.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/281.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7294" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/281-300x136.jpg" alt="28" width="300" height="136" /></a></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/291.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7295" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/291-300x99.jpg" alt="29" width="300" height="99" /></a>Le bureau français installé dans le port égyptien en 1830 permet à travers son courrier d&rsquo;évoquer le passage du conquérant macédonien. A partir de 1902, le bureau fut doté de timbres aux types Blanc, Mouchon et Merson portant la mention «Alexandrie», telle cette lettre recommandée du 5 novembre 1919 à destination de Paris (<strong>28</strong>). Le bureau fut fermé le 31 mars 1931 mais le paquebot Alexandrie de la compagnie des Messageries maritimes, a oblitéré le 50 c Semeuse lignée affranchissant une lettre pour Montélimar (<strong>29</strong>). Ce paquebot joignait Marseille à Beyrouth via Alexandrie et Port-Saïd en Egypte, et Jaffa en Palestine. Sous le nom d&rsquo;Alexandre &#8211; les personnages mythiques ou historiques de l&rsquo;Antiquité gréco-romaine étaient alors fréquemment choisis pour baptiser des navires -, un autre paquebot de cette compagnie a sillonné la Méditerranée de 1851 à 1861. Il disposait lui aussi d&rsquo;une agence postale embarquée.</p>
<p>Une fois parvenu aux portes de l&rsquo;Inde, Alexandre dut, sous la pression de ses soldats désireux de rejoindre leur patrie &#8211; nous sommes en 326 et cela fait neuf ans que l&rsquo;expédition a quitté la Macédoine &#8211; engager ses troupes sur le chemin du retour. Parvenu à Babylone en 323, le jeune roi succomba à une attaque de malaria. En Orient comme en Occident, la renommée d&rsquo;Alexandre prit dès sa mort des proportions inouïes. Il devint un héros quasi mythique capable d&rsquo;accomplir les exploits les plus invraisemblables. D&rsquo;où une floraison d&rsquo;images et de récits. En émettant le 23 juillet 1977 &#8211; 2 300 ans après la mort du divin conquérant de l&rsquo;Asie &#8211; une série de sept timbres consacrés à l&rsquo;œuvre civilisatrice d&rsquo;Alexandre le Grand, les postes grecques nous ont offert quelques-unes de ces images. S&rsquo;y côtoient :</p>
<p>&#8211; le phare d&rsquo;Alexandrie, une des Sept Merveilles du monde, sur une monnaie romaine,</p>
<p>&#8211; Alexandre déposant les œuvres d&rsquo;Homère sur la tombe d &lsquo;Achille, d&rsquo;après une fresque de Raphaël (Vatican),</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/301.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7296" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/301.jpg" alt="30" width="265" height="217" /></a>- Alexandre plongeant au fond de la mer dans un tonneau de verre, sur une miniature flamande du XIVe siècle, sujet déjà évoqué par un timbre de Monaco en 1962 (<strong>30</strong>),</p>
<p>&#8211; Alexandre à cheval sur un tapis copte,</p>
<p>&#8211; Alexandre recevant l&rsquo;oracle qui lui annonce que ses jours touchent à sa fin, sur un manuscrit byzantin,</p>
<p>&#8211; la mort d&rsquo;Alexandre le Grand sur une miniature persane.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/311.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7297" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/311.jpg" alt="31" width="170" height="220" /></a>Chacun de ces timbres montre en outre une monnaie de Lysimaque, lieutenant d&rsquo;Alexandre dont le profil orne le revers. Le motif avait servi en 1954 (<strong>31</strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/321.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7298" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/321.jpg" alt="32" width="202" height="211" /></a>Deuxième agglomération de Grèce après Athènes et deuxième port après Le Pirée, Thessalonique -ou simplement Salonique d&rsquo;après son nom turc ­ conserve aujourd&rsquo;hui encore le nom de la sœur d&rsquo;Alexandre, dit-on, qui avait épousé le général Cassandre. Ce dernier avait fondé la ville au bord du golfe Thermaïque en 316 av. J.-C. Un timbre grec de 1985 rend hommage au fondateur de la capitale de la Macédoine grecque à travers une monnaie ancienne. Déjà florissante sous les rois macédoniens successeurs d&rsquo;Alexandre Thessalonique vit son importance s&rsquo;accroître rapidement après la conquête romaine (168 av. J.-C.) aux dépens de Pella. Bien située sur la voie Egnatia, qui reliait l&rsquo;Italie à Constantinople, elle devint tout naturellement capitale de la province romaine de Macédoine en 150. Datant de cette période, une monnaie, reproduite sur un timbre bulgare de 1967, montre un dieu &#8211; Zeus ou Poséidon- au centre d&rsquo;un bouclier macédonien (<strong>32</strong>).</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Un foyer de tensions</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/331.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7299" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/03/331-300x228.jpg" alt="33" width="300" height="228" /></a>« La Macédoine est grecque ! » scandaient les manifestants athéniens de 1992. Considérée par les anciens Grecs comme un Etat archaïque et thrace &#8211; donc « barbare»-, désireuse, sous Philippe II et Alexandre, d&rsquo;unir les Grecs contre le vaste empire perse, la Macédoine a toujours été un foyer de tensions. Quand l&rsquo;empire ottoman s&rsquo;est affaibli, dans la seconde moitié du XIXe siècle, Bulgares, Serbes et Grecs ont manifesté leurs visées sur cette région stratégique au cœur des Balkans. Le traité de Bucarest (10 août 1913) a partagé la Macédoine entre les trois peuples. Pendant la première guerre mondiale, la Bulgarie a occupé la partie serbe de la Macédoine, mais en 1919 elle a perdu la Thrace maritime qui lui offrait un accès à la mer Egée. Pourtant, pendant la seconde guerre mondiale, la Bulgarie, alliée à l&rsquo;Allemagne, annexera, entre 1941 et 1944, presque toute la Macédoine, comme on le voit sur un timbre de 1941 (<strong>33</strong>) : sur la carte sont indiquées, du nord au sud, les villes de Pirot (Serbie), Sofia (capitale bulgare), Skopje, Ohrid et Bitola (Macédoine ex-yougoslave). Il faudra attendre le traité de Paris en 1947 pour voir rétablies les frontières de 1919. Dès 1946, le maréchal Tito acceptait une république de Macédoine dans la fédération yougoslave. On connaît la suite&#8230;</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 502 &#8211; Décembre1995</span></p>

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		<title>La démocratie athénienne</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2016 10:18:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
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		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[En septembre 1991, les postes grecques ont rappelé à notre mémoire que la démocratie faisait partie des plus anciennes formes de gouvernement.  1 2 Le timbre émis à cette occasion (1) reprend un sujet qui avait déjà fait l&#8217;objet d&#8217;une figurine en 1985, dans une série consacrée à la proclamation d&#8217;Athènes comme capitale culturelle de<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/02/04/la-democratie-athenienne/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>En septembre 1991, les postes grecques ont rappelé à notre mémoire que la démocratie faisait partie des plus anciennes formes de gouvernement.</h4>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/015.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6742" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/015-200x300.jpg" alt="01" width="200" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>1</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/025.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6743" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/025-205x300.jpg" alt="02" width="205" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>2</strong></span></p>
<p>Le timbre émis à cette occasion (<strong>1</strong>) reprend un sujet qui avait déjà fait l&rsquo;objet d&rsquo;une figurine en 1985, dans une série consacrée à la proclamation d&rsquo;Athènes comme capitale culturelle de l&rsquo;Europe (<strong>2</strong>). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un bas-relief, conservé au musée de l&rsquo;Agora (Athènes), illustrant un décret de 336 av. J.-C. contre la tyrannie. On connaît d&rsquo;autres bas-reliefs athéniens dont l&rsquo;en-tête sculpté ornait &#8211; divers textes officiels. Ceux-ci montrent un personnage, debout s&rsquo;appuyant sur un bâton ou assis comme c&rsquo;est le cas ici , symbolisant le <em>dêmos</em>, c&rsquo;est-à-dire le peuple. Il est toujours représenté comme un homme dans la force de l&rsquo;âge, barbu, vêtu d&rsquo;un manteau laissant une partie du corps à découvert : c&rsquo;est l&rsquo;image traditionnelle du citoyen. A côté de lui figure souvent la déesse Athéna, patronne de la cité, qui sert ainsi de garante à l&rsquo;acte célébré. Sur les deux timbres, un autre personnage se tient debout, s&rsquo;apprêtant à déposer une couronne sur la tête de Démos : c&rsquo;est une jeune femme qui peut symboliser ici la démocratie.</p>
<p>Il y a 2 500 ans, Athènes mettait un terme à la tyrannie des Pisistratides (51 0 av. J.-C.) et les réformes de l&rsquo;Athénien Clisthène (508) ouvraient la voie à la démocratie.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>L&rsquo;aristocratie et la tyrannie</strong></span></p>
<p>Au début du septième siècle, Athènes, comme l&rsquo;ensemble de la Grèce, est dominée par une aristocratie guerrière qui seule détient la richesse foncière. Tous les pouvoirs, religieux, judiciaire, politique, sont entre ses mains. La masse de la population est constituée d&rsquo;une paysannerie dépendante, économiquement et socialement, de ces grandes familles. Entre ces deux groupes, des paysans libres sont assez aisés pour acheter l&rsquo;équipement lourd nécessaire aux milliers de fantassins (hoplites) qui, à partir du milieu du siècle, constituent la force militaire de la cité. Les artisans sont encore peu nombreux.</p>
<p>Mais l&rsquo;essor de la colonisation, commencée au siècle précédent avec les fondations de Syracuse, de Tarente et d&rsquo;autres colonies grecques d&rsquo;Italie méridionale et de Sicile, allait provoquer des crises violentes dans toutes les cités. Le développement du commerce, consécutif aux implantations grecques dans tout le bassin méditerranéen, fait naître une classe moyenne d&rsquo;artisans et de marchands. La concurrence des produits étrangers aggrave la condition paysanne. L&rsquo;apparition de la monnaie autour de 680 favorise les échanges et permet à ces classes moyennes d&rsquo;acquérir une certaine richesse. Or ces couches nouvelles de la population, qui voient ainsi s&rsquo;accroître leur rôle économique et social, n&rsquo;ont aucun droit politique. Des guerres civiles éclatent alors dans de nombreuses cités.</p>
<p>C&rsquo;est à la fin du septième siècle qu&rsquo;Athènes, qui jusqu&rsquo;alors était restée à l&rsquo;écart du grand mouvement de colonisation, entre à proprement parler dans l&rsquo;Histoire. Le premier épisode connu est la tentative d &lsquo;un certain Cylon pour s&rsquo;emparer de la tyrannie, vers 630. Celle-ci échoua et Cylon fut exécuté. En 621 est rédigé le code de Dracon &#8211; dont le nom est aujourd&rsquo;hui associé à des mesures particulièrement sévères &#8211; qui instituait un droit commun pour tous dans les affaires de meurtres afin de mettre un terme aux pratiques de vendetta des familles aristocratiques. Cette publication d&rsquo;une loi écrite, qui pouvait donc être connue de tous, tranchait radicalement avec les méthodes de l&rsquo;aristocratie, qui tenait ses lois secrètes. Ce fut une des premières étapes vers la démocratie.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/035.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6744" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/035-300x204.jpg" alt="03" width="300" height="204" /></a><span style="color: #800000;"><strong>3</strong></span></p>
<p>Cependant, ces lois ne modifiaient en rien les privilèges de l&rsquo;aristocratie dans les domaines politique et social. La crise agraire notamment était aiguë : les paysans étaient fortement endettés et risquaient d&rsquo;être réduits en esclavage. Le législateur Solon a laissé son nom à un ensemble de lois (594-593) destinées à résoudre cette crise. Le timbre émis en 1974 à Chypre pour le 2e Congrès international d&rsquo;études chypriotes (<strong>3</strong>) reproduit un médaillon d&rsquo;une mosaïque romaine de la fin du troisième siècle de notre ère trouvée à Baalbek (Liban) où sont réunis les Sept Sages de la Grèce antique &#8211; parmi eux, Solon, &#8211; personnages qui ont réellement vécu mais qui, dans l&rsquo;imagination des Anciens, prenaient un caractère semi-fabuleux.</p>
<p>Agréé par les nobles comme par les petites gens, Solon donna à Athènes sa première Constitution démocratique, qui s&rsquo;efforçait, selon précisément le principe du « rien de trop », de trouver un juste milieu entre les pauvres et les riches. Il abolit la contrainte par corps, empêchant ainsi les paysans endettés d&rsquo;être asservis par les nantis. Il répartit les citoyens en quatre classes, non plus d&rsquo;après la naissance mais d&rsquo;après la fortune. Il aurait aussi créé un Conseil de quatre cents membres pour contrebalancer celui de l&rsquo;Aréopage où seules siégeaient les grandes familles. Il aurait enfin institué un tribunal populaire dont les membres étaient choisis dans les quatre classes, ce qui permettait aux pauvres comme aux riches d&rsquo;être représentés. Quelque temps plus tard, les querelles reprirent car, par sa Constitution modérée, Solon n&rsquo;avait satisfait aucun des extrêmes. C&rsquo;est avec lui néanmoins qu&rsquo;Aristote fait commencer la démocratie. Après Solon, l&rsquo;anarchie régna épisodiquement à Athènes jusqu&rsquo;à ce Pisistrate que prenne le pouvoir en s&rsquo;appuyant sur les petits propriétaires de l&rsquo;Attique et les mécontents. Comme dans d&rsquo;autres cités grecques, bien avant Athènes, ce gouvernement dirigé par un seul homme, dont l&rsquo;autorité, au contraire de celle d&rsquo;un roi, ne présente aucun caractère divin, a reçu le nom de tyrannie. Ce terme pourrait provenir d &lsquo;Asie Mineure et n&rsquo;a pas tout de suite revêtu le sens défavorable que nous lui donnons aujourd&rsquo;hui. Bien au contraire, c&rsquo;est sous Pisistratt (561-528) qu&rsquo;Athènes connut son premier essor architectural : un nouveau temple fut construit sur l&rsquo;Acropole pour la déesse Athéna. A la mort de Pisistrate, ses fils Hippias et Hipparque lui succédèrent (528-510). Mais ils n&rsquo;avaient pas l&rsquo;envergure de leur père et les opposants à la tyrannie gagnaient chaque jour des partisans. Hipparque fut assassiné en 51 4 et Hippias dut capituler pour s&rsquo;exiler à la suite de l&rsquo;intervention du roi de Sparte appelé par les aristocrates athéniens (510). L&rsquo;épisode de la tyrannie était clos.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>Le triomphe de la démocratie</strong></span></p>
<p>Le régime aristocratique rétabli par les Spartiates après la chute d&rsquo;Hippias ne put tenir devant la pression des démocrates, qui trouvèrent en Clisthène un chef de grande classe. Ses réformes, menées en 508-507, étaient particulièrement hardies, ce qui justifie pleinement son titre de «père de la démocratie athénienne», dont le souvenir se lit en filigrane dans l&rsquo;émission grecque de 1991. C&rsquo;est lui en effet qui établit un Etat nouveau, laïc, où les privilèges de la naissance ne jouent plus aucun rôle dans la vie politique.</p>
<p>L&rsquo;Attique est divisée en une centaine de circonscriptions appelées dèmes, terme dérivé de <em>dêmos</em>. Cette nouvelle répartition des citoyens ne doit plus rien à la fortune, comme du temps de Solon, mais repose sur une division géographique de l&rsquo;Attique : la ville, la côte et l&rsquo;intérieur, qui fournissent chacune un tiers des membres du nouveau Conseil mis en place par Clisthène. Ce dernier crée également un collège de dix stratèges, à l&rsquo;origine officiers supérieurs, mais qui au cinquième siècle devinrent les magistrats suprêmes de la cité avec les fonctions de ministres des affaires étrangères, responsables du budget de la guerre.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/044.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6745" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/044.jpg" alt="04" width="240" height="154" /></a><span style="color: #800000;"><strong>4</strong></span></p>
<p>La démocratie athénienne au cinquième siècle était une démocratie directe où les citoyens déterminaient, sans l&rsquo;intermédiaire de députés, la politique et le gouvernement de la cité. Elle reposait sur quelques principes fondamentaux : l&rsquo;égalité de tous devant la loi; l&rsquo;accès de tous aux honneurs et aux fonctions publiques par élection ou tirage au sort ; le droit de tous à la parole devant les tribunaux et l&rsquo;assemblée du peuple (ecclésia ). Celle-ci, après s&rsquo;être réunie sur l&rsquo;agora, prit l&rsquo;habitude de se réunir sur la colline de la Pnyx en face de l&rsquo;Acropole. Les marches apparaissent à l&rsquo;angle inférieur droit des timbres grecs de 1927 commémorant le centenaire de la défense de l&rsquo;Acropole par le général français Fabvier (<strong>4</strong>). Pour permettre aux plus pauvres d&rsquo;exercer le pouvoir politique au sein de l&rsquo;ecclésia, Périclès fit accorder à tous des indemnités parlementaires.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/054.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6746" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/054.jpg" alt="05" width="268" height="203" /></a><span style="color: #800000;"><strong>5</strong></span></p>
<p>Périclès a laissé son nom à ce qui fut la période phare de la démocratie athénienne : le «siècle» de Périclès. Il entra dans la politique en 469. Aristocrate, Périclès avait compris que l&rsquo;avenir était entre les mains du parti démocratique. En 463, il brisa la puissance du tribunal aristocratique de l&rsquo;Aréopage. A partir de 461, il fut réélu stratège (<em>voir</em> supra) pendant près de trente ans, fait unique dans l&rsquo;histoire grecque. Les années Périclès feront d&rsquo;Athènes la capitale politique et culturelle d&rsquo;une partie du monde grec. C&rsquo;est la transformation de la ligue de Délos, du nom de cette île des Cyclades dont elle était le siège, en véritable empire colonial dirigé par et pour la cité d&rsquo;Athènes. En effet, les cités versaient un impôt annuel , d&rsquo;abord conservé dans le sanctuaire d&rsquo;Apollon à Délos, puis transporté à Athènes où il fut utilisé pour embellir la ville. C&rsquo;est de fait au milieu du cinquième siècle que furent construits les plus beaux édifices de l&rsquo;Acropole, des Propylées (entrée monumentale) au Parthénon en passant par l&rsquo;Erechthéion (<strong>5</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/065.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6747" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/065.jpg" alt="06" width="132" height="172" /></a><span style="color: #800000;"><strong>6</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/075.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6748" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/075-300x180.jpg" alt="07" width="300" height="180" /></a><span style="color: #800000;"><strong>7</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/085.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6749" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/085-300x216.jpg" alt="08" width="300" height="216" /></a><span style="color: #800000;"><strong>8</strong></span></p>
<p>Un célèbre buste de Périclès est aujourd&rsquo;hui conservé au Musée du Vatican. Ce buste est reproduit sur trois timbres grecs d&rsquo;une série «Art antique» : le premier à 100 drachmes (1954), le second et le dernier exprimés en nouvelle monnaie, à 30 lepta (1955) et 10 l epta (1958-60) (<strong>6</strong>). Sous un autre angle, ce même buste figure sur un timbre du Vatican de 1977 (<strong>7</strong>) et sans doute dans un cachet temporaire de Berlin-Est de 1983 (<strong>8</strong>).</p>
<p>La démocratie directe, à la mode athénienne, n&rsquo;était possible que dans des conditions particulières, celles de petites cités au territoire limité. Elle supposait l&rsquo;esclavage, qui déchargeait les hommes libres des activités prenantes. Autres exclus de la vie politique : les étrangers domiciliés à Athènes (métèques), qui exerçaient des activités artisanales ou commerciales, ainsi que les femmes. Quand l&rsquo;empire athénien, qui par l&rsquo;impôt fournissait les subsides nécessaires à l&rsquo;exercice de la démocratie, s&rsquo;écroula à la fin du cinquième siècle, les pauvres songeaient à assurer leur existence avant tout.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/094.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6750" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/094-300x173.jpg" alt="09" width="300" height="173" /></a><span style="color: #800000;"><strong>9</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/104.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6751" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/104.jpg" alt="10" width="166" height="224" /></a><span style="color: #800000;"><strong>10</strong></span></p>
<p>Le quatrième siècle sonna alors le glas de la démocratie. Paradoxalement, cette période vit naître les premiers ouvrages de réflexion sur le fait politique. Ce fut tout d&rsquo;abord Platon (<strong>9</strong>) qui donna dans la République sa conception de l&rsquo;État idéal, un État dont la Constitution est nettement aristocratique. Son disciple Aristote (<strong>10</strong>) publia en 336, l&rsquo;année même de l&rsquo;avènement de son ancien élève Alexandre le Grand, un traité connu sous le nom de Politique, élaboré à partir des renseignements réunis sur les constitutions de plus de cent cinquante Etats grecs ou barbares. Enfin, vers 329, il publia sa Constitution d&rsquo;Athènes.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/115.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6752" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/115.jpg" alt="11" width="155" height="246" /></a><span style="color: #800000;"><strong>11</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/124.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6753" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/124-194x300.jpg" alt="12" width="194" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><strong>12</strong></span></p>
<p>Une autre grande figure de la vie politique et littéraire grecque domine les années 350-330 : Démosthène, dont le nom même signifie «la force du peuple». Il court sur sa période de formation à l&rsquo;art oratoire quantité d&rsquo;anecdotes plus ou moins sûres. L&rsquo;une d&rsquo;elles en tout cas est restée suffisamment célèbre pour justifier le choix de l&rsquo;illustre orateur par les postes mexicaines en 1974 (<strong>11</strong>). Cette anecdote raconte que, pour s&rsquo;entraîner à parler en public, Démosthène se rendait sur le rivage : il mettait des cailloux dans sa bouche et s&rsquo;efforçait de dominer de la voix le bruit des vagues. Ce récit n&rsquo;est sans doute pas absent du timbre du Mexique qui associe Démosthène et un congrès hispano-américain sur les difficultés d&rsquo;apprendre à lire et à écrire. L&rsquo;orateur athénien figure aussi sur un timbre d&rsquo;Albanie (1974) à travers une tête découverte à Apollonie, cité grecque de la côte illyrienne (<strong>12</strong>).</p>
<p>En 355, Démosthène aborde les affaires de l&rsquo;Etat en intervenant à l&rsquo;Assemblée dans les débats de finances ou de politique extérieure. Mais au nord de la Grèce, une nouvelle puissance grandit. En 351 commence le duel entre Démosthène et Philippe, roi de Macédoine. Par discours interposés, l&rsquo;orateur athénien chercha inlassablement à convaincre ses compatriotes de la menace que les ambitions de Philippe II faisaient peser, non seulement sur Athènes, mais sur la Grèce tout entière. A la tête du parti démocratique anti-macédonien, il lutta, dans un combat inégal, contre l&rsquo;inertie des Athéniens et les intrigues de ses adversaires favorables à Philippe. Ce dernier pourtant fut le plus fort et la défaite des Athéniens à Chéronée (338) devant l&rsquo;armée macédonienne soumettait l a Grèce au puissant royaume du Nord.</p>
<p>A la mort de Philippe, assassiné en 336, Démosthène essaie encore une fois de réveiller le patriotisme des Athéniens, en vain. Alexandre, fils de Philippe, mata rapidement ce sursaut d&rsquo;énergie. Quand Alexandre mourut, en 323, un dernier frisson d&rsquo;espoir souleva les patriotes athéniens mais Antipater, lieutenant d&rsquo;Alexandre, anéantit bientôt les espérances grecques et exigea l&rsquo;abrogation de la Constitution démocratique d&rsquo;Athènes. Une garnison macédonienne s&rsquo;établit au Pirée (322). Pour ne pas être livré au vainqueur, Démosthène s&rsquo;empoisonna.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>La république grecque</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/137.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6754" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/137-300x165.jpg" alt="13" width="300" height="165" /></a><span style="color: #800000;"><strong>13</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/144.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6755" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/144.jpg" alt="14" width="187" height="256" /></a><span style="color: #800000;"><strong>14</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/155.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6756" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/155.jpg" alt="15" width="158" height="184" /></a><span style="color: #800000;"><strong>15</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/162.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6757" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/162.jpg" alt="16" width="225" height="162" /></a><span style="color: #800000;"><strong>16</strong></span></p>
<p>Les Grecs de l&rsquo;Antiquité nommaient leur pays Hellade et eux-mêmes se désignaient par le mot Hellènes. Ce terme ancien a prévalu quand furent émis les premiers timbres-poste du nouveau royaume indépendant en 1861 (<strong>13</strong>). Jusqu&rsquo;en 1965, le mot «Hellas», en caractères grecs seuls, a figuré en légende des timbres grecs, aussi bien pendant la courte période (1924-1935) où la Grèce a vécu sous un régime républicain (<strong>14</strong>) que sous la monarchie restaurée en 1935 (<strong>15</strong>). En 1966 fut adjoint le nom en caractères latins (<strong>16</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/172.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6758" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/172.jpg" alt="17" width="209" height="165" /></a><span style="color: #800000;"><strong>17</strong></span></p>
<p>Depuis 1982, de même que les timbres français portent la légende « République française», les timbres grecs ont abandonné le terme « Hellas », maintenu seulement en caractères latins, pour le remplacer par « Hellenike Demokratia » qui se traduit par «République grecque » (<strong>17</strong>). Cette légende n&rsquo;avait servi qu&rsquo;à une seule reprise, en 1927, pour les trois timbres dédiés à Charles Nicolas Fabvier (voir <strong>4</strong>) qui s&rsquo;illustra dans la guerre d&rsquo;indépendance en défendant Athènes attaquée par les Turcs (1827).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/184.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6759" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/184.jpg" alt="18" width="164" height="226" /></a><span style="color: #800000;"><strong>18</strong></span></p>
<p>En grec moderne, le même mot signifie «démocratie» et « république», comme on le constate sur le timbre émis en 1 984 pour célébrer le retour à la démocratie après les sept années de la dictature des colonels (<strong>18</strong>). Un retour aux sources en somme, quelque 2 500 ans après les débuts de la démocratie athénienne.</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 468 &#8211; Novembre 1992</span></p>

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		<title>Les &#171;&#160;enfants&#160;&#187; du Penny Black</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 09:36:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Un an après sa parution, le «One Penny» vire au brun-rouge. La saga des héritiers au premier timbre-poste commence&#8230; Le &#171;&#160;One Penny&#160;&#187; noir. Emis le 6 mai 1840, est remplacé en février 1841 par un timbre identique, mais imprimé en brun-rouge (1) On pouvait en effet faire disparaître la croix de Malte rouge, qui oblitérait<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/02/02/les-enfants-du-penny-black/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Un an après sa parution, le «One Penny» vire au brun-rouge. La saga des héritiers au premier timbre-poste commence&#8230;</h4>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6609" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/01.jpg" alt="01" width="271" height="233" /></a>Le &laquo;&nbsp;One Penny&nbsp;&raquo; noir. Emis le 6 mai 1840, est remplacé en février 1841 par un timbre identique, mais imprimé en brun-rouge (<strong>1</strong>)</p>
<p>On pouvait en effet faire disparaître la croix de Malte rouge, qui oblitérait le timbre noir, sans détériorer celui-ci, qui pouvait être utilisé une deuxième fois.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6610" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/02.jpg" alt="02" width="264" height="228" /></a>Le One Penny brun-rouge est imprimé avec une encre &laquo;&nbsp;fugitive&nbsp;&raquo;, sur un papier imprégné de prussiate de potasse, qui la rend encore plus fragile. Ce traitement provoque d&rsquo;ailleurs un bleuissement plus ou moins intense du papier, par réaction de l&rsquo;encre avec le produit. Il en résulte, au verso de certains timbres, ce qu&rsquo;on appelle une &laquo;&nbsp;tête d&rsquo;ivoire&nbsp;&raquo;, où l&rsquo;effigie, qui est moins encrée, paraît plus claire sur le fond bleuté. Le phénomène est très variable dans son intensité comme dans sa forme. Il peut même se rencontrer in versé (<strong>2</strong>)</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/03.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6611" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/03.jpg" alt="03" width="218" height="265" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/04.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6612" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/04.jpg" alt="04" width="290" height="242" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/05.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6613" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/05-290x300.jpg" alt="05" width="290" height="300" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/06.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6614" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/06-300x184.jpg" alt="06" width="300" height="184" /></a></p>
<p>Jusqu&rsquo;en 1844, l&rsquo;oblitération normale des One Penny brun-rouge est une croix de Malte noire, qui doit être appliquée au centre du timbre (<strong>3</strong>) On connaît cependant quelques rares exemplaires de ce timbre oblitérés en rouge, au début de 1841 (<strong>4</strong>) On connaît aussi quelques rares cas où un postier s&rsquo;est acharné jusqu&rsquo;à trois fois sur un malheureux timbre (<strong>5</strong>) ce qui intrigue beaucoup les spécialistes britanniques. Vers mars 1843, on met en service à Londres un jeu de croix de Malte numérotées de 1 à 12 (<strong>6</strong>)</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/07.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6615" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/07-300x62.jpg" alt="07" width="300" height="62" /></a>A partir de 1844, les timbres sont oblitérés avec des &laquo;&nbsp;numerals&nbsp;&raquo;. Les bureaux ont en effet reçu en avril de cette année des numéros matricules. Il existe cinq séries de ces oblitérateurs, pour l&rsquo;Angleterre et le pays de Galles, pour l&rsquo;Ecosse, pour l&rsquo;Irlande, pour le district de Londres, et pour les services du Chief Office de Londres (<strong>7</strong>).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/08.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6616" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/08-300x182.jpg" alt="08" width="300" height="182" /></a>Le One Penny brun-rouge est la continuation directe du Penny Black, puisque imprimé sur les mêmes planches. Les planches 1b, 2, 5, 8, 9, 10 et 11, qui sont en service au moment du changement, ont d&rsquo;ailleurs imprimé le One Penny dans les deux couleurs. Les spécialistes recherchent les « matched pairs &nbsp;&raquo; (couples assortis), c&rsquo;est-à-dire la même combinaison de lettres imprimée dans les deux couleurs par la même planche (<strong>8</strong>).</p>
<p>Le papier est le même que celui du Penny Black, avec le filigrane Petite Couronne. Les éléments de ce filigrane sont formés à la main avec du fil de laiton. Il en résulte certaines variantes dans la forme des couronnes.</p>
<p><strong>«L&rsquo;empreinte digitale»</strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/09.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6617" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/09-300x221.jpg" alt="09" width="300" height="221" /></a>Les lettres dans les angles inférieurs des timbres sont obtenues avec un jeu de poinçons qui sont frappés sur chaque planche avant sa mise en service. L&rsquo;opération est manuelle et les lettres ne sont pas toujours bien centrées ni bien orientées. Ces variations dans la position des lettres permettent d&rsquo;identifier les planches d&rsquo;impression, en se référant à des ouvrages spécialisés. Ceux-ci peuvent reproduire l&rsquo;illustration de chacun des timbres, ou indiquer par des cotes la position de chaque lettre par rapport aux côtés des carrés. D&rsquo;autres détails d&rsquo;impression permettent d&rsquo;affiner le diagnostic et forment, avec des lettres, &laquo;&nbsp;l&rsquo;empreinte digitale&nbsp;&raquo; de chacun des timbres (<strong>9</strong>) Le planchage, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on appelle cet exercice, est une recherche pleine d&rsquo;intérêt.</p>
<p>On trouve un certain nombre d&rsquo;éléments de planchage dans le Catalogue spécialisé de Stanley Gibbons, volume 1. Cet ouvrage est d&rsquo;ailleurs indispensable pour aborder de façon intéressante l&rsquo;étude des timbres de cette période. D&rsquo;autres publications sur ce sujet peuvent se trouver chez Vera Trinder Ltd, 38 Bedford Street, London WC2 9EU.</p>
<p>Jusqu&rsquo;ici, tout est simple&#8230; C&rsquo;est le même timbre que le Penny Black, non dentelé comme lui, imprimé sur le même papier, avec le même filigrane, avec des planches tirées du même bloc gravé par Heath (qui donne le timbre Type 1) et marqué du même alphabet (Alphabet I).</p>
<p><strong>Une grande famille</strong></p>
<p>Mais ce timbre va servir pendant près de quarante ans, jusqu&rsquo;à son remplacement par un timbre typographié, en 1880. Durant cette période, on rencontre des changements de papier, de filigrane, de dentelure, de couleur ; le Bloc 1, trop usé, est retouché, et, pour finir, on grave des lettres dans les quatre angles du timbre. De la combinaison de tous ces éléments résulte une classification assez compliquée, mais qui rend passionnante l&rsquo;histoire des One Penny gravés. Nous allons aborder les grandes lignes de cette évolution.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/Tableau01.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6628" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/Tableau01-235x300.jpg" alt="Tableau01" width="235" height="300" /></a>Le <strong>tableau 1</strong> indique l&rsquo;essentiel des relations entre ces différents facteurs. Pour ne pas l&rsquo;alourdir, certaines combinaisons ont été omises, bien que très intéressantes (essais, planches de réserve, variantes du filigrane). Il indique également les numéros des catalogues Yvert et Stanley Gibbons Spécialisé correspondant aux divers timbres. Le &laquo;&nbsp;classement&nbsp;&raquo; au bas de ce tableau renvoie simplement aux paragraphes de l&rsquo;exposé qui suit. On aurait pu aussi bien commencer par la couleur du timbre ou la dentelure, sans doute plus commodes pour le triage des timbres, mais placer le filigrane en tête permettait une suite chronologique mieux adaptée à cette étude.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/Tableau02.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6629" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/Tableau02-300x235.jpg" alt="Tableau02" width="300" height="235" /></a><strong>Le tableau 2</strong> illustre les timbres eux-mêmes et présente sous une autre forme l&rsquo;imbrication des principaux facteurs.</p>
<p><em>Evolution des One Penny gravés.</em></p>
<ol>
<li><em> &#8211; Timbres imprimés sur papier à filigrane Petite Couronne.</em></li>
</ol>
<p><em>1.1. &#8211; Timbres obtenus à partir du Bloc 1 (timbres Type 1).</em></p>
<p><em>1.1.1. &#8211; Pour mémoire, Je Penny Black, papier grisâtre, non dentelé, émis le 8 mai 1840, Alphabet 1.</em></p>
<p><em>1.1.2. &#8211; Même papier, mais bleuté (réaction chimique), même bloc (timbre Type 1),timbres brun­rouge, avec de nombreuses variétés de nuance (du timbre et du papier).</em></p>
<p><em>1.1.2.1. &#8211; Non dentelé, Alphabet 1, émis en février 1841.C&rsquo;est le timbre décrit au début de cet article. Planches d&rsquo;impression 1b à 131.</em></p>
<p><strong>Découpage ou perforation ?</strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/10.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6618" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/10-300x278.jpg" alt="10" width="300" height="278" /></a>Ces timbres sont non dentelés. Il faut les découper avec des ciseaux, d&rsquo;où perte de temps pour les gros utilisateurs. On trouve dans le commerce à cette époque des instruments comportant des molettes qui permettent de pré-découper les feuilles en bandes dont on sépare les timbres avec des ciseaux. Ces perçages en ligne se rencontrent de temps en temps. Ils ne sont pas toujours bien alignés (<strong>10</strong>)</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6619" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/11.jpg" alt="11" width="298" height="254" /></a><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/12.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6620" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/12-300x197.jpg" alt="12" width="300" height="197" /></a>Un homme d&rsquo;affaires irlandais, Henry Archer, propose une machine pour séparer les timbres, d&rsquo;abord par perçage en lignes, puis par une dentelure telle qu&rsquo;on la connaît encore aujourd&rsquo;hui. Des essais sont faits par Archer sur des feuilles de timbres. Ils on t produit les seuls timbres dentelés comportant l&rsquo;Alphabet I (<strong>11</strong>). Les premiers résultats sont assez irréguliers et de nombreuses feuilles sont détruites. Archer accuse le procédé d&rsquo;impression, où le papier humidifié se déforme. Il fait fabriquer pour ses essais des timbres typographiés à l&rsquo;effigie du prince consort (<strong>12</strong>)</p>
<p>En février 1852, l&rsquo;Alphabet I est remplacé par un nouveau jeu de poinçons, l&rsquo;Alphabet II. Des ouvrages, tel le catalogue de Stanley Gibbons, donnent des tableaux de comparaison entre différentes lettres. Les timbres de cette série ne diffèrent des précédents que par les lettres de l&rsquo;alphabet.</p>
<p><em>1.1.2.2. &#8211; Filigrane Petite Couronne, non dentelé, timbre Type 1, brun-rouge sur papier bleuté, Alphabet II, planches d&rsquo;impression 131à 175.</em></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/13.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6621" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/13.jpg" alt="13" width="277" height="253" /></a>En 1853-1854, le ministère des finances utilise pour séparer ses timbres un instrument qui donne une ligne de coupe ondulée (<strong>13</strong>) Le résultat est connu sous le nom de &laquo;&nbsp;Treasury Roulette&nbsp;&raquo;, ou roulette de Gladstone (c&rsquo;est le chancelier de l&rsquo;Echiquier de cette époque).</p>
<p>Après des essais plus poussés, et de longues discussions, le Post Office achète le brevet d&rsquo;Archer et, en février 1854, procède officiellement à la perforation de feuilles de timbres.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/14.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6622" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/14-300x116.jpg" alt="14" width="300" height="116" /></a><em>1.1.2.3.·- Filigrane Petite Couronne, timbre Type I, brun-rouge sur papier bleuté, Alphabet II, dentelé 16, planches d&rsquo;impression 155 .à 204, février 1854 (<strong>14</strong>)</em></p>
<p><em>1.1.2.4.- La dentelure 16 est fine et fragile. Il arrive que les feuilles de timbres se déchirent sous leur propre poids. En janvier 1855, le Post Office adopte la dentelure 14, sans notification officielle du changement. Les autres éléments ne sont pas modifiés. Planches 194 à 204.Les planches de réserve R1 à R6 ont aussi servi pour ces deux émissions. Elles sont également sur Type I avec Alphabet ll.</em></p>
<p><em>1.2. &#8211; Timbres obtenus à partir du Bloc II (timbres Type II).</em></p>
<p>Vers la même époque, les imprimeurs (Perkins Bacon &amp; Co) informent le Post Office que le Bloc 1 est trop usé pour produire encore des molettes correctes. On les autorise à faire retoucher une réplique tirée de l&rsquo;originale de Heath. Le travail est réalisé par William Humfrys. Ce Bloc II sera désormais seul utilisé (c&rsquo;est le One Penny Type II). Les planches tirées de ce nouveau bloc ont une nouvelle numérotation, qui repart au n°1.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/15.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6623" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/15-300x277.jpg" alt="15" width="300" height="277" /></a><em>1.1.1. &#8211; Filigrane Petite Couronne, timbre Type Il, brun-rouge sur papier bleuté, dent. 14, Alphabet Il, février 1855, planche 1 à 21 ( </em><strong>15</strong><em>)</em></p>
<p><em>1.2.2. &#8211; Mêmes caractéristiques, mais dentelés 16 (toutes les machines à perforer n&rsquo;ont pas été modifiées immédiatement), planches d&rsquo;impression 1 à 15.</em></p>
<p><em>En août 1855, l&rsquo;Alphabet III remplace l&rsquo;Alphabet II. Il est normalement utilisé sur un nouveau papier à filigrane Grande Couronne. On épuise cependant un petit stock restant de papier à Petite Couronne.</em></p>
<p><em>1.2.3. &#8211; Filigrane Petite Couronne, timbre Type II, brun-rouge sur papier bleuté, dent. 14, Alphabet III, août 1855, planches 22 à 27. Ces timbres constituent une anomalie rare.</em></p>
<ol start="2">
<li><em> &#8211; Timbres imprimés sur papier à filigrane Grande Couronne.</em></li>
</ol>
<p>A partir de mai 1855, le papier est fabriqué avec un nouveau filigrane, la Grande Couronne. Les éléments de ce filigrane sont découpés à la presse dans une feuille de laiton mince. Contrairement aux précédents, ils sont tous identiques. Il y a cependant deux exceptions où des éléments défectueux ont été remplacés par des motifs formés à la main. Le dessin sera légèrement modifié en 1861, d&rsquo;où deux types de Grande Couronne (I et II).</p>
<p><em>2.1.1. &#8211; Les premiers timbres sur papier à Grande Couronne I sont du type II, brun-rouge sur papier bleuté, dent.16, Alphabet Il, mai 1855, planches 1 à 15.</em></p>
<p><em>2.1.2. &#8211; Même caractéristiques, mais dent. 14, juin 1855, planches d&rsquo;impression 1 à 21.</em></p>
<p>A partir du mois d&rsquo;août 1855, commençant avec la planche 22, un nouveau jeu de poinçons, l&rsquo;Alphabet III, remplace l&rsquo;Alphabet Il. Nous avons vu, en 1.2.3, l&rsquo;emploi anormal de cet alphabet sur papier à filigrane Petite Couronne. A cette exception près, on le trouve uniquement sur le filigrane Grande Couronne.</p>
<p><em>2.1.3. &#8211; Filigrane Grande Couronne 1, Type II, brun­rouge sur papier bleuté, dent. 14, Alphabet Ill, août 1855, planches 22 à 27.</em></p>
<p><strong>Nuances de transition</strong></p>
<p>Depuis 1841, le One Penny est imprimé avec u ne encre brun-rouge sur un papier imprégné d&rsquo;un produit chimique produisant avec l&rsquo;encre un bleuissement plus ou moins prononcé du papier, d&rsquo;où résultent un grand nombre de variétés de nuances. Vers 1856, le Post Office commence à considérer que cette situation n&rsquo;est plus tolérable. Perkins Bacon &amp; Co sont priés de trouver une solution pour obtenir une constance dans la couleur des timbres et du papier.</p>
<p>Des essais sont faits entre octobre 1856 et mars 1857 pour neutraliser le bleuissement. Les résultats ne sont pas immédiats. On rencontre pendant cette période des papiers jaunâtres ou tirant vers le crème, plus ou moins tachés de bleu dans les débuts, pour finir avec un fond crème uniforme. Ces timbres sont dans des tons brun orangé ou rouge orangé, pou r finir par des teintes rouge pâle ou rose pâle, toujours sur papier crème. Ces nuances finales se retrouvent au début de l&rsquo;émission suivante, sur papier blanc.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/16.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6624" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/16-300x209.jpg" alt="16" width="300" height="209" /></a>2.2. &#8211; Filigrane Grande Couronne I, timbre Type II, papier dans des tons jaunâtre à crème (avec éventuellement des restes de bleu), brun orangé à rose pâle (grande variété de nuances), dent. 14, Alphabet III, début 1857, planches entre 27 et 49 (<strong>16</strong>).</p>
<p><strong>Rouge carminé sur papier blanc</strong></p>
<p><em>2.3. &#8211; A partir de mars-avril 1857, le One Penny commence à sortir sur papier blanc.</em></p>
<p><em>2.3.1 &#8211; Filigrane Grande Couronne I, timbre Type II, tons rouge carmin à rose pâle sur papier blanc, dent.14, Alphabet III, planches 27 à 68 et R17 ( planche de réserve).</em></p>
<p>Ce timbre est produit en quantités énormes jusqu&rsquo;en 1864. Il est très facile d&rsquo;en reconstituer une planche complète de 240. Il est également assez facile d&rsquo;en faire le planchage, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;identifier les planches. Pour ce faire, on peut utiliser, par exemple, The Plating of Alphabet III, de WRD Wiggins et GC Tonna, ouvrage en cinq parties qui illustre tous les timbres de cet alphabet.</p>
<p>En décembre 1857, par suite d&rsquo;un besoin urgent, on perfore provisoirement en 16 un certain nombre de feuilles de timbres à One Penny.</p>
<p><em>2.3.2. &#8211; Filigrane Grande Couronne 1,Type II, rouge carminé sur papier blanc, dent. 16, Alphabet Ill. Ces timbres sont peu courants.</em></p>
<p>En 1861, le dessin du filigrane Grande Couronne est simplifié. On enlève les &laquo;&nbsp;fleurs de lys&nbsp;&raquo; qui ornaient l&rsquo;intérieur de la couronne. C&rsquo;est la Grande Couronne II.</p>
<p>Vers le milieu de 1856, au lieu de poinçonner les lettres dans les angles inférieurs des timbres, on les grave à la main sur les planches 50 et 51, à titre expérimental. C&rsquo;est l&rsquo;Alphabet IV. Mais, les planches ne seront mises en service qu&rsquo;en août 1861 , avec le papier comportant le filigrane modifié.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/17.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6625" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/17-300x178.jpg" alt="17" width="300" height="178" /></a><em>2.3.3. &#8211; Grande Couronne II, timbre Type II, rouge carminé sur papier blanc, dent.14, Alphabet IV, planches 50 et 51 (</em><strong>17</strong><em>).</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En 1862, on manque de planches pour imprimer les timbres à 1 d. Celles qui doivent produire le futur timbre avec quatre lettres ne sont pas encore disponibles. On met en service trois planches de réserve. La R17, préparée en même temps que la 22, est, comme elle, avec l&rsquo;Alphabet III. Mais les planches R15 et R16 ont été fabriquées en 1855, au temps de l&rsquo;Alphabet II. Les timbres de ces planches sont les seuls rouges carminés qui aient cet alphabet.</p>
<p><em>2.3.4. &#8211; Filigrane Grande Couronne II, timbre Type II, rouge carminé sur papier blanc, dent. 14, Alphabet II, 1862, planches de réserve R15 et R16.</em></p>
<p><strong>Quatre lettres</strong></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/18.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6626" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/18.jpg" alt="18" width="215" height="243" /></a>En mars 1861, sont préparées des planches d&rsquo;un nouveau modèle. Comme les précédentes, elles sont tirées du Bloc II, mais des lettres sont gravées dans les quatre angles. Les lettres supérieures reprennent celles du bas, mais en ordre inverse. Ceci pour éviter que l&rsquo;on ne reconstitue un timbre utilisable avec deux moitiés de timbres mal oblitérés&#8230; Avec les &laquo;&nbsp;<em>killers</em>&nbsp;&raquo; (les tueurs) qui les maculent à mort, on se demande comment la chose serait possible&#8230; Un autre détail est que le numéro de la planche est gravé dans le burelage de chaque timbre, verticalement, à droite et à gauche de l&rsquo;effigie (<strong>18</strong>).</p>
<p><em>2.4. &#8211; Filigrane Grande Couronne II, timbre Type II, rouge carminé sur papier blanc, dent. 14, 4 lettres, numéro de planche gravé dans le burelage, mars 1864, planches 71 à 225.</em></p>
<p>Ces planches ne seront mises sur presse qu&rsquo;en 1864. Les timbres de ce type sont extrêmement courants, puisqu&rsquo;ils seront imprimés jusqu&rsquo;en 1879, avec des planches allant de la 71 à la 225.</p>
<p>Certaines de ces planches sont très communes, alors que d&rsquo;autres ne se rencontrent que très rarement.</p>
<p>Les planches 69, 70, 75, 77, 126 et 128 n&rsquo;ont pas été mises en production. On connaît cependant quelques exemplaires de timbres provenant de la planche 77. Il ne faut pas confondre ces raretés avec des timbres de la planche 177 où le 1 serait mal marqué&#8230; ou aurait été effacé&#8230;</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/19.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6627" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/02/19.jpg" alt="19" width="195" height="229" /></a>A l&rsquo;autre bout de la liste, la planche 225, qui n&rsquo;a servi que cinq semaines, à la fin de 1879, n&rsquo;a imprimé que 25 000 feuilles de timbres. A comparer avec la 171 ( plus de 900 000 feuilles) ou la 120 (plus de 700 000). Après ceux de la planche 77, les timbres de la planche 225 sont les plus rares de cette série (<strong>19</strong>).</p>
<p>En effet vers la fin des années 1870, les timbres gravés dérivés du Penny Black sont en service depuis près de quarante ans. Ils paraissent singulièrement démodés, comparés aux timbres des valeurs élevées (2,1/2 d à 5 I) produits par De La Rue en typographie. D&rsquo;autre part, seuls les timbres de cette dernière firme ont vraiment la pleine confiance du Post Office, parce qu&rsquo;ils sont imprimés en couleurs &laquo;&nbsp;fugitives&nbsp;&raquo;. Les timbres gravés de Perkins, Bacon &amp; Co. résistent encore trop bien au lavage.</p>
<p>Le 28 décembre 1878, le Post Office notifie à cette firme la cessation de son contrat sous un délai de six mois. En fait, elle continuera de produire des timbres jusqu&rsquo;en 1879.</p>
<p>En 1880, les timbres gravés de Perkins, Bacon &amp; Co. seront remplacés par des timbres typographiés de De La Rue, dont le nouveau One Penny, le &laquo;&nbsp;rouge vénitien&nbsp;&raquo; est émis le 1er janvier 1880.</p>
<p><span style="color: #800000;"> Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 448 &#8211; Janvier 1991</span></p>
<p>&nbsp;</p>

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  <ul   style="width:60px" title="5.00 / 5">    <li class="rating" style="width:60px">      <span class="average">        5.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
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</div>

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		<title>Mulready &#8211; Suite</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2016 11:47:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Mulready n&#8217;ont pas rencontré un succès immense, loin s&#8217;en faut&#8230; Suite et fin de cette étude. &#160; Lorsqu&#8217;ils mettent sur le marché lettres et enveloppes, les officiels, Hill et Baring en tête, se congratulent et s&#8217;extasient sur le chef-d&#8217;œuvre de Mulready. Henry Cole, pour son compte, semble moins enthousiaste. Quant au public, l&#8217;accueil qu&#8217;il<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/01/28/mulready-suite/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Les Mulready n&rsquo;ont pas rencontré un succès immense, loin s&rsquo;en faut&#8230; Suite et fin de cette étude.</h4>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsqu&rsquo;ils mettent sur le marché lettres et enveloppes, les officiels, Hill et Baring en tête, se congratulent et s&rsquo;extasient sur le chef-d&rsquo;œuvre de Mulready.</p>
<p>Henry Cole, pour son compte, semble moins enthousiaste. Quant au public, l&rsquo;accueil qu&rsquo;il réserve à ces productions est pour le moins catastrophique. L&rsquo;allégorie ne semble pas avoir été comprise. Le ton général oscille entre la critique acerbe et l&rsquo;ironie délirante. L&rsquo;unanimité se fait très vite contre le dessin de Mulready et de nombreuses caricatures traînent rapidement dans la boue cette œuvre qui devait &laquo;&nbsp;diffuser un goût pour les beaux-arts&nbsp;&raquo;&#8230; La malice politique s&rsquo;en mêle: les Mulready sont un sous produit d&rsquo;une réforme postale mise en place par un gouvernement whig. Les tories sont au premier rang des détracteurs. Le courrier des lecteurs du Times leur ouvre largement ses colonnes. On ne critique pas la réforme, difficilement contournable, mais, dès le 2 mai, on se rattrape sur les à-côtés&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/015.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6376" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/015-300x195.jpg" alt="01" width="300" height="195" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 1. &#8211; Caricature de John Leech.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/024.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6377" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/024-300x197.jpg" alt="02" width="300" height="197" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 2 &#8211; Enveloppe humoristique signée Hume.</em></span></p>
<p>Voici une caricature de John Leech (<strong>1</strong>), datée du dimanche 31 mai 1840. On connaît la même, postée dès le 2 mai&#8230; Voici une enveloppe comique de Hume, moins connue (<strong>2</strong>), postée le 10 juillet.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/034.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6378" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/034-300x209.jpg" alt="03" width="300" height="209" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 3 &#8211; Fores a édité dix enveloppes différentes.</em></span></p>
<p>Il y en a une série de six. L&rsquo;une porte deux Penny Black. Le port de l&rsquo;autre a été payé en numéraire. Ces productions, qui ne sont pas officielles (c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire !), doivent être affranchies. Cette enveloppe de Fores (<strong>3</strong>), postée sans timbre, a été taxée de 2 d. Fores a édité dix enveloppes différentes. Spooner en a publié quatorze, etc.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une collection marginale</strong></p>
<p>La collection des caricatures de Mulready est très intéressante, mais délicate. On rencontre plus de faux et de réimpressions que de pièces originales. La Mulready elle-même, tant décriée, a fait l&rsquo;objet de copies et d&rsquo;imitations. On peut citer l&rsquo;enveloppe du &laquo;&nbsp;Whitaker&rsquo;s Almanack&nbsp;&raquo;, qui a circulé dans les années 1870 et 1880. Rowland Hill, qui suit au jour le jour l&rsquo;avancement de sa réforme, en a le moral singulièrement refroidi. Mais il n&rsquo;est pas homme à se laisser abattre.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/043.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6379" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/043-300x160.jpg" alt="04" width="300" height="160" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 4. &#8211; Les Mulready sont remplacées par des enveloppes estampillées.</em></span></p>
<p>Dès le 12 mai 1840, il note dans son journal : &laquo;&nbsp;<em>Je crains que nous ne soyons obligés de substituer quelque autre timbre à celui dessiné par Mulready, qui est dénigré et ridiculisé de tous côtés</em>.&nbsp;&raquo; L&rsquo;enveloppe à 1 d est retirée de la vente en janvier 1841, celle à 2 d en avril de la même année. Elles sont remplacées par des enveloppes portant des timbres estampillés en relief (<strong>4</strong>), gravés par William Wyon.</p>
<p>Ces timbres étaient prévus à l&rsquo;origine pour être apposés sur des lettres ou enveloppes apportées par le public. Mais, avec le contretemps des Mulready, le service des objets &laquo;&nbsp;timbrés sur commande&nbsp;&raquo; ne sera mis en place qu&rsquo;en 1 855.</p>
<p>Les feuilles-lettres sont remplacées en 1844 par du papier portant le timbre à 1 d de Wyon. Lettres et enveloppes utilisent aussi un papier à fils de soie, toujours fabriqué par John Dickinson.</p>
<p>Hill avait misé sur les enveloppes beaucoup plus que sur les timbres. Le public l&rsquo;a pris à contrepied. Les Mulready invendues sont distribuées aux administrations, à la place du Penny Black &laquo;&nbsp;VR&nbsp;&raquo; prévu initialement et qui ne sera pas émis. Mais les stocks sont énormes. En 1862, on décide de détruire ce qui reste. Edwin Hill, frère de Rowland, doit même construire une machine pour en venir à bout&#8230;</p>
<p>Retirées de la vente, les Mulready ne sont pas démonétisées pour autant. Voici une lettre à 2 d de 1846, avec une paire de 1 d brun rouge supplémentaires. Postée à Crawley (Sussex, N°228), elle porte une taxe de 4 d. Est-ce pour un port de 2 à 3 onces, ou les 2 d de la Mulready ont-ils été considérés comme non valables par un postier mal renseigné ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/053.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6380" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/053-300x196.jpg" alt="05" width="300" height="196" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig.5.- Les Mulready restent d&rsquo;un usage confidentiel&#8230; même les postiers ne savent pas qu&rsquo;en faire.</em></span></p>
<p>L&rsquo;habitude de leur emploi se perd cependant. Un postier de Bath, sans doute jeune dans le métier, ne sachant comment la prendre, a constellé de son &laquo;&nbsp;numeral&nbsp;&raquo; 53 cette autre Mulready à 2 d (<strong>5</strong>).</p>
<p>Beaucoup plus tard, en 1886, J. W. Palmer, négociant en timbres sur le Strand, s&rsquo;envoie à lui-même, du bureau de poste de Charing·Cross, un certain nombre de Mulready qu&rsquo;il a en réserve. Elles lui arrivent, taxées à 2 d. Fort de son bon droit, il se présente au postmaster du West Central District, qui annule les taxes en confirmant la validité postale des documents. En fait, les Mulready ne seront démonétisées que sous le règne de George VI, en 1945, en même temps que les timbres de Victoria et que ceux d&rsquo;Edouard VII.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/065.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6388" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/065-300x184.jpg" alt="06" width="300" height="184" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig.6. &#8211; « Pictorial envelopes » ici, pour un bal de la reine.</em></span></p>
<p>Les Mulready et leurs caricatures ont lancé la vogue des &laquo;&nbsp;pictorial envelopes&nbsp;&raquo;, enveloppes ornées de gravures ou de dessins. Ces derniers peuvent être purement décoratifs, comme sur cette enveloppe &laquo;&nbsp;Victoria Albert&nbsp;&raquo; (<strong>6</strong>). On suppose qu&rsquo;elle a été créée en 1840 ou 1841 pour envoyer des invitations à un bal de la reine, au château de Holyrood, en Ecosse.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/074.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6382" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/074-300x178.jpg" alt="07" width="300" height="178" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig.7. &#8211; Humour, décoration ou propagande.</em></span></p>
<p>Innombrables sont les sujets de propagande : contre l&rsquo;alcoolisme, contre des projets de lois, contre le clergé, contre l&rsquo;esclavage, contre la guerre (<strong>7</strong>), enveloppe de Valentine&rsquo;s, en faveur de la paix, expédiée d&rsquo;Allemagne en 1873&#8230;). Beaucoup sont émises pour réclamer l'&nbsp;&raquo;Ocean Penny Postage&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire une poste uniforme à 1 d pour les échanges au sein de l&rsquo;empire britannique. Cette patiente campagne aboutira en 1898.</p>
<p>La célèbre firme Valentine&rsquo;s, de Dundee, est un grand pourvoyeur de ces enveloppes de propagande, comme celle-ci, qui a été postée à Orléans en 1873, ou cette autre, adressée à Arthur Maury, bien connu des philatélistes français.</p>
<p><strong>Célèbre malgré tout</strong></p>
<p>Décriée et passée de mode, la Mulready n&rsquo;est pas oubliée par tout le monde. La première manifestation du Jubilé de la poste uniforme à un penny est un dîner organisé le 15 janvier 1890, pour trois cents personnalités du Post Office. Le carton d&rsquo;invitation, daté du 10 janvier, date anniversaire, porte le dessin de Mulready.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/084.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6383" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/084-300x241.jpg" alt="08" width="300" height="241" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 8 &#8211; Dans l&rsquo;esprit de la Mulready&#8230;</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/093.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6384" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/093-300x241.jpg" alt="09" width="300" height="241" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 9 &#8211; Gare aux imitations&#8230; (ici de William Elliott)&#8230;</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/102.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6385" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/102-300x244.jpg" alt="10" width="300" height="244" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 10 &#8211; &#8230; ou de Harry Furniss.</em></span></p>
<p>Le 2 juillet de la même année, toujours dans le cadre du jubilé, le GPO émet une enveloppe commémorative, avec une carte, dans l&rsquo;esprit de la Mulready (<strong>8</strong>). Celle-ci sera aussi copiée et caricaturée. Mais le cœur n&rsquo;y est plus : il n&rsquo;y a que deux productions pirates, une imitation par William Elliott (<strong>9</strong>) et une caricature par Harry Furniss (<strong>10</strong>). L&rsquo;Exposition philatélique de Londres de 1897 émet une vignette qui est une réduction du célèbre motif (<strong>11</strong>). Celle de 1950 illustre avec une Mulready une carte commémorative&#8230; imprimée par &laquo;&nbsp;John Dickinson&nbsp;&raquo; &#8211; la firme existe toujours&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/112.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6386" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/112-300x211.jpg" alt="11" width="300" height="211" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 11 &#8211; Un hommage tardif en 1897, sous forme de reproduction en réduction sur un vignette.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/125.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6387" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/125-300x256.jpg" alt="12" width="300" height="256" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><em>Fig. 12 &#8211; Aérogramme émis en 1879 avec médaille de Wyon.</em></span></p>
<p>On en retrouve un dernier souvenir, avec la médaille de Wyon, la croix de Malte et les deux premiers timbres de 1 d, sur un aérogramme émis en 1979 (<strong>12</strong>), à l&rsquo;occasion du centenaire de la mort de Sir Rowland Hill (il a été anobli par la reine en 1860)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 442 &#8211; Juin 1990</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>

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		<title>Mulready</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2016 10:13:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[William Mulready a donné son nom à des plis illustrés vendus port inclus, qui circulaient donc ensuite en franchise. Un ancêtre des entiers postaux en quelque sorte !&#8230; En 1836, Rowland Hill commence à se battre pour obtenir la réforme du système postal britannique et l&#8217;établissement d&#8217;une poste uniforme à un penny. L&#8217;élément de base<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/01/28/mulready/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>William Mulready a donné son nom à des plis illustrés vendus port inclus, qui circulaient donc ensuite en franchise. Un ancêtre des entiers postaux en quelque sorte !&#8230;</h4>
<p>En 1836, Rowland Hill commence à se battre pour obtenir la réforme du système postal britannique et l&rsquo;établissement d&rsquo;une poste uniforme à un penny.</p>
<p>L&rsquo;élément de base de sa réforme est le prépaiement du port des lettres. La poste y gagnera un temps considérable, au départ comme à la distribution du courrier. C&rsquo;est dans cet esprit qu&rsquo;il propose le &laquo;&nbsp;timbre-poste&nbsp;&raquo; pour &laquo;&nbsp;affranchir&nbsp;&raquo; les objets confiés à la poste. Mais son projet favori, ce sont des enveloppes ou des feuilles timbrées, qui seraient vendues à la poste et qui circuleraient ensuite en franchise.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/014.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6360" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/014-300x161.jpg" alt="01" width="300" height="161" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 1 &#8211; Projet de lettre présenté par Siever au concours du Trésor en 1839 (vente Harmers).</em></span></p>
<p>Est-ce l&rsquo;influence de ses écrits, ou l&rsquo;idée est-elle dans l&rsquo;air ? la plupart des projets présentés au concours du Trésor, en 1839, proposent des enveloppes ou des lettres (<strong>1</strong>, un des envois de Siever). Comme pour le timbre, Hill ne retiendra aucun de ces projets.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/023.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6361" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/023-300x300.jpg" alt="02" width="300" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 2 &#8211; Henry Cole, d&rsquo;après une carte postale publiée par le National Postal Museum, Londres.<br />
Henry Cole comme Roland Hill, est un grand serviteur de l&rsquo;Etat. Il travaille d&rsquo;abord au Record Office (Archives nationales). En 1838. avec l&rsquo;accord de ses supérieurs, il devient secrétaire du Mercantile Committee, qui milite pour obtenir la réforme postale. En 839, il participe au concours du Trésor, où il remporte l&rsquo;un des quatre prix attribués Il est tout désigné pour seconder Roland Hill, ce qu&rsquo;il fait de 1839 à 1842. Plus tard, il sera l&rsquo;un des organisateurs des grandes expositions internationales de Londres, surtout celle de 1851, qui connaît un immense succès. Il reçoit la Légion d&rsquo;honneur en 1851 La reine le fait chevalier en 1875.</em></span></p>
<p>Ardent propagandiste de la culture, il veut profiter de ces productions pour &laquo;&nbsp;diffuser un goût pour les beaux-arts&nbsp;&raquo;. Occupé par la mise en œuvre de sa réforme, il confie à son assistant, Henry Cole (<strong>2</strong>), le problème des lettres et des enveloppes. Celui-ci commence donc par prendre contact avec Sir Martin Archer Shee, président de la Royal Academy, qui lui indique les noms d&rsquo;illustrateurs susceptibles de lui dessiner les motifs demandés.</p>
<p>De cette démarche, Cole a conservé un projet réalisé par Henry Corbould, celui qui a dessiné, d&rsquo;après la médaille de Wyon, l&rsquo;effigie du Penny Black. Le motif représente &laquo;&nbsp;Britannia&nbsp;&raquo; assise, entourée des allégories du commerce et de l&rsquo;agriculture. L&rsquo;effigie de la reine paraît en vignette, au verso, dans une couronne de feuillages. Ce document se trouve au Victoria &amp; Albert Museum. Cole en fut l&rsquo;un des fondateurs, et ses archives y sont conservées.</p>
<p>Cole ne cherche pas d&rsquo;autres illustrateurs. Son grand patron, Francis Baring, le chancelier de l&rsquo;Echiquier, souhaite qu&rsquo;il s&rsquo;adresse à William Mulready, un artiste de ses amis. C&rsquo;est ce que fait Henry Cole le 13 décembre 1839. Le dimanche 15, Mulready lui remet un premier croquis. Le dessin définitif est approuvé par le chancelier le 4 janvier 1840. Il est également présenté à la reine.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/033.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6362" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/033-300x190.jpg" alt="03" width="300" height="190" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 3 &#8211; Dessin de Mulready. Epreuve tirée avant insertion de la valeur (NPM).</em></span></p>
<p>Ce dessin (<strong>3</strong>) représente aussi une &laquo;&nbsp;Britannia&nbsp;&raquo;, en position centrale (il est établi dès le début que ce motif, au centre, doit représenter le &laquo;&nbsp;timbre&nbsp;&raquo; ; c&rsquo;est lui qui doit recevoir l&rsquo;oblitération lors du passage à la poste). Elle envoie des messagers porter aux quatre coins du monde les bienfaits de la réforme postale, pour le plus grand bénéfice de l&rsquo;industrie et du commerce britanniques. En même temps, la Penny Post aide au rapprochement des familles et favorise l&rsquo;éducation des masses par la diffusion de l&rsquo;écriture et de la lecture.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/042.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6363" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/042-300x272.jpg" alt="04" width="300" height="272" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 4- William Mulready (Illustred London News, 1863).</em></span></p>
<p>William Mulready (<strong>4</strong>) est un artiste réputé, membre de la Royal Academy. Mais il semble que cette commande spéciale ne l&rsquo;ait guère inspiré et qu&rsquo;il l&rsquo;ait, si j&rsquo;ose dire &laquo;&nbsp;traitée par-dessus la jambe&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>L&rsquo;un de ses zélés messagers est unijambiste ! Il est vrai que ses ailes lui suffisent pour porter la bonne nouvelle aux Indiens&#8230; Précisément, ces Indiens, il semblerait que Mulready se soit contenté de les tirer d&rsquo;un dessin de Benjamin West, récemment gravé par Perkins et Heath, et qui représente William Penn discutant avec eux&#8230; Toujours est-il que William Mulready reçoit 200 livres pour prix de son travail.</p>
<p>Le 6 janvier 1840, Rowland Hill apporte le dessin de Mulready au graveur John Thompson. C&rsquo;est lui qui a gravé la Britannia du revers de la pièce de un penny en cours à cette époque et un billet de cinq livres de la Bank of England, qui a servi pendant cent vingt­cinq ans.</p>
<p><strong>Trois mois, c&rsquo;est long</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/052.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6364" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/052-300x189.jpg" alt="05" width="300" height="189" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 5 &#8211; bloc gravé par Thompson (V &amp; A Museum).</em></span></p>
<p>Thompson reporte le dessin sur une plaque de laiton, qu&rsquo;il met près de trois mois à graver (<strong>5</strong>). Après tout, c&rsquo;est peut-être lui qui a oublié la jambe dans son burin&#8230; ? Le 1er avril, il soumet à Rowland Hill des épreuves, sans la valeur.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/063.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6365" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/063-209x300.jpg" alt="06" width="209" height="300" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 6. ­ Epreuve de l&rsquo;enveloppe Mulready ( NPM ).</em></span></p>
<p>D&rsquo;autres épreuves sont tirées, avec les valeurs &laquo;&nbsp;One Penny&nbsp;&raquo;, et &laquo;&nbsp;Two Pence&nbsp;&raquo; , et pour choisir les motifs qui doivent entourer l&rsquo;enveloppe (<strong>6</strong>) et la feuille­lettre (<strong>7</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/073.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6366" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/073-300x256.jpg" alt="07" width="300" height="256" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 7. &#8211; Epreuve pour le choix de l&rsquo;entourage de la lettre.</em></span></p>
<p>Des clichés sont fabriqués à partir du bloc gravé par Thompson. Après adjonction de la valeur et des entourages, ils sont arrangés en trois rangées de quatre, pour imprimer douze enveloppes ou douze lettres à la fois. Chacun de ces clichés est numéroté (au verso, en dessous du mot Postage) , ce qui a permis d&rsquo;identifier quatre planches différentes pour les enveloppes à 1 d et six pour les lettres de la même valeur. On ne connaît qu&rsquo;une seule planche pour les enveloppes à 2 d et autant pour les lettres à 2 d. Certains autres clichés ont été rencontrés, dont on ne connaît pas la position dans les planches.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/083.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6367" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/083-300x216.jpg" alt="08" width="300" height="216" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 8- Enveloppe à 2 d. Disposition des fils de soie.</em></span></p>
<p>Le 6 avril 1840, le contrat de fabrication est confié à la firme Clowes &amp; Sons, de Blackfriars, à Londres. Elle utilise pour ces articles un &laquo;&nbsp;papier de sécurité&nbsp;&raquo;, avec fils de soie, fabriqué par John Dickinson. Celui-ci avait proposé dès 1837 des modèles d&rsquo;enveloppes fabriquées avec ce papier, pour les protéger des contrefaçons. Les &laquo;&nbsp;fils de soie&nbsp;&raquo; sont des fils de couleur, disposés longitudinalement dans la pâte du papier au cours de la fabrication. Chaque enveloppe comporte deux groupes de trois fils (rouge, bleu, rouge), un dans chacun des rabats latéraux, disposés en oblique (<strong>8</strong>). Les feuilles ont trois·fils rouges horizontaux au-dessus du dessin et deux fils bleus en dessous. En fait, ces &laquo;&nbsp;fils de soie&nbsp;&raquo; ne sont que du coton&#8230;</p>
<p>La poste fournit les lettres à l&rsquo;unité, au prix de 1 d 1/4 pour la lettre de 1 d et de 2 d 1/4 pour celle de 2 d. Les enveloppes sont livrées par feuilles entières de 12, non coupées, mais des revendeurs autorisés proposent, moyennant un léger supplément, les enveloppes découpées et pliées. Les rabats ne sont pas gommés. Feuilles et enveloppes sont généralement closes par un cachet de cire.</p>
<p>Le dessin de Mulready mesure 82 x 132 mm. Les feuilles, découpées à la main, mesurent environ 180-190 x 200-230 mm. Les enveloppes pliées font environ 85-86 x 128-133 mm. Lettres et enveloppes à 1 d sont imprimées en noir. Celles à 2 d sont imprimées en bleu. Le tarif à 1 d accepte des objets dans la feuille ou l&rsquo;enveloppe jusqu&rsquo;à 1 /2 once (1 4 g). Le tarif à 2 d admet des objets jusqu&rsquo;à 1 once (28 g). Le poids en excès doit être affranchi avec des timbres supplémentaires. Le tarif pour 1 à 2 onces est de 4 d. De 2 à 3 onces, il est de 6 d, et de 2 d par once supplémentaire, avec un maximum de 16 onces (1 livre ou 453 g). Les plis non affranchis sont taxés au double du tarif, lors de la distribution . Ceux qui sont insuffisamment affranchis sont taxés au double du manque. Ces indications, parmi d&rsquo;autres, sont imprimées sur le côté des feuilles Mulready.</p>
<p><strong>70 000 à l&rsquo;heure</strong></p>
<p>Dès la mi-avril, la production commence chez Clowes &amp; Sons, à la cadence de soixante-dix mille à l&rsquo;heure.</p>
<p>Les &laquo;&nbsp;Mulready&nbsp;&raquo; sont mises en vente en même temps que le Penny Black, dès le 1er mai 1840, mais, comme le Penny Black, elles ne peuvent être utilisées officiellement qu&rsquo;à partir du 6 mai. Cependant, comme pour le Penny Black, on connaît quelques rares Mulready qui sont passées par la poste avant la date réglementaire.</p>
<p>L&rsquo;utilisation normale des Mulread y est l&rsquo;expédition de messages de moins de 1/2 once (1 d) ou de moins de 1 once (2 d), pour lesquels elles sont prévues. Ces objets sont préaffranchis. La poste les annule avec une croix de Malte appliquée sur la Britannia centrale. Le règlement prévoit de taxer les plis oblitérés anormalement, en dehors de ce motif.</p>
<p>L&rsquo;interprétation est la suivante : ils sont supposés avoir déjà circulé, avec un timbre collé sur la Britannia&#8230; Le timbre aurait été décollé pour faire resservir la Mulready&#8230; L&rsquo;argumentation est plutôt spécieuse&#8230; Mais le G.P.O. a une telle hantise de la fraude !</p>
<p>La figure <strong>8</strong> illustre une lettre à 1 d, du 30 septembre 1 840, portant la croix de Malte violette de Market Street (Herts).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/092.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6368" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/092-300x191.jpg" alt="09" width="300" height="191" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 9 &#8211; Lettre avec croix de Malte bleue de Sleaford ( Lincs. ) (Vente Harmers ).</em></span></p>
<p>La figure <strong>9</strong>, une lettre à 1 d, du 19 septembre 1842, oblitérée en bleu à Sleaford (Lincs.).</p>
<p>Ces couleurs sont des raretés. La croix de Malte est normalement rouge jusqu&rsquo;en février 1841 et noire par la suite.</p>
<p>On connaît des Mulready à 2 d, portant en plus un Penny Black pour affranchir un pli jusqu&rsquo;à 1 once, comme l&rsquo;une d&rsquo;elle datée du 2 avril 1841, portant la curieuse croix de Malte de Wotton-Under-Edge, très caractéristique. Le cachet semble avoir été strié de coups de lime.</p>
<p>Il y a aussi des Mulready à 1 d, augmentées à 4 d, pour affranchir un pli de 1 à 2 onces, ou, plus rarement, réexpédiées et donc affranchies à nouveau avec un timbre de même valeur.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/101.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6369" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/101-300x193.jpg" alt="10" width="300" height="193" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fïg. 10 -Mulready exceptionnelle avec un One Penny brun-rouge et un Two Pence de 1840 (Collection S.F. Cohen ).</em></span></p>
<p>On a répertorié trois exemples de lettres à 1 d portant en plus un Penny Black et un timbre à 2 d (port de 1 à 2 onces). On connaît aussi pour la même application une Mulready exceptionnelle, plus tardive (5 juin 1841), portant un 2 d de 1840 et un timbre de 1 d brun-rouge (<strong>10</strong>). Cette pièce est invitée en Cour d&rsquo;honneur à London 90.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/111.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6370" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/111-300x198.jpg" alt="11" width="300" height="198" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 11 &#8211; Lettre à 1 d, plus une paire de penny Black. Le tarif au-dessus de 1 once étant de 4 d, elle a été taxée de 2 d. (Vente Harmers).</em></span></p>
<p>Il existe un magnifique exemple d&rsquo;une Mulready à 1 d, portant une paire de Penny Black, parce qu&rsquo;elle dépasse 1 once. Mais le tarif correspondant est en fait de 4 d. Elle a donc été taxée de 2 d, soit le double de la différence (<strong>11</strong>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/124.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6371" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/124-300x201.jpg" alt="12" width="300" height="201" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 12 &#8211; Lettre à 1 d, plus un timbre à 2 d de 1840. Trop payé pour un tarif à 2 d (moins d&rsquo;un once) (Vente harmers).</em></span></p>
<p>On connaît aussi une lettre à 1 d où l&rsquo;expéditeur a collé un timbre de 2 d, pour expédier un pli pesant entre 1/2 once et 1 once (<strong>12</strong>). Prodigue, ou mal informé, il a payé un penny de trop ! Les lettre pour les colonies ou l&rsquo;étranger sont très intéressantes, car les tarifs, qui atteignent 8 à 10 fois le tarif intérieur, nécessitent d&rsquo;ajouter à la Mulready un nombre respectable de timbres adhésifs.</p>
<p>On a rencontré aussi quelques rares exemples de Mulready coloriées. On ne sait si c&rsquo;est l&rsquo;expéditeur ou le destinataire qui a voulu &laquo;&nbsp;améliorer&nbsp;&raquo; l&rsquo;œuvre de Mulready.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/132.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6372" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/132-300x268.jpg" alt="13" width="300" height="268" /></a><span style="color: #800000;"><em>Fig. 13 &#8211; Publicités au dos de la lettre Mulready (NPM).</em></span></p>
<p>Les lettres en feuilles de 12 ont très vite attiré l&rsquo;attention de certains, qui ont fait imprimer au verso toutes sortes de circulaires, publicités (<strong>13</strong>), ou informations diverses, émanant de compagnies d&rsquo;assurances, de banques, d&rsquo;administrations, de sociétés ou de commerçants divers&#8230; Il a été répertorié près de 150 textes principaux, sans compter d&rsquo;innombrables variantes, qui forment une collection intéressante, mais difficile a réunir.</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 441 &#8211; Mai 1990</span></p>
<p>&nbsp;</p>

<div class="ratings " data-post="6359">  
  <ul   style="width:60px" title="5.00 / 5">    <li class="rating" style="width:60px">      <span class="average">        5.00 / 5      </span>      <span class="best">        5      </span>    </li>
    
      
        
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		<title>Two Pence bleu</title>
		<link>https://timbresmag.fr/2016/01/22/two-pence-bleu/</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2016 14:34:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Il était prévu d&#8217; émettre simultanément , le 6 mai 1840, le timbre de One Penny (le Penny Black) (1 d, tarif jusqu&#8217;à 1/2 once) et le timbre de Two Pence pour le tarif jusqu&#8217;à 1 once. Mais la planche du 2 d n&#8217;est terminée que le 1er mai. Elle est mise sur presse, sans<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/01/22/two-pence-bleu/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Il était prévu d&rsquo; émettre simultanément , le 6 mai 1840, le timbre de One Penny (le Penny Black) (1 d, tarif jusqu&rsquo;à 1/2 once) et le timbre de Two Pence pour le tarif jusqu&rsquo;à 1 once. Mais la planche du 2 d n&rsquo;est terminée que le 1er mai. Elle est mise sur presse, sans avoir été cémentée. Ce n&rsquo;est que le 6 mai que les six cents premières feuilles sont distribuées dans les bureau x de Londres.</h4>
<p>Cependant, dix-huit feuilles ont été livrées au General Post Office (GPO) le 5 mai. Les timbres de ces feuilles accompagnent une circulaire adressée aux receveurs, le 7 mai, pour leur annoncer la parution de ce nouveau timbre. Ce document comporte deux exemplaires du timbre de 2 d, ainsi que deux exemplaires du Penny Black &laquo;&nbsp;VR&nbsp;&raquo;, prévu pour les courriers officiels, mais qui restera non émis.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/013.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6342" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/013-300x131.jpg" alt="01" width="300" height="131" /></a>Le bloc du 2 d est obtenu à partir d&rsquo;une molette modifiée, tirée du bloc original à 1 d gravé parHeath. L&rsquo;inscription &laquo;&nbsp;One Penny&nbsp;&raquo; est remplacée par &laquo;&nbsp;Two Pence&nbsp;&raquo;. La planche présente la même disposition que celle du Penny Black : deux cent quarante timbres en vingt rangées de douze. Les lettres du même alphabet (Alphabet 1) sont également poinçonnées dans les angles inférieurs des timbres : AA-AL&#8230; jusqu &lsquo;à TA-TL. Les inscriptions dans les marge de la feuille deviennent : «prix 2 d par timbre. 2/ par rangée de 12. £ 2 par feuille&#8230; (<strong>1</strong>).</p>
<p>Cette planche, la n°1 , est enregistrée le 2 mai. Pour chaque nouvelle planche d&rsquo;impression fabriquée, on envoie pour vérification au Bureau du timbre, à Sommerset House, trois ou quatre des premières feuilles imprimées. Une feuille est conservée en archives, c&rsquo;est &laquo;&nbsp;l&rsquo;imprimatur&nbsp;&raquo; ; les autres sont généralement remises en circulation. Ces feuilles d&rsquo;impression sont maintenant conservées au National Postal Museum de Londres. Sur la plupart de ces feuilles, il manque des timbres dans les premières rangées du haut ou du bas ; ceux-ci ont été prélevés officiellement pour différentes raisons, le plus souvent pour être remis à des personnalités. Ces spécimens, que l&rsquo;on appelle des &laquo;&nbsp;imprimatur&nbsp;&raquo;, sont parfaitement répertoriés, puisque l&rsquo;on connaît les combinaisons de lettres qui manquent sur les feuilles. Il s&rsquo;en rencontre assez fréquemment dans les grandes ventes, où ils sont très recherchés. Or il se trouve que la feuille d&rsquo;imprimatur de la planche 1 du 2 d n&rsquo;a pas été conservée.</p>
<p><strong>Même papier&#8230;</strong></p>
<p>Le papier du 2 d est le même que celui du Penny Black, avec le filigrane &laquo;&nbsp;petite couronne&nbsp;&raquo;. Les deux cent quarante éléments de ce filigrane sont formés à la main en partant de fil de laiton très fin; ils sont ensuite fixés à leur place dans la forme de fabrication du papier. Ces petites couronnes se présentent donc avec de petites différences. L&rsquo;impression et le gommage des timbres sont assurés dans les mêmes conditions par Perkins, Bacon &amp; Petch.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/022.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6343" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/022-300x217.jpg" alt="02" width="300" height="217" /></a>La couleur du nouveau timbre est bleue (<strong>2</strong>). Mais, alors que la tonalité du Penny Black est relativement constante (le noir intense obtenu sur une planche neuve tire seulement vers le gris lorsque la planche est usée) , le bleu du 2 d présente un nombre considérable de variétés de nuances, qui vont du bleu clair (<strong>3</strong>) au bleu foncé, du bleu vif à un bleu terne, du bleu verdâtre au bleu violet&#8230; Elles font l&rsquo;attrait de la collection de ce timbre. Le pigment de l&rsquo;encre est un mélange de bleu de Prusse et de blanc de zinc. La qualité des matières premières et un manque de précision dans les proportions sont probablement la cause de ces variations.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/032.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6344" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/032-300x171.jpg" alt="03" width="300" height="171" /></a>Deux planches seulement, la 1 et la 2, ont imprimé ce timbre, que l&rsquo;on connaît sous les noms de &laquo;&nbsp;N°2&Prime; (catalogue Yvert, pour les Français), &laquo;&nbsp;2 d 1840&Prime; ou &laquo;&nbsp;2 d sans lignes&nbsp;&raquo;, par comparaison avec les émissions suivantes qui comportent une ligne blanche au­dessus et en dessous de l&rsquo;effigie.</p>
<p>La planche 1 a imprimé près de dix-sept mille feuilles de 2 d (les chiffres varient de quelques centaines suivant les sources). C&rsquo;est dans la production de cette planche que l&rsquo;on trouve le plus de variétés de nuances : bleu laiteux, bleu violet, bleu acier, bleu brillant&#8230;</p>
<p>On rencontre sur cette feuille quatre &laquo;&nbsp;reentries&nbsp;&raquo; (double frappe : ou double report), sur les timbres AH, DJ, ED et NC, ainsi qu&rsquo;un certain nombre de variétés constantes.</p>
<p>La planche 2, terminée le 18 juillet, est mise sur presse le 27. Elle est enregistrée quatre jours plus tard, mais, comme pour la planche 1, la feuille d&rsquo;imprimatur est manquante. On ne connaît d&rsquo;ailleurs pas de spécimens pouvant provenir de telles feuilles dans les collections publiques ou privées.</p>
<p>La planche 2 comporte deux reentries, sur les timbres QL et TA, ainsi qu&rsquo;un certain nombre de variétés constantes : lettres doubles, etc.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/04-06.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6345" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/04-06-236x300.jpg" alt="04-06" width="236" height="300" /></a>On peut distinguer assez facilement les timbres de ces deux planches : ceux de la planche 1 ont dans l&rsquo;angle supérieur gauche la ligne verticale du cadre très faible, jusqu&rsquo;à disparaître complètement sur certains exemplaires (<strong>4</strong>). Sur la planche 2, cette ligne est très marquée. Elle a dû faire l&rsquo;objet d&rsquo;une retouche.<br />
Sur tous les timbres de la planche 2, les &laquo;&nbsp;rayons&nbsp;&raquo; supérieurs de l&rsquo;ornement de l&rsquo;angle supérieur droit sont raccourcis, surtout le rayon vertical (<strong>5</strong>). Sur la planche 1, seuls les vingt-trois derniers timbres de la feuille (SB à TL) présentent la même particularité. Tous les autres ont des crayons normaux, le rayon vertical étant même nettement prononcé.<br />
Un certain nombre de timbres de la planche 1 montrent dans l&rsquo;inscription du bas les lettres T et W jointives et le O entamé en haut et à droite (<strong>6</strong>), mais cela n&rsquo;est pas toujours net.<br />
Les impressions usées proviennent de la planche 1, qui n&rsquo;a pas été cémentée, alors que la planche 2 a été normalement durcie avant d&rsquo;être mise sur presse. Celle-ci n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs imprimé que dix mille six cents feuilles environ.<br />
La première date d&rsquo;utilisation connue du timbre de 2 d (planche 1) est le 9 mai 1840, sur un fragment.<br />
La première enveloppe complète date du lundi 11 mai (coll. SFC). Celle-ci sera présentée en cour d&rsquo;honneur à l&rsquo;exposition &laquo;&nbsp;London 90&Prime;.<br />
La première date connue de la planche 2 est le 18 août 1840.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/072.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6346" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/072-300x191.jpg" alt="07" width="300" height="191" /></a>Les timbres de la planche 1 sont généralement oblitérés de la croix de Malte rouge. Ceux de la planche 2 ont normalement la croix de Malte noire (<strong>7</strong>, coll. SFC), plus rarement rouge.</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/082.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6347" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/082-300x174.jpg" alt="08" width="300" height="174" /></a>On connaît de ces timbres quelques rares utilisations tardives, comme cette lettre portant une splendide bande de trois timbres de la planche 1, avec l&rsquo;oblitération &laquo;&nbsp;numeral&nbsp;&raquo; de 1844, numéro &laquo;&nbsp;859&nbsp;&raquo; de Wellington (Salop) (<strong>8</strong>, coll. SFC) <em>L&rsquo;appellation d&rsquo;époque de ce comté peut paraître choquante (!)&#8230; Elle est remplacée aujourd&rsquo;hui par le nom moderne de &laquo;&nbsp;Shropshire&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>On peut citer aussi un exemple unique, qui regroupe sur la même enveloppe les trois premiers timbres du monde : le Penny Black, le 2 d bleu et le 1 d brun-rouge (<strong>9</strong>). Cette lettre a une histoire.</p>
<p>Elle fait partie de la &laquo;&nbsp;Correspondance Lauderdale&nbsp;&raquo; : à cette époque, John Ormiston, régisseur du château de Thirlstane, à Lauder, en Ecosse, envoie chaque semaine à son maître, le comte de Lauderdale, à sa maison de Dunbar, l&rsquo;état des comptes du domaine. Le document pèse près de 1 once et la lettre est affranchie avec un timbre de 2 d bleu. Elle est postée à Lauder le 7 juillet 1841 . Mais le comte a quitté Dunbar pour Dunse et quelqu&rsquo;un de sa maison, peut-être son secrétaire, fait suivre le courrier, qui doit alors être affranchi à nouveau pour ce deuxième parcours. Il colle sur l&rsquo;enveloppe son dernier Penny Black, périmé, mais toujours valide, et un</p>
<p>1 d brun-rouge, en cours à cette date, composant cet extraordinaire affranchissement tricolore.</p>
<p><em><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/09-11.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6348" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/09-11-300x154.jpg" alt="09-11" width="300" height="154" /></a></em><span style="color: #800000;"><strong>Extraordinaire</strong></span></p>
<p>Mais cette histoire va plus loin. Bien qu&rsquo;elle ne concerne pas le timbre de 2 d, elle mérite cependant d&rsquo;être contée. Le même jour, Ormiston envoie au comte une autre lettre contenant d&rsquo;autres éléments de comptabilité. Sans y voir malice, on peut subodorer sous cette deuxième lettre un effet de l&rsquo;esprit d&rsquo;économie des Ecossais. Ajoutée à la première lettre, celle-ci aurait dépassé une once et payé 4 d de port. Envoyés séparément, l&rsquo;une ne paie que 1 d (moins de 1/2 once) et l&rsquo;autre 2 d (moins de 1 once), d&rsquo;où une économie de 1 d&#8230; indépendamment des frais de réexpédition, car les deux lettres ont voyagé de conserve et suivi le même circuit. Celle-ci, postée aussi à Lauder, est affranchie avec un 1 d brun­rouge. Arrivée à Dunbar, elle est également réexpédiée sur Dunse, après avoir été affranchie à nouveau avec un autre Penny Black. Or il se trouve que ce timbre, avec les lettres NK, a été découpé de la même paire verticale que le Penny Black, lettres OK, de la première lettre. Etonnant&#8230; non? (<strong>10</strong>).</p>
<p>Pour extraordinaires qu&rsquo;elles soient, ces deux lettres sont parfaitement normales et correspondent aux tarifs en vigueur. Il existe une lettre, du 14 juin 1840, affranchie avec un Penny Black et un 2 d, soit 3d, ce qui ne correspond à aucun tarif (<strong>11</strong>, coll. SFC). L&rsquo;explication est que cette lettre pesait plus de 1 once et aurait dû normalement être affranchie à 4 d. Elle a d&rsquo;ailleurs été taxée en conséquence de deux fois le manque d&rsquo;affranchissement : cachet &laquo;&nbsp;More to pay&nbsp;&raquo; et inscription manuscrite &laquo;&nbsp;2 d more to pay/above 1 ounce&nbsp;&raquo;. Cette lettre est aussi invitée en cour d&rsquo;honneur à &laquo;&nbsp;London 90&Prime;.</p>
<p>Comme pour le Penny Black qui a dû passer au brun-rouge, le problème du lavage de l&rsquo;oblitération se pose pour le 2 d. Des essais sont faits également pour cette valeur. Deux blocs sont préparés pour ces essais, en octobre 1840, comportant deux timbres l&rsquo;un au-dessus de l&rsquo;autre. Par chance, on trouve une encre bleue qui résiste moins bien au lavage que celle du 2 d de 1840. La couleur du timbre ne sera donc pas changée, mais pour distinguer les nouveaux timbres des précédents, une ligne blanche est ajoutée au-dessus et en dessous de l&rsquo;effigie, ce qui donne le &laquo;&nbsp;2 d avec lignes&nbsp;&raquo;, qui sera imprimé par la planche 3 et les suivantes</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/123.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6352" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/123-300x249.jpg" alt="12" width="300" height="249" /></a>Comme celles-ci ne sont pas encore prêtes (la 3 ne sortira que le 25 février 1841) , on prépare, le 15 janvier 1841, une petite planche de douze timbres. Elle sert à imprimer des spécimens qui seront joints à une circulaire destinée à informer les receveurs de la sortie du timbre modifié. Cette planche de douze, exécutée en urgence, ne comporte pas de lettres dans les angles inférieurs des timbres (<strong>12</strong>). Le papier de ces timbres est sans filigrane et non gommé. Ils ne sont pas destinés à l&rsquo;affranchissement, mais on en connaît quelques rares exemplaires qui sont passés par la poste (<strong>13</strong>, NPM).</p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/131.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6350" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/131-300x91.jpg" alt="13" width="300" height="91" /></a></p>
<p>J&rsquo;avais omis de préciser que le Penny Black, comme le 2 d, sont des timbres non dentelés. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en février-mars 1854 que les timbres anglais seront émis avec une perforation.</p>
<p><em>L&rsquo;appellation d&rsquo;époque de ce comté peut paraître choquante (!)&#8230; Elle est remplacée aujourd&rsquo;hui par le nom moderne de &laquo;&nbsp;Shropshire&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/04-06.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6345" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/04-06-236x300.jpg" alt="04-06" width="236" height="300" /></a></p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Le Monde des Philatélistes</em> n° 438 &#8211; Février 1990</span></p>

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		<title>L&#8217;Histoire de l&#8217;unité italienne en neuf tableaux</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2016 11:10:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Fournier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Pays G-N]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains timbres sont plus que des timbres, certaines enveloppes plus que des enveloppes : de véritables stars, à qui l&#8217;on a donné un nom propre et dont on retrouve périodiquement les photos dans les catalogues internationaux des grandes ventes aux enchères. De telles pièces, les anciens Etats italiens en comptent peut-être plus que tout autre<p class="moretag"><a href="https://timbresmag.fr/2016/01/19/lhistoire-de-lunite-italienne-en-neuf-tableaux/"> Lire plus</a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Certains timbres sont plus que des timbres, certaines enveloppes plus que des enveloppes : de véritables stars, à qui l&rsquo;on a donné un nom propre et dont on retrouve périodiquement les photos dans les catalogues internationaux des grandes ventes aux enchères. De telles pièces, les anciens Etats italiens en comptent peut-être plus que tout autre pays, et les collectionneurs de Rome, Turin ou Palerme leur vouent un attachement qui dépasse le cadre de la philatélie : en plus de leur immense valeur, elles racontent presque jour par jour l&rsquo;héroïque naissance d&rsquo;une nation.</p>
<p>Négociant, éditeur de catalogues et de magazine, tout autant que grand collectionneur amoureux passionné du timbre, Alberto, Bolaffi n&rsquo;a pas hésité à faire peindre les &nbsp;&raquo;portraits&nbsp;&raquo; de quelques-unes des plus prestigieuses stars de la philatélie qu&rsquo;il lui a été donné de rencontrer, en les resituant comme de véritables personnages historiques au milieu de leurs contemporains et des événements dont ils gardent le témoignage. Les tableaux sont signés ltalo Bongera ; le plus grand &#8211; Garibaldi et les émissions de Naples &#8211; mesure 2 m sur 3, les autres 1,50 m sur 2&#8230; En route pour une visite dans une galerie d&rsquo;art philatélique vraiment hors du commun, qui donne à la collection des timbres et des enveloppes une dimension inhabituelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>François-Joseph : L&rsquo;Italie unie ? Pas question !</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/FJoseph.jpg"><img class="size-medium wp-image-6251 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/FJoseph-254x300.jpg" alt="FJoseph" width="254" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En 1859, le principal obstacle à l&rsquo;unité, c&rsquo;est lui : l&rsquo;empereur d&rsquo;Autriche-Hongrie<br />
règne sur la Lombardo-Vénétie (tout le nord-­est de l&rsquo;Italie)<br />
et protège militairement ses alliés les ducs de Parme,<br />
de Modène et le grand-duc de Toscane, farouchement attachés à leurs couronnes.</p>
<p>On le voit ici gardant &laquo;&nbsp;sous le coude&nbsp;&raquo; la seule lettre connue affranchie avec la première série<br />
de Lombardo-Vénétie au grand complet : hormis leur faciale en centesimi, les timbres<br />
sont rigoureusement identiques à ceux d&rsquo;Autriche &#8211; en fait, seule la différence des monnaies<br />
circulant dans les différentes parties de l&rsquo;Empire a Justifié l&rsquo;utilisation de timbres particuliers en Lombardo-Vénétie.</p>
<p>Dans le bas du tableau, la cathédrale de Milan, les arènes de Vérone et Venise,<br />
qui toutes appartiennent à ses Etats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Napoléon III s&rsquo;en mêle</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Napoleon.jpg"><img class="size-medium wp-image-6253 alignright" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Napoleon-224x300.jpg" alt="Napoleon" width="224" height="300" /></a>Le 27 avril 1859, l&rsquo;Autriche attaque le Piémont-­Sardaigne dont le roi Victor Emmanuel II (en haut à droite), ardent défenseur de l&rsquo;unification, s&rsquo;est assuré l&rsquo;alliance de Napoléon III. De Montebello à Solferino, toutes les batailles tourneront à l&rsquo;avantage des Franco­-Sardes. En juin 1859, celle de Magenta (en bas du tableau) leur ouvre les portes de Milan, capitale de Lombardo-Vénétie.</p>
<p>Conséquence philatélique immédiate : les timbres de l&rsquo;administration autrichienne n&rsquo;ont plus cours. Sur la lettre représentée ici, l&rsquo;effigie de François-Joseph a été annulée à la plume d&rsquo;un rageur &laquo;&nbsp;Non valevole&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;non valable&nbsp;&raquo; tandis qu&rsquo;un timbre de Sardaigne venait compléter l&rsquo;affranchissement. Piémont-Sardaigne et la Lombardie conquise &#8211; la Vénétie demeurera autrichienne jusqu&rsquo;en 1866 &#8211; forment alors le premier noyau de l&rsquo;Italie nouvelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Partout où il le peut, le peuple choisit l&rsquo;Italie unie</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Peuple.jpg"><img class="size-medium wp-image-6255 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Peuple-220x300.jpg" alt="Peuple" width="220" height="300" /></a></p>
<p>Voici François V de Modène (à gauche) et la régente Marie-Louise de Parme accompagnés<br />
des n°1 de leurs albums respectifs. Leur règne s&rsquo;achève en 1859 :<br />
l&rsquo;annonce des victoires franco-sardes, des soulèvements populaires les ont contraints à la fuite.<br />
Ce n&rsquo;est pas la première fois, mais par le passé l&rsquo;armée autrichienne les avait toujours rétablis sur leur trône&#8230;<br />
Désormais, le vent a définitivement tourné. A leur détriment.</p>
<p>Le pape Pie IX (accoudé, en haut, sur &laquo;&nbsp;son&nbsp;&raquo; timbre le plus rare, le50 baiocchi &laquo;&nbsp;impression défectueuse&nbsp;&raquo; de 1864),<br />
qui possède tout le centre de la Péninsule, ne s&rsquo;y maintient que grâce à la protection de l&rsquo;armée française.<br />
Ce qui n&rsquo;empêche pas une partie de ses Etats, dont la Romagne, de faire sécession :<br />
l&rsquo;émission dite &laquo;&nbsp;du gouvernement provisoire&nbsp;&raquo; (au centre, sur lettre) en garde la trace philatélique.<br />
Quant au personnage du bas, c&rsquo;est le gouverneur Carlo Farini qui, le 1er janvier 1860,<br />
unifie par référendum Modène, Parme et Romagne : elles formeront la province d&rsquo;Emilie du futur royaume d&rsquo;Italie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>A l&rsquo;assaut des Deux-Siciles</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/DeuxSiciles.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6249" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/DeuxSiciles-300x241.jpg" alt="DeuxSiciles" width="300" height="241" /></a>Leurs chemises rouges (à droite) en font évidemment des cibles idéales dans les batailles, mais lorsque leur chef Garibaldi (au centre) a dû vêtir le corps de volontaires internationaux qu&rsquo;il a levé lui-même, il ne disposait de rien d&rsquo;autre que de ce stock d&rsquo;habits de travail acheté aux abattoirs de Buenos Aires, lors de son exil en Argentine. Au nom de l&rsquo;unité italienne, ce républicain dans l&rsquo;âme a accepté de se battre pour le roi de Sardaigne. En 1860, après plusieurs victoires sur les Autrichiens, il part conquérir la Sicile et les provinces napolitaines (royaume des Deux-Siciles) alors sous la terrible férule de Ferdinand II de Bourbon, surnommé &laquo;&nbsp;le roi Bomba&nbsp;&raquo; depuis qu&rsquo;il a fait bombarder ses villes de Palerme et Messine révoltées.</p>
<p>Les timbres de ce tableau sont de véritables documents historiques. Au centre, le 1/2 grana rose de Naples, émis sous Ferdinand en 1858.</p>
<p>A gauche, le même en bleu, avec pour faciale un &laquo;&nbsp;T&nbsp;&raquo; cachant mal le &laquo;&nbsp;G&nbsp;&raquo; initial : suite à une diminution de tarif décidée par Garibaldi en novembre 1860, après la conquête de Naples, on a ainsi transformé les &nbsp;&raquo;grana&nbsp;&raquo; en &laquo;&nbsp;torneso&nbsp;&raquo; &#8211; une petite monnaie qui vaut moitié moins. Une seule planche a été ainsi corrigée et n&rsquo;a servi qu&rsquo;une fois : d&rsquo;où un tirage de cent exemplaires qui fait de ce 1/2 T le timbre le plus rare d&rsquo;Italie. Nouvelle modification quelques semaines plus tard : cette fois, on efface les armoiries des Bourbon de Sicile pour les remplacer par la croix de Savoie, emblème de Victor-Emmanuel.</p>
<p>Le dessin initial n&rsquo;a pourtant pas totalement disparu :·on le devine sous la nouvelle gravure.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>La France soutient l&rsquo;Italie contre l&rsquo;Autriche, mais protège Rome contre l&rsquo;Italie</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/France.jpg"><img class="size-medium wp-image-6252 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/France-245x300.jpg" alt="France" width="245" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le pape Pie IX a de quoi être- satisfait : il contemple &#8211; une feuille entière du 1 scudo de 1852,<br />
la plus haute valeur de la première émission des Etats pontificaux, tandis que sa main gauche<br />
repose nonchalamment sur un 20 baiocchi jaune qui n&rsquo;est jamais passé par la Poste :<br />
c&rsquo;est le &laquo;&nbsp;non-émis&nbsp;&raquo; &lsquo;le plus rare du monde (une feuille au musée du Vatican,<br />
un seul exemplaire dans une collection particulière).<br />
Derrière lui, une feuille du 3 centesimi de 1868 : la dentelure a fait son apparition&#8230;<br />
mais l&rsquo;Eglise va-bientôt cesser d&rsquo;émettre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>La lettre du roi Farouk</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Farouk.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6250" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Farouk-300x217.jpg" alt="Farouk" width="300" height="217" /></a>Un épisode d&rsquo;Histoire philatélique en marge de l&rsquo;Histoire politique : cette lettre est l&rsquo;une des trois seules connues portant le 3 lire jaune du gouvernement provisoire de Toscane (1860). Adressée en Egypte, elle figurait dans la collection personnelle du roi Farouk (au centre), fils de Fouad !&nbsp;&raquo; (à gauche), créateur de la Poste égyptienne. Après l&rsquo;instauration de la république par le général Néguib (à droite), la collection royale fut dispersée aux enchères. En 1992, la lettre de Toscane a été adjugée 648 180 $ (environ 3 300 000 F) lors d&rsquo;une vente Bolaffi.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>Conquise d&rsquo;assaut, Rome devient capitale</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Conquise.jpg"><img class="size-medium wp-image-6248 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Conquise-243x300.jpg" alt="Conquise" width="243" height="300" /></a></p>
<p>Septembre 1870 : l&rsquo;armée française, qui protégeait les Etats pontificaux depuis 1849,<br />
est rappelée d&rsquo;urgence en métropole pour cause de guerre avec l&rsquo;Allemagne.<br />
Les Italiens se jettent aussitôt à l&rsquo;assaut de Rome, dont ils veulent faire leur capitale.<br />
Voici les bersagliers perçant une brèche dans les remparts défendus vainement par les soldats du pape.<br />
Pie IX se repliera dans son palais du Latran où il se considérera &laquo;&nbsp;prisonnier volontaire&nbsp;&raquo;&#8230;<br />
non sans avoir au passage jeté l&rsquo;anathème contre Victor-Emmanuel II (dernier roi d&rsquo;Europe excommunié).<br />
Mais l&rsquo;essentiel n&rsquo;est-il pas, pour l&rsquo; Italie, que Rome soit enfin devenue sa capitale ?<br />
(Depuis 1865, Florence jouait ce rôle à titre provisoire.)</p>
<p>L&rsquo;affranchissement mixte de novembre 1870 reproduit ici illustre ce moment historique :<br />
deux timbres des ex-Etats de l&rsquo;Eglise y côtoient une valeur italienne.</p>
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<p style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Tableau chronologique</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Chronologie.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6247" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Chronologie-284x300.jpg" alt="Chronologie" width="284" height="300" /></a>&laquo;&nbsp;Et l&rsquo;Histoire ne s&rsquo;arrête pas là&nbsp;&raquo;, nous dit ce dernier tableau où se trouvent rassemblées les principales étapes de l&rsquo;unification italienne : il faudra attendre encore quarante-huit ans, la fin de la Première Guerre mondiale et le démantèlement de l&rsquo;empire austro-hongrois, pour que l&rsquo;Italie, en annexant le Trentin et le Haut-Adige, prenne les frontières qu&rsquo;on lui connaît aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><span style="color: #800000;"> <strong>Quand Victor (Emmanuel) se prenait pour Victoria</strong></span></p>
<p><a href="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Victoria.jpg"><img class="size-medium wp-image-6254 alignleft" src="http://timbresmag.fr/wp-content/uploads/2016/01/Victoria-300x297.jpg" alt="Victoria" width="300" height="297" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p>Un sourire pour terminer : cet amusant tableau met en parallèle<br />
le n°1 de Sardaigne et le premier timbre du monde,<br />
le Black Penny d&rsquo;Angleterre. L&rsquo;on sait que le roi Victor-Emmanuel II<br />
avait donné des indications très précises pour la réalisation<br />
de sa première série : il ne fait aucun doute qu&rsquo;il s&rsquo;est inspiré<br />
de l&rsquo;effigie de la reine Victoria, en particulier dans le choix<br />
de la couleur &#8211; le noir -et l&rsquo;omission volontaire du nom du pays.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000;">Paru dans <em>Timbroscopie</em> n° 124 &#8211; Mai 1995</span></p>

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